6 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
ne présente pas de véritable inconvénient, maie
les indications bibliographiques à mettre s
catalogues, il est utile de savoir déterminer <
ment le format d'un volume ; depuis qi
années, les papiers employés pour l'impressic
de dimensions si différentes, que les erreurs devi
de plus en plus nombreuses.
On pourra, niais seulement dans le cas de l'imr
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d'ouvrir un volume d'abord à la première page,
la signature I, et de rechercher ensuite la sigm
Le chiffre d<> la page précédant cette signature
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La circulaire du I mai 1878, de M. Bi
Ministre de l'instruction publique, à propos de
struction générale au service des bibliothèques
Bitaires ». précise les moyens de déterminer
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à leur reconnaissance :
« A l'époque où le papier était fabriqué se
règles de dimension qui variaient peu, on recon:
le formai en comptant les pages de la feuille d';
sinn. Les désignations d'in-folio, in-quarto, in
représentaient alors une hauteur fixe. Il n'en <
de même aujourd'hui que les feuilles d'impressi
de dimensions très différentes, <•! que certains in
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X BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 7
tion actuelle a donc perdu son ancienne signi-
car elle ne répond pas toujours à l'indication
iteur du livre ; elle doit être abandonnée pour
nations suivantes, répondant mieux aux dimen-
îlles : 1° Grand format (comprenant tous les
dépassant 55 centimètres); 2° Moyen format
fiant les volumes hauts de 25 à 55 centimètres) ;
format (comprenant les volumes au-dessous
itimètres).
fiais inégaux. — Il peut arriver qu'un ouvrage
ou de moyen format soit accompagné d'un
md format. En ce cas, l'inscription de l'atlas
ttaire sera jointe à celle de l'ouvrage, sans
se préoccupe de la différence des formats,
l'atlas ne peut être rangé sur le même rayon,
remplacera par une planchette indicatrice
au dos le numéro attribué à l'ouvrage et,
des faces, la désignation du lieu où cet
a déposé. »
rmats sont si nombreux, que leur ^diversité
îlquefois à une hésitation facile à comprendre,
qu'on se trouve souvent en présence de livres
,sions semblables, mais en réalité de formats
;, et cela surtout depuis l'usage du papier
je. Que le livre soit imprimé à grandes marges
rges étroites, qu'il soit rogné, que son impo-
it déterminée par la dimension des papiers en
l'hésitation commence. On peut prendre un
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CONNAISSANCES NECESSAIRES
ne présente pas de véritable inconvénient, mais
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de dimensions si différentes, que les erreurs devi
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Minisire de l'instruction publique, à propos de
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ACCOMPAGNÉES DE
Notes critiques et de Documents bibliographiques
RECUEILLIS ET PUBLIÉS
par
EDOUARD ROUVEYRE
LIBRAIRE ET EDITEUR, OFFICIER DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE
CINQUIEME EDITION
ILLUSTRÉE DE NOMBREUSES FIGURES
TOME DEUXIÈME
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PARIS
Edouard Rouveyre, Éditeur
A 76, RUE DE SEINE, 76
8 Ce volume contient : O
DU FORMAT DES LIVRES DU COLLATIONNEMENT DES LIVRES
ABRÉVIATIONS USITÉES EN BIBLIOGRAPHIE — SIGNES DISTINCTIFS
ôDES ANCIENNES ÉDITIONS DES SOUSCRIPTIONS ET DE LA DATE©
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Un Bibliophile
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EXEMPLAIRE IMPRIME SUR PAPIER VÉLIN TEINTÉ
Tous droits de reproduction et d* traduction réservés pour tous pays,
mpris la Suéde et la Norvège.
fl pântipio ntairir mis nui i
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et uatuarct rentrât ctât ûip fa
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et Cuo»iô uiùu ttus q) effet bo
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mile (réduit] de ta Bible de Mayence, (Édit. d«
lani data et iana nom d'imprimeur
mprimée par Gutenberg atec lea caractèrea fravés, frappés el
fondus par lui,quiseu*ouventà l'état d'imperfeetion dans le Donat.
ru- l'ougrii di i.'imi'I'.imi .en . \ l'exemple des icanuscrits,
LES MARGES DES PAGES ET AI EN! DÉCORÉES v LA MMN
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ACCOMPAGNÉES DE
Notes critiques et de Documents bibliographiques
RECUEILLIS ET PUBLIÉS
par
EDOUARD ROUVEYRE
LIBRAIRE ET ÉDITEUR. OFFICIER DE L INSTRUCTION PUBLIQUE
CINQUIEME EDITION
ILLUSTRÉE DE NOMBREUSES FIGURES
TOME DEUXIEME
PARIS
Edouard Rouveyre, Éditeur
79, RUE DE SEINE, 76
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RECUEILLIS ET PUBLIÉS
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EDOUARD ROUVEYRE
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CINQUIEME EDITION
ILLUSTRÉE DE NOMBREUSES FIGURES
DU FORMAT DES LIVRES
DU COLLATIONNEMENT DES LIVRES
ABRÉVIATIONS
USITÉES EN BIBLIOGRAPHIE
AINSI QUE DANS
LES MANUSCRITS ET LES IMPRIMÉS
SIGNES DISTINCTIFS
DES ANCIENNES ÉDITIONS
DES SOUSCRIPTIONS ET DE LA DATE
PARIS
Edouard Rouveyre, Éditeur
70, RUE DE SEINE, 76
Eig. 1 à 3. — Exemples de marques de papier (xve siècle)
pouvant servir à déterminer le format des livres anciens.
DU FORMAT DES LIVRES ANCIENS ET MODERNES
LES LIVRES LES PLUS PETITS — LES LIVRES LES PLUS GRANDS
LES LIVRES IMPRIMÉS OU CALLIGRAPHIÉS
EN CARACTÈRES MICROSCOPIQUES
Définir et reconnaître le format d'un livre est sou-
vent difficile, il faut examiner les lettres ou les chiffres
placés dans la marge au bas de certaines pages, lettres
et chiffres qui sont les jalons primordiaux de la
définition du format; des experts dans la science du
livre b'v sonl trompés, au point de créer des confusions
bibliographiques*. A l'origine du livre, le format
David Clément déclare n'avoir jamais pu trouver, quelque
soin qu'il ait pria de la chercher dans l<-s plus grandes biblio-
thèques <-i même dans celles des pays étrangers, l'édition in 12,
1 an lelaio, I iomedia del Bruno Nolano achade*
■ 'ii Mull.i achademia, dette il fastidito : In i H titia Hit tri .
ii
2 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
bibliographique n'existait pas ; ce mot ne pouvait
s'appliquer qu'à la dimension môme de la matière
sur laquelle le scribe écrivait 'papyrus ou parchemin.
Le papyrus ou le parchemin ne comprenait en effet
qu'un seul feuillet qu'on remplissait au recto et au
verso lorsqu'il s'agissait d'un codex, au recto seulement
lorsqu'il s'agissait d'un volumen. Les feuilles du codex
étaient ensuite réunies les unes aux autres et cousues,
soit par un surjet, ce qui était le cas le plus habituel,
soit sur une cordelette formant nerf*. Le volumen,
au contraire, ainsi que nous l'avons mentionné dans
in Hilarilate tristis. Il conjecture, d'après le catalogue de
Brochard, où elle est marquée in-s. et les Mémoires de Niceron,
qui L'annoncent in-12, qu'elle doit être grand in-12, et que c'est
le rapport de ce format avec l'in-N. qui aura occasionné cette
confusion. Elle csl réellement petit in-12, et si le rédacteur du
catalogue de Brochard s'y est trompé, c'est qu'il s'est borné à
compter les signatures de la feuille a, qui n'a effectivement que
huit feuillets, sans remarquer que la feuille /> n'en a que quatre,
et qu'il en esl ainsi jusqu'à la lin.
* Un avantage de la forme des éditions dans l'antiquité, dit
Géraud, dans son Essai sur le* livre* dams l'Antiquité, c'est qu'en
tout état de choses l'auteur pouvait faire des corrections à son
li\ re, et que ces corrections étaient à l'instant reportées sur tous
les exemplaires <le l'ouvrage qui étaient encore en magasin.
Cicéron, dans une de ses lettres, prie Atticus d'employer trois
de Bes copistes à effacer un mol dans le plaidoyer pour Ligarius.
Voici un autre passage non moins remarquable du même écri-
vain : « Vous lisez mon traité, et je vous en suis bien reconnais-
sant; je le serai encore davantage si, non seulement dans vos
exemplaires, mais dans ceux des autres vous voulez remplacer
le nom d'Eupolis par celui «l'Aristophane.... » On conçoit que
de simples «once lions ne devaient offrir aucune difficulté, puis-
qu'on avait, le moyen d'effacer la première écriture sur une
feuille <ntière, et d'employer une seconde fois celte même feuille
comme Bi elle n'eût jamais sen i.
s'il était toujours facile de corriger, au gré de l'auteur, tous
les exemplaires de son livre qui restaient en magasin, il était
bien difficile de faire participer à ces améliorations successives
lee copies déjà vendues, surtout celles qui avaient été expédiées
A UX BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIEME. 3
le chapitre précédent, était souvent très long : formé
de plusieurs bandes de papyrus collées les unes à la
suite des [autres, il était fixé par les deux bouts sur
des baguettes, umbilici, et roulé; au moyen âge, les
bandes de parchemin étaient assemblées et cousues *.
Les pancartes que tiennent beaucoup de figures
placées aux porches des églises gothiques et sur les-
quelles sont inscrits des textes de l'Écriture sainte ou
les noms des personnages, sont nommées rotulum. Un
des plus curieux, cité par L.-J. Guenebault, est celui
qui est gravé dans le Chronicon Godwicence, in-folio**.
L'emploi du papier amena la création du format ;
et. par le fait qu'une feuille de papier étant pliée dans
son milieu et assemblée aux autres, le format bibliogra-
au loin. Il y avait donc une certaine diversité entre les différents
exemplaires d'une même édition, et c'est dans cette diversité
qu'ont pris naissance les variantes recueillies, par les érudits
des temps modernes, dans les anciens manuscrits qui nous
restent d'un même ouvrage.
* Le Pentnteurhv.s hebraicè sine pwintis, litteris quadratis longé
elegantisrimië exaratu.s in corio oriental!, qui faisait partie de la
collection la Serna de Bruxelles, était écrit sur cinquante-sept
peaux cousues ensemble avec des filets de la même matière,
formant une totalité de trente-sept mètres.
Le mortuaire de Saint- Bénigne de Dijon, manuscrit
in-plano anopisthographe, esl composé do wj<) feuilles de par-
chemin ajoutées les unes aux autres, formant un ensemble de
x m. 1<) de longueur Bibliothèque de la ville de Troyes).
Ce magnifique rouleau mortuaire .1 été étudié par M.d'Arbois
■ ]'• Jubainville, archiviste de l'Aube, dans la Bibliothèque de
■■ de* i harte$} quatrième série, t. m. et dans le Portefeuille
archéologique de la Champagne, chap. III. Il a été analysé el
publié «-n partie par M. Delisle [Rouleaux de» morts, 1866).
" Durand, dans son livre Rationale Divinor officiorum, dit ;'i ce
sujet que ce qui distingue les Qgures de patriarches et de pro-
phète Iles des apôtres sur les monuments chrétiens, c'esl
que i<-~ premiers tiennent 'le- livres fermés \volumina,quia anU
1 ,!>>,,, doctrina illiui sit obêcura), tandis que les
nds tiennent des livres ouverts, rotula <<j"in tune explicata
k CONNAISSANCES NECESSAIRES
phique élaif frouvé. Le bipatens pugillar* et le polyp-
tyque, dont on se servait anciennement, désignaient des
formais de recueils spéciaux.
La définition du mot format n'a pas été donnée jus-
qu'ici d'une manière satisfaisante, ce mot ne s'explique
pas par lui-même : format, de formatus (qui est formé
o Littré »). C'est par une périphrase seulement que
sa définition, si toutefois elle est possible, peut se
donner: bien des bibliographes l'ont tenté, mais ou
l'explication de ce terme n'est pas suffisante, n'est
qu'approximative, ou elle est confuse et manque de
netteté. En résumé , le format bibliographique,
condition première d'un livre, comprend la dimension
de la feuille de papier imprimée, après qu'elle a été
et païens doctnna). Paciaudi qui cite ee passage, trouve que
Durand se trompe el rapporte on preuve des monuments qui
confirment ce qu'il aVance, Antiquitates ehristianss sive de cultu
Joannis Baptistse, p. 250. Ers ligures qui tiennent le volumen
déroule, disent quelques ailleurs, représentent des fondateurs.
Sur la distinction à établir entre le volumen et le rotulum,
voir Pabricius, Biblîotheca antiquaria, verbo Volume.)}.
* Suivant les Lexicographes, ]e livre à deux feuillets est
appelé bipatens pugillar. Voir le Dictionnaire étymologique de
Calepinus qui cite un vers d'Ausone, où sont les mots Bipatens
pugillar.
Dans l'origine, suivant l'explication qui en a été donnée par
A. Tardieu [Atherueum français, 1853), un polyptyque était une
feuille pliée plusieurs fois sur elle-même; un peu plus tard, ce
nom fut donné à des livres carrés composés d'un nombre indé-
fini de feuille- Les livres du cadastre, les registres du fisc,
bous les empereurs romains, étaient des polyptyques. Ils devin-
rent bientôt pour les contribuables le livre, le polyptyque par
excellence, el ce nom leur fût réservé exclusivement. La partie
i Bsentielle du polyptyque, c'était la description, l'état des biens
imposables; dé là. par une transition naturelle, le sens que le
moyen Age donnait à ce mot et que l'érudition moderne lui
conserve, esl celui d'inventaire des biens possédés par une
église ou une abbaye.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIEME. 5
pliée selon le nombre de pages qu'elle renferme; c'est
la résultante du nombre de feuillets que forme chaque
feuille imprimée et pliée, quelle que soit d'ailleurs la
dimension du papier*; le format tire donc son nom
du nombre de feuillets, c'est-à-dire de la moitié du
nombre de pages que la feuille renferme.
Il suffit donc, pour reconnaître le format d'un livre,
dont les feuilles ont été imposées en un seul cahier,
de prendre le nombre de pages que contient chaque
feuille et de diviser ce nombre par 2, la dénomination
du format ne dépendant en aucune façon de la grandeur
dû papier employé. (Voir les tableaux pages 56 et 57**.)
Nous donnons, page 9, un tableau indiquant la
pagination, par feuille, des formats les plus usités***.
Au point de vue de l'arrangement des volumes sur
es rayons d'une bibliothèque, la confusion des formats
* Le format commercial se rapporte à la dimension de la
feuille de papier non pliée, telle qu'elle sort de la forme. De
nos jours, ce format est absolument factice, bien que dans le
commerce de papeterie les principaux noms lui soient restés.
Ainsi l'on dit : urand-monde et grand-aigle, pour les grandes
feuilles: raisin, jésus et colombier, pour les feuilles moyennes;
écu, carré, etc., pour les feuilles de dimension moindre.
** L'étude de ces tableaux est d'une utilité indiscutable. En
prenant connue exemple le présent volume, dont chaque feuille
a été divisée en deux cahiers el dont les signatures ne sont
mises que comme indication pour le collationnement, on serait
très embarrassé pour en désigner exactement le format. En le
mesurant, on trouvera qu'il porte 14x22,5, et en s'en référant
.-lux tableaux des pages 56 et 57, on trouvera que cette mesure
indique un in-*' carré.
*** Cf. Jules Coi siw. De Inorganisation et de l'administration
• ibtiothèques publiques et privées. Manuel théorique et pratique
du bibliothécaire. Paris, 1882, in-8. — Bibliographie et Bibliothéco-
notnie De >■ îcation des bibliothèques Paris, 1884, in-8. —
tetion et de l'installation des bibliothèques universi
. Paris, 1880 in-8.
6 CONNAISSANCES NECESSAIRES
ne présente pas de véritable inconvénient, mais, pour
les indications bibliographiques à mettre sur les
catalogues, il est utile de savoir déterminer exacte-
ment le format d'un volume ; depuis quelques
années, les papiers employés pour l'impression sont
de dimensions si différentes, que les erreurs deviennent
de plus en plus nombreuses.
On pourra, mais seulement dans le cas de l'imposition
d'une feuille en un seul cahier, se rendre compte d'un
format au moyen du tableau reproduit page 9; il suffira
d'ouvrir un volume d'abord à la première page, portant
la signature 1, et de rechercher ensuite la signature 2.
Le chiffre de la page précédant cette signature n'aura
plus besoin alors que d'être divisé par 2 pour trouver
le format. Si donc, par exemple, la page 1 portant
la signature 1, on trouve la signature 2 à la page 17,
on divisera 16 par 2, ce qui indiquera un in-octavo.
La circulaire du i mai 1878, de M. Bardoux,
Ministre de l'instruction publique, à propos de 1' « In-
struction générale au service des bibliothèques univer-
sitaires », précise les moyens de déterminer chaque
format; en voici l'extrait qui est spécialement relatif
i\ leur reconnaissance :
« A 1 époque où le papier était fabriqué selon des
règles de dimension qui variaient peu, on reconnaissait
le format en comptant les pages de la feuille d'impres-
sion. Les désignations d'in-folio, in-quarto, in-octavo
représentaient alors une hauteur fixe. Il n'en est plus
de même aujourd'hui que les feuilles d'impression sont
de dimensions très différentes, et que certains in-octavo
deviennent plus grands qu'un in-folio du xvie siècle.
A UX BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 7
L'indication actuelle a donc perdu son ancienne signi-
fication, car elle ne répond pas toujours à l'indication
de la hauteur du livre ; elle doit être abandonnée pour
les désignations suivantes, répondant mieux aux dimen-
sions réelles : 1° Grand format (comprenant tous les
volumes dépassant 55 centimètres); 2° Moyen format
(comprenant les volumes hauts de 25 à 55 centimètres) ;
5° Petit format (comprenant les volumes au-dessous
de 25 centimètres).
« Formais inégaux. — Il peut arriver qu'un ouvrage
de petit ou de moyen format soit accompagné d'un
atlas grand format. En ce cas, l'inscription de l'atlas
à l'inventaire sera jointe à celle de l'ouvrage, sans
que l'on se préoccupe de la différence des formats.
Mais si l'atlas ne peut être rangé sur le même rayon,
on l'y remplacera par une planchette indicatrice
portant au dos le numéro attribué à l'ouvrage et,
sur une des faces, la désignation du lieu où cet
atlas sera déposé. »
Les formats sont si nombreux, que leur [diversité
prête quelquefois à une hésitation facile à comprendre,
d'autant qu'on se trouve souvent en présence de livres
de d ons semblables, mais en réalité de formats
différents, et cela surtout depuis l'usage du papier
mécanique. Que le livre soit Imprimé à grandes marges
ou <i marges étroites, qu'il soit rogné, que son impo-
sition Boil déterminée par la dimension des papiers en
i l'hésitation commence. On peut prendre un
m-folio pour un in quarto, un in-douzê pour un in-octavo,
un in-dix-huit pour un in-douze ei réciproquement.
L'in-octavo en petil papier peul in- l.i.n -.• confondra
8 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
avec l'in-douze lorsqu'ils sont posés l'un à côté de
l'autre, et ainsi de suite. Naturellement, ces confusions
ne gênent en rien pour la disposition des livres sur
les tablettes ; mais, nous le répétons, il résulterait des
erreurs bibliographiques si, sur un catalogue, on dési-
gnait un in-folio pour un in-quarto, un petit in-octavo
pour un in-douze : on créerait ainsi des éditions qui
n'ont jamais existé.
En ce qui concerne les formats des livres à l'étran-
ger, voici les renseignements qui nous sont fournis
par M. Arnim Graesel dans son Manuel de BibliotJiéco-
nomie que nous avons cité dans le chapitre premier.
« Toutefois, les différents pays n'ont pu encore arriver
à s'entendre, ce qui serait pourtant très désirable, sur
les mesures conventionnelles à adopter. En Angleterre
et en Amérique, le soin de discuter cette question a été
laissé à l'association des bibliothécaires, qui a été, en
outre, chargée de dresser la marche à suivre pour la
confection des catalogues. En Allemagne, le problème
n'est pas encore résolu partout. Certaines bibliothèques
ont adopté, comme hauteurs maxima, 25 centimètres
pour les in-8n et 35 centimètres pour les in-i°. Pour les
ouvrages reliés, on a, dans tous les pays, pris l'habi-
tude de mesurer la hauteur de la reliure en partant de
cette idée que la perle de hauteur subie par le livre, du
fait de la rognure, se trouvait ainsi compensée.
« La question du format n'est pas encore résolue en ce
qui concerne les bibliothèques prussiennes.
« Voici, en effet, ce que dit le paragraphe 1) de V Instruc-
tion fwr 'lie Herstellung der Zetlel des alphabetischen
Kataloges : « Le format sera déterminé par la hauteur
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ii
A UX BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. lï
de la reliure et sur les bases suivantes : jusqu'à 25 cen
timètres, in-8°; de 25 à 55, in-4°, de 55 à 45, in-f°; au
dessus de 45, gr. in-f°. S'il arrive que la hauteur soit de
dimensions inférieures à la largeur, on se servira alors
de cette dernière pour déterminer le format, en em-
ployant la notation suivante : in-8° transversal, in-4°
transversal, etc.. etc. — Pour les formats de dimen-
sions exceptionnelles, on indiquera d'une façon exacte
la hauteur et la largeur du volume *.
« La « Library Association of the United Kingdom »
a adopté, pour les formats, les mesures ci-dessous**.
Grand in-f° au-dessus de 18 pouces anglais = 46 cm.
In-f°
Petit in-f°
Grand in-4°
In-4°
Petit in-4°
Grand in- 8°
In-8°
Petit in-8°
In-lJ
In-18
Formats nai
« Le Bollettino délia Biblioteca Nazionale Central''
di Fin rue a adopté les mesures suivantes :
In-f hauteur supérieure à 38 cm.
au-dessous de 18 >
»
= 46
»
15 >
»
= 55
»
15 .
» »
= 58
»
Jl >
> »
= 28
»
8
» »
= 20
>
11
> »
= 28
»
9 >
» »
= 25
»
8 .
»
= 20
»
8 «
»
= 20
rrespondant à
0 .
»
= 15
au-dessous de
G )
> »
= 15
In-
:
de
28 a 38
. Ai:\i\! Ghaebel. Manuel de Bibliothéconomie. Traduction
de Jules Laude, bibliothécaire universitaire. Paris, il. Welter,
lire-éditeur, 1897, in-8°.
■ i n 1717. Cf. Size-notation al the Bodleian ■
l ( hronû le, vol. I, 1884, |». 191-103.
12 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
In-8° hauteur de 20 à 28 cm.
In-16 r, » 16 à 20 »
In-24 »> » 10 à 15 »
In-32 » au-dessous de 10 »
« En Amérique, différents bibliographes, et entre
autres Jewett, avaient, il y a longtemps déjà, proposé
de mesurer les livres. Sur un rapport d'Evans, « The
sizes of printed books * », qui recommandait ce sys-
tème, le congrès des bibliothécaires américains, réuni
à Philadelphie, émit un avis favorable et nomma une
commission chargée spécialement d'examiner la ques-
tion**. Voici quelles furent les mesures adoptées sur la
proposition de cette commission :
In-f" en abrégé F. au-dessus de 50 cm.
In-'r » Q. au-dessous de 50 »
In-K" » O. » 25 »
In-12 » D. » 20 »
In-16 » S. » de 17 1/2 cm.
( Twenty-fourmo)
In-24 » T. » 15 »
(Thniij-tinomo)
In-32 » Tt. » 12 1/2 »
{inrty-cigtlimo)
In-48 » Fe. » 10
Étroit (narrow) » nar. Lorg. infér. aux 5/5 de la haut.
Carré (square) » sq. Larg. infér. aux 5/1 de la haut.
Oblong » obi. Larg. infér. sup. à la hauteur.
« A propos du rapport d'Evans que nous avons cité,
Poole appelle l'attention des bibliographes sur les
* Library Journal, vol. I. 1877, p. 58-61.
cf. Library Journal, vol. I. 1877, p. 106-109, L39, 174,178-181,
1S"». J2-2. 267, 365, "77: \ol. II. p. 57; III, p. 19. Consulter aussi
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 13
multiples difficultés qui peuvent se présenter au sujet du
mesurage des livres : « If we adopt the measurcment,
shall we measure the text, the paper, or the binding?
The measure of the text would best meet the require-
ments of bibliography : the measure of the paper
would give the best description of the individual copy
catalogued, and the measure of the covers would be
the most expéditions and summary mode of treating
the subject. The measure of the paper, howewer, and
of the cover, is often determined by the stupidity of a
misérable bookbinder, whose chief ambition seems to
be to fill his bin with shavings. My instructions to
binders are not to eut books at ail, unless they hâve
spécial directions; and in re-binding never. The whole
subject of adopting a new mode of designating size is
not without its difficulties. » Le meilleur moyen est de
mesurer la reliure, à condition naturellement que
celle-ci soit bien faite, condition facile à obtenir si le
relieur suit strictement les instructions qui lui sont
données et évite de rogner par trop le livre, en veillant,
au contraire, à ce qu'une fois relié le volume ait les
mômes dimensions que broché.
« La Conférence du livre, tenue à Anvers en août 1890,
a émis le vœu que l'on adoptât, dans tous les pays, un
système unique pour la désignation des formats*.
L'article publié par Arthur W. Ilutton, dans The
Library, vol. II, 1890, p. IXtMX?, sous le titre de « A
.1. 1;. Ili ling « The Bizes of printed books ■ Library Journal^ vol. I,
160, .- 1 ■ r i — î que <;<•<» rge Wasson Cole, « A quicker
method <>r measuring books « Jbid.^ \<>l. XII, p. 345-349.
■ \'.m le rapport qui ;i paru dans la Revue det Bibliothèque*
aoné< i 1891.
14 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
new size notation for modem books », mérite d'être
rappelé. Partant de ce point de vue que tout lecteur
d'une Free Public Library peut avoir besoin de con-
naître approximativement le format d'un ouvrage,
Hutton propose de diviser tous les livres en quatre
formats, représentés par les quatre lettres majuscules
A. B. C. D. « H is worth the readers' while, dit-il,
to know if the book is quite a small one, such as can
easily be slipped inlo the pocket, a book that some
American librarians would class as minimo. And at the
other end of the scale it is worth his while to know
that the book is too big to hold in the hand — that a
desk or table will be needed when he reads it. Between
thèse two extrêmes the great majority of modem books
will be found to lie; and it is important again to dis-
tinguish thèse inlo two classes, which I may designate
the handy volume and llic standard library volume
respectively. We bave now the four classes which I
propose to mark A. B. C. and D, and which a simple
and easily remembered inch scale, will readily distin-
guish. » Comparé aux systèmes de mesures extrême-
ment compliqués que nous avons indiqués plus haut,
celui-ci a du moins l'avantage de la simplicité*.
L'obligation où se trouve souvent l'éditeur de faire
imposer et tirer par demi ou tiers de feuille, amène
une nouvelle confusion; les signatures ne tombent plus
* Cf. •• Report on size notation » The Library, vol. [V. 1802,
p. 147-151. — Y. Moi: m i. Le ]>;i]>ior ». Revue des Bibliothèques,
I, 1891, p. 195 i*<»7 . — Ch. el V. Mortet, - Le formai des livres »,
ibid., III, 1895, ]». -~o;>-~'jr>, et Edouard Rouveyre, dans son
ouvrage déjà cité, Connaissances nécessaires à un bibliophile,
•if éd.. 1883, p. 37-54 Vote de M. Aman Gracscl).
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 15
régulièrement aux pages voulues*. On trouve une
signature à chaque demi-feuille; ainsi l'in-octavo ** sera
signé 2 à la page 9 au lieu de la page 17; l'in-douze,
2 à la page 15 au lieu de la page 25 et ainsi de suite.
Pour les tiers de feuilles au contraire, le gros cahier
sera signé et le petit cahier portera la même signature,
mais ponctuée; dans l'in-douze, par exemple, la signa-
ture 2 se trouvera à la feuille 25, mais à la page 29 on
retrouvera le chiffre 2 ponctué.
Les petits formats offrent bien souvent des doutes,
surtout en ce qui concerne les livres modernes imprimés
sur papier mécanique , vélin ou vergé artificiel ; on
doit s'en référer aux divers cahiers qui composent le
livre. S'ils sont d'épaisseur uniforme, d'un nombre de
* Le « Joannis Mauri Constantiani in Chiliades Adagiorum.
D. Erasmi Rot. familiaris et mire compendiosa Exposilio, cum
indicatione figurarum Prouerbialium in unumquemque Adagio-
rem (sic). Hoc opus Prouerbiorum in Epitomen sine compen-
dium (ut vides) redactum, multis Adagiorum centurijs editioni
Anni m.d.xxvj. ab Erasmo additis auctum Lector inter legendum
deprehendet. Vénale prnstat floridum hoc Adagiorum Enchi-
ridion Bionsalbani, in xdibiu M. Gilberti Grosseti, et Tolosse in
I itonij Maurin (sic) cum privilegio », s. d. (1526), in-8,goth.,
imprimé par demi-feuilles, et chaque cahier est de iv iî.
** Lui-* a, comme la plupart des autres formats, diverses
dénominations qui proviennent de la grandeur du papier cm-
ployé par l'imprimeur, llenesl de même pour le format oblong,
qui désigne le volume dont la largeur est moindre que la
hauteur. L'indication du Format, si Fou n'y ajoute p;is le nom
du papier, esl presque toujours insuffisante; car il est évident
qu'il doit y avoir dea différences sensibles, par exemple entre
l'in-N* carré, Pin-8* raisin et Tin-s- jésus; d'autant plus que des
formats de noms divers 8e ressemblent, selon les papiers qui
ont été employés '■ ainsi l'in-12 carré ;i beaucoup d'analogie
rin- 18 jésus; l'in-18 carré diffère peu le L'in-32 jésus. L'im-
primeur a conservé l'usage de désigner les papiers par des
nom- conventionnels qui -<• multiplient. Nous donnerons, par la
suite, la nomenclature des plus usités
16 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
feuillets égal, il n'y a aucune présomption à prendre.
Comme point de départ, le chiffre L2 s'il n'est pas ponctué,
si les cahiers sont d'inégale épaisseur, se trouvera au
bas du 3 ou Ie cahier, parce que l'impression aura été
faite par demi ou tiers de feuille.
Les premiers livres, ont écrit MM. E. Midoux et
A. Matlon dans leur excellent travail*, furent imprimés
sur des papiers collés; ce qui permit aux miniaturistes
et aux calligraphies d'y travailler et de les faire ressem-
bler à des manuscrits. Ce moyen de transition, trouvé
pour occuper des talents que la gravure et l'imprimerie
unies allaient mettre sans emploi, donnait aux premiers
produits de cet art l'aspect d'oeuvres délicates et
originales, auxquelles les yeux étaient accoutumés. Au
moyen âge, tout ce qu'on fait va au delà de l'utile :
chaque corporation a ses chefs-d'œuvre : l'art est par-
tout; les papes et les rois s'en servent pour instruire et
gouverner les peuples.
Pour reconnaître le format des livres anciens imprimés
sur papier vergé, on devra recourir à la disposition
verticale ou horizontale des pontuseaux et des ver-
geures; quant aux éditions tirées sur papier vélin, les
* Cf. E. Midoux h A. Matton. — Étude sur les filigranes de
papiers. Paris, Dumoulin et Claudin, l^is, in-8. — Les calli-
graphes ne trouvanl pas dans !<■ papier La douceur du vélin,
pour y développer avec netteté les finesses de leurs traits de
plume. B'imaginèrent de poncer et de polir ;i la sandaraque,
ir- parties à écrire, en laissant aux marges leur intégrité.
Quelques manuscrits de nos bibliothèques en offrent la preuve ;
- sonl d'une conservation parfaite. La résine les a préservés
de la piqûre des insectes.
<mi remarque, ;'i la bibliothèque de Soissons, sept manuscrits
en papier du w Biècle, traitant du. droit civil et canonique, des
sciences naturelles, de philosophie et de théologie.
«>»p in ii, — *- -r«rt
" - - - amMl^ii
CSE2
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-* <&* i£*S *** ;■•"■!■ TiflTTr H.1||ll>millMJMlii
'OHM
■~*-W* »-*Hf ■ *
i » — Papier du nv ilècle (1399) vu par transparence.
Ifarqui : Saint fa< e au uimbe crucifi
1 1 u château de Rouo\
ii 5
[Çh-^>
j.j,, ;,. _ Attache de la marque aux ponluscaux (voir fig. 4).
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 19
registres, les réclames ainsi que les signatures devront
être examinés et confrontés très soigneusement, le
doute cessera après un examen attentif.
Les pontuseaux sont des raies transparentes qui tra-
versent entièrement le papier dans la distance de 12 à
15 lignes, ou de 20 à 25 traits selon la grandeur de la
feuille; elles coupent, à angle droit, d'autres raies
extrêmement rapprochées et moins sensibles que l'on
Fig. •). — Châssis filigrane, montrant les pontuseaux
et les vergeures.
nomme vergeures. Ces raies sont produites par le
contact de la pâte à papier sur les baguettes ou fils qui
Ira versent ou coupent le châssis filigrane, de façon à
retenir la pâte nécessaire à la formation de la feuille,
en ne laissant échapper que l'eau superflue ou la pâte
qui ii'n pas la consistance voulue.
Il y a <jii<-1<jiics ('dilions du XV* siècle dans lesquelles
on D'aperçoit aucune trace de pontuseaux*, le papier
' Au nombre des livres du \\ Biècle ayant du papier sans pon-
iux nous citerons ; Pompeitu Festut de verbovum signifteatione,
Milan, Ant. Zarot, 1471, m-'»; l<- Juvenat el Perse, de Milan,
20 CONNAISSANCES NECESSAIRES
ressemble presque à du papier vélin, dans d'autres
on y découvre des vergeures qui peuvent servir à
faire reconnaître le format.
Le meilleur moyen pour reconnaître le format avec
ce papier consiste à chercher la marque de fabrique
ou marque d'eau* qui est toujours debout dans le
sens des pontuseaux : si cette marque, qui apparaît
distincte et claire en regardant la feuille de papier
par transparence, se trouve au milieu du feuillet,
le volume est in-folio, si elle est au fond du feuillet, le
volume est in-quarto, si elle est en haut du feuillet,
le volume est in-octavo.
Nous allons exposer une table des dénominations de
formats pour faire connaître comment la feuille est pliée
dans chaque format, combien elle contient de pages,
comment sont disposés les pontuseaux des différents
formats, depuis l'in-folio jusqu'à l'in-cent-vingt-huit,
la manière de les faire connaître, surtout en ce qui
Antoine Zarot, 1479, in-4; la Vita del Padre san Francesco, per
Bonaventura Cardinale, Milan, Zarot, 1477, in4, et le Quint'-
Curce, Milan, Zarot, de 1481, in-4. On regarde tous ces ouvrages
comme in-i. et non comme in-folio, parce que les vergeures en
Bena contraire aux pontuseaux invisibles dans le papier, y sont
perpendiculaires. La Cosmographie de Pomponius Mêla, Milan,
Zarot, est in-8 et non in-4, parce que les vergeures se présen-
tent horizontalement
* Ces marques d'eau, dont nous parlerons plus longuement
au Chapitre nem ièine : Dus Pai'Ikks, et dont nous donnerons de
plus DOmbreuses reproductions que celles figurées sur la planche
ci-contre, --ont quelquefois indispensables pour distinguer deux
éditions d'un même ouvrage. La Bibliothèque nationale possède
deux exemplaires du précieux monument xylographique : Exerci-
lium super Pater Notter, in-fol. Ces deux exemplaires, qui ne sont
pas de la même édition, se distinguent, entre autres remarques,
à la wiarque d'au : celle du papier de la première édition est
l'arbalète dans un cercle et celle de la seconde est une ancre.
c.
3
O
CD.
k
jvi
Ç^A
<*9S
Fig. 7 ,i 32.
M [uei de papier, xiv siècle (1303 à I W9
TABLEAU RÉSUMANT LES INDICATIONS CONNËES POUR LA RECONNAISSANCE DU
FORMAT DES LIVRES ANCIENS.
COMBIEN
COMMENT
la
PAGES
PAGE
DIRECTION
POSITION
FORMAT.
la
Feuille
feuille
ou
où sont
les
où est
ii
des
de la
ou
l feuille
la
marque
^ feuille
contient
réclames.
v2' signature.
pontuseaux.
d'eau.
esl pliée.
de pages.
(<•>
[d)
In-folio. .
en 2
4
4 et multiples.
5
1
Au milieu
du feuillet.
In-i°. . .
en 4
8
s _
0
—
Au fond
du vol.
In-8-(if.).
en 4
8
8 —
9
i
) En haut
du
In-8°. . .
en 8
16
1G —
17
i '
* feuillet.
In-12(£f.)
en 6
12
l'i —
13
En haut
du
fond.
ln-42. . .
en 12
24
24 —
25
Vers
In-IG. . .
en 16
32
16, 32, 48
17 b
—
la tranche
extérieure.
In-18. . .
en 18
3G
12,24. 56 (a)
13 [a)
1
[n-24. . .
en 24
48
24, '.s. 72
25
1
(q.q.f.-)
[n-32. . .
en 32
64
1G, 32. 18
17 (M
1
En haut
du
Etc.
fond.
(a) La
feuille est coupée en trois: il y a donc 3 réclames et 3 signa-
turea paj
feuille.
{h) Les
signatures comme pour rin-8°.
(c) San
pour les petits formats, où la feuille est souvent partagée en
cahiers,
on voit que la 1' réclame se trouve à la page dont le numéro
représen
e le nombre do pages que contient la feuille; les autres réclames
se trouve
Mit ;iu\ pages dont les numéros -mil les multiples de la lr*.
La
I signature esl toujours à la page l; les autres signatures une
page plu
9 loin que les réclames : - i! résulte de cette remarque une règle
très simj
>le pour la détermination des formats.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 23
concerne les volumes publiés depuis l'origine de
l'imprimerie jusqu'à la fin du xvme siècle.
L'in-folio a la feuille pliée en 2, contient 4 pages, et
ses pontuseaux sont perpendiculaires | .
L'in-4° a la feuille pliée en 4, contient 8 pages, et ses
pontuseaux sont horizontaux — .
L'in-8° a la feuille pliée en 8, contient 16 pages, et ses
pontuseaux sont perpendiculaires* | .
L'in-12 a la feuille pliée en 12, contient 24 pages, et
ses pontuseaux sont horizontaux — .
'L"in-16 a la feuille pliée en 16, contient 32 pages, et
ses pontuseaux sont horizontaux — .
L'in-18 a la feuille pliée en 18, contient 56 pages, et
ses pontuseaux sont perpendiculaires | .
L'in-24 a la feuille pliée en 24, contient 48 pages, et ses
* Dans la première période de l'imprimerie, les livres étaient
de format in-folio afin de mieux imiter les dimensions des
manuscrits qu'on reproduisait par l'impression; puis, vers la
fin du w Biëcle, «>n imprimait en in-4° et en in-8°. Mais c'est Aide
Manace l'Ancien qui répandit complètement l'in-80. La plupart
des ou n 1 1- de ses presses sont de ce format. Les Elze-
vier publièrent, dans le courant du xvn siècle leurs charmantes
ectiona qui mirent en vo^ue les formats in-seize et in-vingt-
\u wiii Biècle, 1 in-douxe était fort commun. Les formats
employés 1<" plus couramment de nos jours sont au nombre
de huit. L'in-plano pour les cartes et |>lans (il ne renferme bien
entendu qu'une seule feuille qui peut être imprimée au recto et
au rerso . l'in-folio, lin-», l'in-8», l'in-12, l'in-H>, l'in-18, L'in-32. Tout
emment, un éditeur a tenté uv, remettre a la mode les livres
de formai microscopique, qui sont en în-64 on en in-128. L'in-
folio <--\ à i>''n près abondonné, Bi ce n'est pour le- atlas et
quelques publications officielles. On n'imprime guère en in * que
- dictionnaires, des recueils scientifiques el autres ouvraj
<pn ne -ont consultés que dans des bibliothèques.
Quelques éditeurs onl imaginé de faire tirer le même
ou'. ir deux formats, m 8» et in-18; dans ce cas, l'in-18
a peu de marges. Le format qui convient le mieui pour les
romani i i sus.
24 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
pontuscaux sont perpendiculaires ou horizontaux * | — .
L'in-32 a la feuille pliée en 32, contient G4 pages, et
ses pontuseaux sont perpendiculaires | .
L'in-56 a la feuille pliée en 56, contient 7C2 pages, et
ses pontuseaux sont horizontaux — .
L'in-48 a la feuille pliée en 48, contient 90 pages, et
ses pontuseaux sont horizontaux — .
L'in-64 a la feuille pliée en G4, contient 128 pages, et
ses pontuseaux sont horizontaux — .
L'in-72 a la feuille pliée en 72, contient 144 pages, et
ses pontuseaux sont perpendiculaires | .
L'in-96 a la feuille pliée en 96, contient 192 pages, et
ses pontuseaux sont perpendiculaires | .
L'in-128 a la feuille pliée en 128, contient 25G pages,
et ses pontuseaux sont perpendiculaires** | .
On voit par ce qui précède quelles sont les diffé-
rentes sortes de formats : huit ont les pontuseaux
perpendiculaires et sept les ont horizontaux; on voit
aussi le nombre de pages contenues à la feuille dans
chaque format; alors, à l'inspection des signatures, il
sera facile de reconnaître toute espèce de format.
« Les chiffres, dit H. Fournier dans son Traité de
* Comme l'in-2 î- est quelquefois incertain, il faut, pour con-
naître au juste sa dénomination, ouvrir le livre entre les pages
18 el 4i>: si la réclame Be trouve au bas de la page 48, et la
signature au bas de la page W, alors le format est in-2i; mais
si la réclame est au bas de la page 64, et la signature au bas
de la page 65, le tonnai est \n-~rl.
** Le format in-l'2.s étail appelé pouce, on l'employait jadis
pour de très petites Heures ou de très petits almanachs. Le
volume : Exercice du Chrétien, Paris, Carouge, 17.17, format
in-128, étail dénommé : Heures dites d'un pouce, parce que le
volume n'a, en effet, qu'un pouce de hauteur et 6 lignes de lar-
geur. C'esl de ce volume que Renouard «lisait, « qu'il ne serait
pas aussi facile de remplacer ce rien que de le perdre ».
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIEME. 25
typographie, sont les signes représentatifs des nombres.
Il est certains nombres qui, suivant une convention
typographique, sont parties intégrantes de différentes
séries d'objets qu'il devient inutile d'exprimer parce que
la position constamment uniforme des chiffres les fait
suffisamment connaître. Ainsi, lorsqu'en ouvrant un
livre on aperçoit à la tète de ligne un nombre placé,
soit au milieu de cette ligne s'il n'y a pas de titre
courant, soit dans le cas contraire à l'extrémité de la
ligne, près de la marge extérieure, on sait que ce
nombre appartient à la série des folios, bien qu'il ne
soit accompagné d'aucune indication. On sait pareille-
ment que le nombre placé au commencement de la
ligne de pied est le signe de la tomaison, et que celui
qui est rejeté à l'autre bout désigne la feuille ou partie
de feuille, suivant la règle fixée à cet égard pour
chaque format.
« Il y a deux espèces de chiffres : arabes et romains.
Ouoique dans certains cas on se serve indifféremment
a uns ou des autres, néanmoins leur emploi est assez
ordinairement spécial pour, qu'on puisse en établir la
distinction. Les chiffres arabes sont d'un usage plus
fréquent : d'abord parce que leurs formes, différentes de
celles des lettres, préviennent toute confusion entre des
mots el des nombres; ensuite parce que leur plus grande
simplicité facilite l'étude du lecteur, comme elle abrège
le travail du typographe. On oe se sert de chiffres
romains pour auméroter Les pages que lorsqu'il y .••
deui séries différentes de pagination dans un volume. »
Les signatures alphabétiques ou les signatures en
chiffres c >rrespondan! au nombre de pages que donne
ii 4
26
CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
tel ou tel nombre de feuilles suivant le format, nous
allons donner un tableau de leur correspondance dans
les formats les plus usités.
Quand un ouvrage contient plusieurs tomes, le tome
est répété à toutes les signatures.
( Tome I
Tome I
I A'IMPLES
Tome II.
Tome II.
et ainsi de suite jusqu'à la fin de chaque volume.
Ordre des signatures et des premiers chiffres de pagi-
nation de chaque feuille, pour les formats primitifs et
pour un volume d'environ 200 pages.
Signatures : In-folio, par feuille.
Signatures.
Pages.
Signatures
Pages.
A ou
1
commence
1
A a
ou
20
commence 101
B —
g
—
5
11 h
—
27
—
105
C —
3
—
0
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A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 27
Signatures : In-quarto, par feuille.
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signatures : In-octavo, par demi-feuille.
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Signatures : In-octavo, par feuille.
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CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
Signatures : In-douze, par demi- feuille.
Signatures.
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Les formats composés cl multiples sont :
I /in-seize, formé de deux in-octavo.
Lin-vingt-quatre, formé de deux in-douze.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 29
L'in-trente-deux, formé de quatre in-octavo.
L'in-trente-six, formé de trois in-douze.
Par l'usage de ces tableaux on voit que :
Dans lin-folio, un volume composé de 84 pages a
21 feuilles;
Dans Tin-40, par feuille, un volume composé de
136 pages a 17 feuilles;
Dans l'in-8°, un volume composé de 176 pages a
22 demi-feuilles ou 11 feuilles.
Lorsqu'il s'agit d'un format simple, comme l'in-8°, ce
moyen de contrôle est assez facile ; mais quand on
arrive aux formats composés, où l'on coupe la feuille
de papier pour la plier, il est plus difficile de se
renseigner exactement, parce que les imprimeurs ne
suivent pas une méthode uniforme dans le numérotage
des signatures. La plupart numérotent à la suite les
cartons des feuilles, et ne mettent de points qu'aux
cartons qui s'encartent dans d'autres.
Ce qui précède sera de quelque utilité pour le colla-
tionnement des livres anciens, collationnement dont
nous parlerons dans le prochain chapitre.
Le moyen dont les imprimeurs se servirent d'abord
pour régler et faciliter l'assemblage et la reliure des
Livrée était une petite table, registre (Registrum char-
m rappelanl le premier mot des feuillets qui com-
poaeni la première moitié de chaque rainer, ou les
de chaque cahier. Dans les éditions du
siècle, on appelait quelquefois registre la table
30 CONNAISSANCES NECESSAIRES
alphabétique du premier mot des chapitres, ou plutôt
cette table tenait lieu de registre ou de série de signa-
tures. C'est vers 1469 que Ton a commencé à se servir
du registre; il paraît que les plus anciens ouvrages où
on en trouve l'emploi sont les Philippiqiies de Cicéron,
et le Tite-Live, imprimés par Ulric Hahn en 1469 ou
1 170 au plus tard. Cet usage s'est conservé, principale-
ment en Italie, jusqu'à la fin du siècle suivant.
Le registre se trouve quelquefois au commencement
du volume, mais plus souvent à la fin*; on assemblait
les feuilles imprimées tantôt par cinq, tantôt par quatre,
* Cf. Index hbrorum ab inventa typographia ad annum 4500;
Chronologies dispositus ciiin notis historiam typographico-
litterariam illustrantibus. Hune disposuit F. X. Laire, Scquano-
Dolanus, variarum per Europam Academiarum socius. Senonis,
Tarbé, 1791, 2 vol. in-8 et Paris, Mangé, 17'.)7, in-8, à la table
<l<>- matières, tome II, page 123, au mot Registrum : Codicum
seu quinternionum, l<mi<> I. page 37. Quandôque index appellatur
registruin, tome I, page 40. Non semper ejus séries servabatur
in dispositions codicum, tome I, pages 46, 150, 225. IIujus
nominis significatio jam nota, arte nascente apud Germanos, 210.
Romœ et Venetiis in indice capitum habebatur primum verbum
cujusvis capitis, v. g. in Augustino de civitate dei, anni 1470, sic
index gerebat vices registri, tome I, 217. Singulare habetur
in sancti Thomas gnodlibetis, anni 1471, 253 et 272. Singulare
habuit tesoro di Brunetto Latini, tome I, 529. Habetur in Lactanlio,
Ftom.ï. 1474, 541; Bononise, 1475, 557; Burgdorff', 1475, 558;
Patavii, 1575. 571; Neapoli, 1475, 575; Joann. de Coloniâ, 1476,
cum hoc titulo : tabula cariai wtn sccnniliimordincinponendarum.^
582. Vcron.r Manier utcbalur registro signaturarum et quinter-
nionum, 80, 16, et Florentise, 82, 23; Valencix in Hispaniâ, 84, 11.
Registrum duernionum, D. 37. Adhuc anno 1481, Rorme aliquot
Typographi non Bignat. utebantur, Bed registro codicum, 81, 24;
quinternionum, 81, 24, el quaternionum, 81, 26. Kggestein usus
est registro: prœ manibus est unum unius operis adhuc ignoti
ei ejus tamen prœlis produentis.
On doit consulter aussi l'ouvrage de Marolles ayant pour
Litre: Recherches sur V origine et le premier usage des registres,
det signature*, <!<•* réclamée >■/ des cbi/J'res de pages dans les 'pre-
miers livres imprimes Paris, 1785, in-8.
REGISTRO.
ffABCDEFGHIkLMNOPQ.R
S T V X.
Tard fono duernij eccetto A, H} e X, chefou fogli
feaîplici.
i 33 — Rej »tre indfqnanl les signatures des fouilles doubles
et celles dei feuilles simples.
R E G I S T R V M.
AaBCDEFGHlKLMNOP Q^R S T V
X Y Z Aa Bb Ce Dd Ee Ff Gg Hh li Kk il
Mm NnOoPpQ^qRr Sf.
Fig. 31. — Exemple d'un registre de signatures, pour un volume
publié par Aide Manuce.
A ON BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIEME. 33
quelquefois par cinq et par quatre dans la même édition,
et le nombre en était désigné à la fin *.
Par la suite, l'ordre des pages et celui des feuillets
fut établi par la Réclame (Litterse reclamantes ou
custodes) qui se trouvait placée à droite sous la dernière
ligne d'une page verso**. Cette réclame est la môme
que celle commençant la page suivante; elle n'était
imprimée qu'à la fin de chaque cahier, quand la feuille
était partagée en plusieurs cahiers; mais toujours au
bas de la dernière page de la feuille. La réclame faci-
litait le travail du relieur, et servait à rectifier les erreurs
qui auraient pu se trouver dans les signatures.
Cet usage, qui est devenu inutile depuis qu'on a
adopté celui des folios, n'en a pas moins persisté fort
longtemps dans la typographie. On en a fait même
un grand abus; nous en donnons un exemple, par la
reproduction d'une page (fig. o5) provenant de l'ou-
vrage du baron de Heineken, intitulé « Idée générale
d'une collection complette (sic) d'estampes, etc. »,
publié à Leipsig et à Vienne en 1771***, qui porte
La plupart des registres n'ont pas été conservés par les
relieurs. Noua pouvons citer connue exemple la Biblia latina,
<>t>t'j*a et imjtensn Nie. /enson, M7(>, in-fol. gothique. On
umalt de cette belle édition, imprimée avec des signatures,
que quatre exemplaires sur vélin; et tous les quatre sont
dépourvue du registre des cahiers qui est imprimé sur une
seule page, à la Buite d'une table des noms hébreux.
** On sous entend folio : 1<- i •■< ■■ est la page qui est à la gauche
du lecteur] c'est-à-dire le second coté d'un folio et le recto la
qui esl à droite, c'est-à-dire celle sur laquelle un folio
commence : c'esl littéralement feuillet droit el feuillet tourné.
* Idée générale Sune collection complette cP estampes. Avec une
h ur r 'origine de la Gravure et sur les premiers Livres
•il'" ige . \ Leipsig el \ ienne, chez Jean Paul Kraus. 1771, in-s.
Heineken, dans son /'/'■'- d^une collection dfeslampest s'étend sur
34 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
des réclames au bas de toutes les pages. La réclame
a été en usage en Italie dès 1468, ainsi qu'on le voit
dans le Tarde de Jean de Spire, à Venise; mais cette
opinion, adoptée par tous les bibliographes, est vive-
ment combattue par l'abbé Rive dans sa Chasse aux
bibliographes. Il prétend que les réclames ne se trouvent
pour la première fois qu'en 1472, dans le Confexsionale
de saint Anlonin, exécuté à Bologne, in-4, sans indi-
cation d'imprimeur, et où les réclames ne sont qu'à
la fin des cahiers : au lieu qu'elles sont au bas de
chaque feuillet verso dans le Tacite, ce qui donne-
rait à entendre qu'il est postérieur au Confessionale.
On voit par là que Rive attaque la date de I i68 et
I i69 donnée au Tari/,-. « Comment peut-il être, dit-il,
«pie celte édition de Tacite, qui a des réclames, soit de
cette année, puisqu'on n'en voit aucune dans les
autres livres sortis de la presse de cet artiste, depuis
1469 jusques en 1470, et que son frère Vindelin, qui
acheva son édition de la Cité de Dieu en cette année,
n'y en glissa aucun vestige...? Comment, ajoute-t-il, ce
Tacite pourrait-il être de 1408 ou 1469, puisque Jean de
les premiers livres; il parle d'abord des Cartes à jouer, du Donat
gravé en bois, «lu Catholicon, de la Bible et du Psautier de
Mayence, «lu Livre des fables ou Lihcr similitudinis, qu'il re-
garde comme imprimé en lettres de fonte, et dos Légendes.
Ensuite passanl aux ouvrages gravés entièrement on bois, il
commence par ceux sans texte, h cite la Bible des pauvres,
['Histoire <l>' saint •/'■"" el de ['Apocalypse, les Images des canti-
ques, VHistoire de In Vierge, tirée des évangélistes ei de- saints
pères, démontrée par images. Quant aux livres d'images avec
texte, il donne la description des suivants : le Livre de l'An-
thechrist, [Art d'apprendre par cœur les quatre Évangélistes, Y Art
de mourir, des Sujeêe tiers de XÈcriture Sainte, le Spéculum
humante Salvationis el La Chiromancie du Docteur Hartlicb. 11
en donne des notices et des reproductions très curieuses et
1res intéressantes.
& des premiers livres, 289
quées de Ton chiffre. Cependant il n' efl
nullement décidé, fi Albert a grave lui mê-
me ces eftampes; au moins eu1- il certain,
que toutes ne font pas de (à main, quoiqu'il
les ait deffinées, ou fur le bois même, ou,
qu1 il en ait fourni le deffin aux ouvriers,
qif il nourriffoit chez lui, & qu'il étoit obli-
gé d' occuper. C1 eft une tradition généra-
le à Nuremberg . auffi peut -"on s' apperce-
voir, en examinant ces pièces avec attention,
qu' elles ne font pas P ouvrage d' un feul ar-
tifte,& ^77/îznàdejà fait la mémeobfèrvation.
» Il faut ajouter encore un mot de la ma-
nière qu'on nomme Clair -obfcur, qui eft
analogue à la gravure en bois & qui a été
exercée Jurement long tems en Alemagne
avant Hugo da Carpi. Un des nos anciens
artiftes, qui s' eft marqué
& qui eft appelle par nos curieux ^fuhan Ut-
rit Q), fçût fi bien graver & imprimer lès
eilam-
(j ) Les Franco:'. I' 'appellent, fuivant I' AbbC <le Marottes,
le MaitN aux bouillon;, CTvitét, Le Profeiîeur Chriji
1 i pic de l'abui <lrs réclamea.
Au 1 rouve la reproduction du premier mot
ou m première lyllabe] «!<• la \<:\<a*- vt\
H£ïmn-DoiTSvm
jj l^ewectuc,
I aîapweu.
Vin
3rf
Wi
Ç)eiuc6 a fufatgc De ïRcme fane tëiene reqtit.
Jjmpttmece a pane fc pS iout 5octo(5;e£Ç)iC epl;
2' tte cène quarte Sint5 &ip0mf<
— Exemple de signature (xv" siècle; tiré <Ui volume
Demre» a hmifjr de /iome, imprimées à Paris en 146t.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 37
Spire nous assure lui-même que les Épîtres familières
de Cicéron, qu'il a imprimées en 1469, sont le premier
ouvrage qu'il a mis au jour*, et que Yindelin son frère,
en nous indiquant, après sa mort, arrivée en 1469 ou
1470, le nombre des imprimés qu'il avait laissés jus-
qu'alors, ne mentionne aucunement ce Tacite**\ Ainsi
il est admissible que Tacite ne pouvant être que de
la fin de 1472, ou tout au plus de 1475, Jean de Spire
ne peut, comme le dit de Marolles***, avoir inventé les
réclames. En France, on ne s'en est servi qu'au com-
mencement du xvie siècle ; par la suite, non seulement
on les a beaucoup multipliées, mais on en a abusé, ainsi
que nous l'avons démontré; aujourd'hui, elles sont à
peu près hors d'usage.
Les signatures (lettres de l'alphabet, chiffres ou signes
particuliers), se mettent au bas de la première page de
chaque cahier, au dessous de la dernière ligne, et servent
à distinguer les différentes feuilles dont se compose
un volume. On en rencontre déjà dans les livres
* Voyez la souscription de ces Êpîtreê in-folio sous le numéro
de la bibliographie instructive ou Traité de la connaissance
deê livres rares et singuliers, disposé par ordre de matières, par
G.-F. De Bure le jeune. 7 vol. in-K. Paris. 1763-1768. — Supplé-
ment ou Catalogue des Livres du cabinet de feu M. L.-J. Gaignat,
G.-F. De Bure. 2 vol. in-s. Ibid. 1769 ou Xe et (.t vol.
de la Bibliographie instructive). — Table destinée à faciliter la
recherche dea livres anonymes cités dans les 9 volumes de la
Bibliographie inttructive de G.-F. De Brin:, par J.-F. Née-de la
r."i belle. In-s. ihid. 1782 (ou 10e vol. de ladite Bibliographie
** Voyez le ii 326 de la Bibliographie insti . où se trouve
tuscription de son édition de la Cité de Dieu, qui contient
l.i liste des imprimés de ^<>n fi
"-.s d<- la première édition «1<> ses herehe» sur
et le premier * I <rcs. îles
. e te . Paris , 1 783 ,
38 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
d'images avant l'invention de l'imprimerie*. Le mode et
l'usage <l<i ces signatures varie; elles étaient indiquées
soit en chiffres romains ou arabes, soit en lettres, soit
encore avec des astérisques ou des virgules**. Ces
* Quelques éditions anciennes, reliées et fortement rognées,
ont, la plupart, perdu leurs signatures;on peut citer entre autres,
la première et rare édition du •• Hieroclis philosophi stoici et
sanctissimi in aureos Versus Pythagorae Opusculum prœstan-
tissimum et religioni christianae consentaneum » latine; Palavii,
Bartholomaeus de Val. de Zoccho, 1 47 i, in-i. Cette édition ne
conserve ses signatures, placées tout au bas des feuillets que
lorsque les exemplaires ne sont pas rognés.
A défaut de signature ou de pagination imprimée et afin
d'éviter des transpositions de feuilles, les possesseurs d'un
livre, ou les relieurs mêmes, en numérotaient d'abord les pages
à l'une des extrémités de la marge, soit au haut, soit au bas
des feuilles, quelquefois même tout à fait dans un coin, avec
l'intention que ces chiffres fussent enlevés. On rencontre des
exemplaires dont les signatures étaient poussées après l'impres-
sion sur le bord de la marge, et non près du texte, pour servir
seulement à eollationner le volume. Dès que ces livres passaient
à la reliure, ces numéros ou signatures étaient nécessairement
attaqués et plus ou moins enlevés par le couteau du relieur.
Cependant, lorsqu'il y a plusieurs feuillets à témoin dans un
volume, c'est-à-dire que l'on a rogné si peu, que plusieurs feuilles
n'ont pas été atteintes et ont conservé leurs barbures, on peut
en préjuger que ce volume a peu perdu de ses marges.
Il n'y a pas que les signatures qui soient, trop souvent, atta-
quées par le couteau du relieur. In livre rare, V Eunuque,
(comédie en vers, par Jean <l<> La Fontaine), Paris, Aug. Courbé,
1654. Pet. in-i° de 4 ff. prélimin. non chiffrés, 149 pages chiffrées
et ") pages non chiffrées pour le privilège, premier ouvrage de
la jeunesse de La fontaine, qui le lit paraître quelque temps
après son mariage et dont il est extrêmement difficile de trouver
de beaux exemplaires avec marges, a son titre presque toujours
en mauvais état, la dernière lettre du mot Eunuque dépassant
debeaucoup la justification et étanl la plupart du temps rognée.
** La belle édition de Orlando furioso. di Lud. Ariosto, conle
annotationi di <iir. Ruscelli, Venetia, Yincenti Valgrisi, ir>(>l2,
in-4* à 2 colonnes, dont un exemplaire a été imprimé sur papier
bleu, se compose de (iS7 pages chiffrées (le verso du dernier
feuillet qui contient la devise de Valgrisi n'est pas chiffré), plus
lkJ feuillets préliminaires, sans numération, partagés en trois
cahiers de i feuillets chacun avec les signatures *, **, ***.
A UX BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIEME. 39
signes servent, non seulement à marquer l'ordre dans
lequel on doit assembler les cahiers mais, ainsi que
nous l'avons indiqué précédemment, à déterminer les
formats. Si donc, par exemple, on veut s'assurer qu'un
volume est in-8°, on n'a qu'à examiner le bas de la
17' page, on y trouvera B (si l'in-octavo est imprimé
par demi-feuille, le B ou le chiffre 2 sera quelquefois
au bas de la 9e page) ; à la 55e, G ; à la 49e, D ; etc.
Si le volume est in-lv2, on trouve B au bas de la page
25, G à la page 49; D à la page 75, etc., parce que
la feuille étant pliée en douze, ce qui forme 24 pages,
la pagination de la seconde feuille commencera par
le nombre 25, et le bas de la première page de cette
feuille sera marqué de la lettre B ou du chiffre 2. Si un
volume a plus de cahiers ou de feuilles que le nombre
des lettres de l'alphabet, on multiplie l'alphabet par des
minuscules ajoutées à la majuscule, autant de fois
qu'il est nécessaire, c'est-à-dire qu'après la 25e feuille
on recommence l'alphabet ou signature A a; à la 47e,
on reprend le troisième alphabet ou signature A Aa, et
ainsi de suite*. Quelquefois, les quatre premiers feuillets
sont signatures ai, aii, aiii, aiiij, ou bien marqués
d'un chiffre arabe. Nous donnons (fig. 57), la repro-
duetioD de L'une de ces signatures tirée d'une édition
* L;i rare édition des Œuvra de F. Vxiloni reveues et remises
■<■ r. par Clément Marot: valet de chambre «lu Roy. On
les vent ■> il la rue Sainct-Jacques, à leneeigne de l'Homme
...inimn/e. ehe» Nieolcu Qilles, s. d. 1540), pet. in-12, est chiffrée
«lu troisième alphabet A Ut, parce qu'elle a été imprimée par
Jehan Bignon, a la suite de son édition <lc Marot (1540). Cette
édition, qui fut probablement détachée du Marot pour être
vendue au libraire Nicolas Gilles, bc rencontre presque tou-
joui - sépai i
40 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
de la vie de Sainte Catherine de Sienne, la plus ancienne
connue, imprimée par Guy Marchand dont elle porte
la deuxième adresse, pour Jehan Petit, le 3 avril 1505.
Elle est ornée de 25 curieuses figures gravées sur bois,
la plupart à deux compartiments. En voici le titre :
La Vie de madame Saincte Katherine de Siene. A la
fin : Cy finit la vie madame saïcte Katherine de siene
de lordre de saïct Dominique. Laquelle a este Imprimée
en beauregard derrière le colliege de Bôcourt. Lan
mil cinq cens et trois. Le troisième iour de auril pour
Jehan Petit, libraire deniourât a la Rue Sainct Jacques
a lenseigne du lyon dargent auprès des maturins. In-4°
goth. de 82 fi", chifl'., fig. sur bois.
( )n présume, ({n'en imprimerie, les signatures ont paru
pour la première fois dans le Johannis Nyder prœcepto-
rium divinse legis, Colonne, per J. Koelhof, de Lubeck,
1 172, in-fol. à deux colonnes. Laire, dans son Index
librorum ab inventa, etc., page 280 du tome I, n° 52,
cite cet ouvrage ayant pour titre : Johannis Nyder pre-
ceptorium divinelegis, in-folio, avec cette souscription :
impressum Colonir per magistrum J. Koelhof de Lubick
anno Dni M.CCCC.LXXII. Dans la notice raisonnée
de cet ouvrage, il dit : Folia signantur ab a. ac/mmiiij,
Iterato alphabetico progressu*. Après avoir passé en
revue la plupart des éditions de dates apocryphes,
après avoir relevé les erreurs de Mcerman, de
* Voyez à <«' Bujel la lettre écrite d'Aix, le 17 novembre 1788,
par Rive à Laire; Index libror. tome I, page 281 ; et la Chronique
littéraire des ouvrages de Rive, page 108; voyez aussi le Catalogue
de la Serna, Bruxelles, 1803, tome I, n° 074. On peut aussi
consulter L'intéressant Mémoire sur V origine et h' premier usage
des signatures et des chiffres da>is Fart typographique, du même
auteur.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 41
Maittaire, du docteur Middleton dans sa dissertation:
On Ihe origin of printing in England, et même celle
de Marolles sur l'origine des signatures; Laire pense
que cette origine date de 1472, et que le premier ouvrage
£5mt par feermd^s8c|aim^ hatfaim ftfufcwé
tmmcft&furmt foi? fur m ûme&8ce tmîm*
£(fa>fitt€.4&l
Fig. ."7. — Exemple de signature (commencement (J t»U
dii xvi' siècle;.
portant des signatures est le Jolia. Nyder, cité plus
haut. Quant aux chiffres, Marolles croit que le premier
ouvrage qui en ail eu, est le de claris mulieribus de
.1. Bocace, imprimé à Ulm en I '» 7 r> , par Jean Zeiner de
Reutliugen. Chevillieren attribuait le premier usage à
LFlric Gering el à Bes associés, en 1477 : Meerman ;i
suivi L'opinion de Chevillier; mais de la Sema .-• prouvé
Il e
42 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
dans son Mémoire que ces auteurs sont dans l'erreur,
et que dès I Ï7I Arnoldus Ter Hoernen, l'un des pre-
miers et des plus célèbres imprimeurs de Cologne, les
employa pour la première fois dans un ouvrage peu
connu intitulé : Liber de remediis utriusque fortunée.
Colonie, Arnoldus Ter Hoernen, 1471, in-4, que l'on
croit composé par un nommé Hadrianus Carthusianus,
qui vivait en 1 410 dans la Chartreuse, près de Gertrui-
denberg. Il ne faut pas confondre ce livre avec celui de
Pétrarque, portant le môme titre, ni avec un petit
fragment connu sous le titre de Remediis fortuitorum,
attribué à Sénèquc. Quant aux réclames, ajoute-t-il, je
ne crois pas que le premier usage en soit dû à Jean de
Spire, premier imprimeur de Venise, mais bien à
Vindelin, son frère*. De nos jours, la signature par lettre
est abandonnée et on ne se sert plus que de chiffres.
Il existe autant d'impositions qu'il y a de formats;
le nombre indicatif du format doit toujours être double
pour faire une feuille et, quelles que soient les dimen-
sions que présente une feuille de papier lorsqu'elle
* « Je m'étonne, dit Magré de Marottes dans ses Recher-
ches sur l'origine et le premier usage des registres , des signa-
tures} des réclames, que les anciens imprimeurs, surtout dans
le temps que Les réclames et les signatures n'étaient point
encore usitées, no se soient pas servis de chiffres qui pou-
vaient y suppléer, quoique imparfaitement, pour l'assemblage
et la reliure des livres : j'en suis d'autant plus surpris,
que très souvent on trouve dans les anciennes éditions des
tables qui renvoient aux feuillets indiqués par leurs numé-
ros, les supposant chiffrés à la main: et cela ne se rencontre
pas seulement dans les plus anciennes, puisqu'il y a une pareille
table à la lin des Vies des Saints de Mombritius, imprimées
à Milan, sans date, mais qu'on sait l'avoir été vers 1479.
Typographus. Stt^udjbmcfcr.
AI{te mea reliquat ilîuflro Typographus artest
Imprtmo dum varias are muante liaros.
Qu*pnus au8afitu:qua! puluere plena iaceban'f,
l'idimus obfcura noBt: lepuîtapremi.
H<tc 'veterum renoua negletïa -volumtna Fatrum
lAtfyfcolu curopubluafaBalegi.
xArtem prima nouam repenjje Moguntiaferlur,
Vrbsgrauv-ej- muitu ingcmofa mod%i^
Ç>ua nihit'vnlius'videtiaurprectoJîus. afhUy
VAX'melutf quicquam [cela futur a dabxnt.
C 3
i i • • pie de signature (xvr siècle) tiré do volume
Dt Artibtu //('■'/• i , ■ '• de Jott Amman.)
CO M E Dl E. 15
ALCESTE.
Nous verrons bien
ORONTE.
L'ESboir .. le ne fçay fi le ftile
Pourra vous en paroiitre atfez net, & facile,
Et ft, du chois des Mots, vous vous contenterez.
ALC ESTE.
Nous allons voir, Moniieur.
OR ONT E.
Au refte, vous fçaurez.
Que ie n'ay demeuré qu'vn quart-d'heure à le faire.
ALC ESTE.
Voyons, Monfieur, le Temps ne fait rien à l'affaire
ORONTE.
'Efpoiry il eji i/ray, nom foulage,
lEt noiu berce vn temps, nvjlre ennWj:
Maii, Philis, le tnfte auanta^e ,
Lors que rien ne marche après luyl
PH I LfNT E.
le fuis déjà charmé de ce petit morceau.
ALCESTE.
Quoy! vousauezle front de trouuercela beau?
ORONTE.
Voim euftei de la Comptai fance,
Ma» -vous en deuie\ moins anvir-,
Et ne voui pas mettre en dèpenfe,
Four ne me donner que /'Elpoir.
PHI LI NTE.
Ah ! qu'en termes galans, ces chofes-li font mifes.'
ALCESTEè^.
Morbleu, vil Complaiiant, vous louez des Sottifes.»
B ij
Fig. 39. — Exemple de signature (xvir siècle) lire du volume
Le Mitontrope, comédie par I.B.P. De Molière.
A Paris, chez Iean Ribov, M DC.LXV1I.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 45
est pliée, chaque format prend son nom du nombre
de feuillets, c'est-à-dire, on nomme une feuille in-folio
parce qu'elle offre deux feuillets ou quatre côtés; la
feuille in-4, quatre feuillets ou huit côtés; la feuille in-8,
huit feuillets ou seize côtés, etc.; nous répéterons qu'une
feuille donne le double de pages du format cité.
« Les formats doivent, le plus souvent, leur nom
aux marques de fabrique qu'ils portaient en filigrane.
Les anciens papetiers s'en servirent aussi pour distin-
guer les formats différents*.
'« Certaines de ces désignations ont subsisté :
« Par exemple, la couronne portait une couronne
imprimée dans la pâte du papier; l'écu, l'écu de France
surmonté d'une couronne avec des fleurs de lis; le jésus
avait comme marque les initiales du Christ : IHS ; le
soleil, un astre rayonnant; le grand-monde, une mappe-
monde; l'aigle, un grand aigle; le raisin, une grappe
de raisin; etc.
« Le format carré, dont le nom s'explique de lui-
môme, était autrefois le plus usité pour l'impression,
m sans doute le périmètre restreint de la platine des
ancienne presses.
« L'interdiction de vendre les papiers et les parchemins
n'ayant pas les dimensions prescrites date de 1548.
« L'in-plano comprend 2 pages ou 1 feuillet, il est
destiné à ne pas être plié.
« L'in-folio, qui est La feuille pliée sur elle-même,
comprend \ pages ou - feuillets.
« L 'in-4 esl la feuille pliée «h-u x fois Mir elle-même,
1 i mile I.i < u i:< . Vouveau Manuel complet de Typographie.
i de Pai i- Bu i -i Pai i- Ifulo, 1807, In 18.
46 CONNAISSANCES NECESSAIRES
elle comprend 8 pages ou 4 feuillets; réunion de 2 in-
folio.
« L'in-0 comprend 12 pages ou 6 feuillets, réunion de
5 in-folio.
« L'in-8 est la feuille pliée trois fois sur elle-même,
16 pages ou 8 feuillets, réunion de 4 in-folio.
« L'in-12, 24 pages ou 12 feuillets, réunion de 6 in-
folio.
« L"in-16, feuille pliée quatre fois sur elle-même,
32 pages ou 1(> feuillets, réunion de 8 in-folio.
« L'in-18, 50 pages ou 18 feuillets, réunion de 9 in-
folio.
« Pour les formats comportant un plus grand nombre
de pages, on en trouvera la liste aux impositions
multiples.
« L'in-plano n'est guère employé que pour les affi-
ches, les placards, les textes destinés à accompagner
les planches, les tables chronologiques, les tableaux
synoptiques, les imprimés administratifs et autres
ouvrages du même genre, certains travaux de ville.
« L'in-folio est réservé pour les impressions de
luxe, pour les ouvrages de recherches, que l'on
consulte parfois mais dont on ne se sert pas habi-
tuellement.
« L'in-i, très usité autrefois, s'emploie pour les diction-
naires, mémoires, rapports, ouvrages scientifiques et
ceux contenant des tableaux ou des opérations exigeant
une grande justification.
« L'in-8 joint l'élégance à la beauté, l'usage en est
fort commode et il figure agréablement dans une biblio-
thèque. C'est le format préféré des lecteurs en général
A UX BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 47
et des bibliophiles en particulier. Il convient à toutes
sortes d'ouvrages; il tient le milieu pour les dimensions
et pour les caractères entre tous les autres formats :
c'est le type le plus répandu.
« L'in-12 est généralement adopté pour les classiques,
les romans et autres ouvrages usuels, qui en rendent
l'emploi assez commun. Quoique format dit bâtard, il
est assez agréable d'aspect ; il tient le milieu entre
l'in-8 et l'in-16.
« L'in-16 s'emploie pour les livres d'instruction et de
récréation.
« L'in-18, d'usage fréquent, est surtout le format des
romans.
« La double couronne en in- 10 remplace le jésus en
in- 18, la grandeur du volume est la même et l'impres-
sion des quarts, demis et trois quarts se fait sans perte
de papier.
« Le format des premiers livres imprimés est l'in-folio.
« Le premier in-i connu est le Vocabularium ex quo...
imprimé en I 167, par Henry et Nicolas Bechtermuntze,
«l réimprimé In-folio deux ans plus tard dans la môme
ville par le second de ces typographes; car c'est à tort
qu'on a regardé comme in-i le Cicero de Officiis édité
en 1465, à Mayence, par Fust.
« L'in-8 daterait de 1470.... Néanmoins, l'invention
de ce formai esl généralement attribuée à Aide Manuce,
qui - en Ben il pour la première lois, en 1500, pour une
édition des (l '•<■ Virgile. Cette innovation était
dea plu- intéressantes, aussi lui elle accueillie nvoc
empressement par l<- public; car elle permettail <l<- faire
dea livres qui, toul en renfermanl autanl <l«- matières
48 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
qu'un in-folio ou un în-4, coûtaient bien moins cher et,
précieux avantage, pouvaient être emportés avec soi,
tandis cpie les formats en usage n'étaient guère mania-
bles et demandaient l'appui d'un pupitre. Le sénat de
Venise récompensa Aide Manuce en lui octroyant le
privilège d'employer ce format pendant dix années
(13 novembre 1502), privilège qui n'empêcha pas d'ail-
leurs des imitateurs de s'en emparer.
« L'in-12 paraît avoir été créé dès 1470 pour les livres
de piété. 11 était très en vogue en France à cette époque.
« L'in-16 et l'in-24 furent mis à la mode par les
Elzevier au xvne siècle.
« Le plus ancien in-32 est YOfficium D. Mariœ Vir-
ginis exécuté à Venise, en I 173, par Nicolas Jenson.
« Si l'on en croit Baillet, au xvie siècle, les livres de
petit formai étaient plutôt regardés avec mépris par les
savants. »
Comme conclusion à tout ce qui précède, nous allons
citer et reproduire quelques-unes des impositions les
plus usitées *.
IN-FOLIO
Le n° 1 représente le côté de première d'une feuille;
le n° 2, celui de seconde.
L'indication des biseaux** est marquée par les points
* Cf. L'Indicateur des formats donnant exactement et sans cal-
cul les formai el genre de coupe ou de pliage auxquels se rappor-
tent tous livres «>u modèles imprimés, quelles que soient leurs
dimensions. Complété de renseignements utiles pour l'emploi
judicieux du papier, par Lucien Laynaud. Montélimar, lyp.
Laynaud, 1893. In-8.
** Réglette de l><»is de longueur indéterminée qui s'élargit
graduellement d'une extrémité à l'autre et qu'on emploie pour
serrer les formes.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 49
IMPOSITION DE LIN-FOLIO.
1 If ;
i I I ;
3 X ;
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' " I "'
N' 1. N* 2.
IMPOSITION DE L'iN-QUARTO.
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N» 5.
IMPOSITION DE L IN-OCTAVO.
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3
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V 6.
N- 7.
- [mpotlUoni dirertet. (Voir p et 51.)
7
50
CONNAISSANCES NECESSAIRES
IMPOSITION DE L'iN-OCTAVO.
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N' 8. V 9.
IMPOSITION DE L'iN-DOUZE.
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N° 10.
N* 11.
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7
N* 12. N* 13.
Fig. i7 à 52. — Impositions diverses. (Voir jKige 51.)
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIEME. 51
qui sont tracés et qui désignent la position du châssis
devant le metteur en page.
Il est essentiel de faire observer que dans toutes les
impositions ordinaires, la première page est placée, sur
le marbre, à gauche de l'ouvrier, et dans presque toutes,
la dernière à côté de la première.
IN- QUARTO
Le n° 5 représente le côté de première d'une feuille.
N°4, le côté de seconde. N° 5, une forme en retiration*
sur elle-même.
IN-OCTAVO
N° 6, une forme en retiration sur elle-même. N° 7,
deux cartons in-8.
IN-OCTAVO
» 8, le côté de première d'une feuille. N° 9, celui
de seconde.
IN-DOUZE
N 10, le côté de première d'une feuille. N° 11, celui
de seconde. N° 12, une forme in-12 en retiration sur
elle-même, et le châssis à la Lyonnaise. N° 15, une
l'orme in- 12 dont le carton est en dehors.
IN-DIX-IIUIT
N I l, le côté de première de la feuille, imposée en
trois cartons. N° 15, Le côté de seconde.
I H'- manière d'imposer par trois cartons est celle
- i esl l'impression du second côté <ie la feuille
de papier Le mol retiration peut venir du verbe retirer, tirer
de nouveau, ou du substantif réitération, corrompu par le lan-
■ hnique il. i ournier.
52 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
que l'on devrait toujours adopter. Elle est plus facile
pour le compositeur, le relieur et le lecteur.
N° 16, représente une forme in-18 en retiration sui
elle-même, sans transposer de pages.
IN-TRENTE-DEUX
N° 17. Cette imposition représente deux feuilles m-8.
IN-SOIXANTE-QUATRE
N° 18, représente une forme en retiration sur elle-
même, contenant 4 cartons in-8.
Nous donnons, ci-après, les différents noms que
prennent les papiers suivant leur grandeur :
Pot (papier écolier). . 31 x 40
Telliere pap.ministre). 33 x 44
Couronne 57 x 47
Écu 40 x 52
Carré (coquille). . • . 45 x 56
Cavalier 46 x <>*2
Double-couronne. . . 47 x 74
Raisin 50 x 65
Petit-jcsus 5k2 x OS
Jésus 55 X 70
Grand-Jésus 56 x 7G
Soleil, ou pittoresque. 00 x 80
Colombier 65 x 90
Journal 05 x 04
Petit-aigle 70 x 04
Grand-aigle 75x100
Petit-monde 84x107
Grand-monde 90x120
De nos jours, la désignation du format joue un rôle
moindre qu'aux siècles précédents. Le même ouvrage
est souvent tiré on deux formats différents, le papier se
trouve coupé mécaniquement et sans appréciation de
format, seule la signature, utile à l'assemblage, subsiste.
Dans la majeure partie des bibliothèques, les livres
sont aujourd'hui rangés suivant leur hauteur et non
d'après le format réel ; aussi il serait à désirer qu'à
l'avenir les libraires annonçassent, sur leurs cata-
logues, la hauteur et la largeur des livres en centi-
mètres, indépendamment de la désignation du format
qui jouerait ici un rôle secondaire.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 53
IMPOSITION DE L'iN-DIX-HUIT.
V 14.
N* 15.
V 16.
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I ', | ',">. Imposition! diverses. (Voir pages 51 cl 52.
54
CONNAISSANCES NECESSAIRES
IMPOSITION DE LTN-TRENTE-DEUX.
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5.
L
N' 17.
IMPOSITION DE L'iN-SOIXANTE-QUATRE.
N* 18.
FJg. 56 et 57. — Impositions diverses. (Voir page 52.)
TABLEAUX DES DIMENSIONS
DE
QUATRE-VINGTS FORMATS DE VOLUMES
(Mesures en centimètres et en millimètres)
ET DES
PRINCIPAUX FORMATS ;DE PAPIER
PLIES SELON"
DIVERSES IMPOSITIONS COURANTES
56
CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
PRINCIPAUX FORMATS DE PAPIER PLIES SELON DIVERSES IMPOSITIONS
FOKMATS
PLIES EN
COURONNE
37 x 47
ECU
40 x 52
CARRÉ
45 x 56
CAVALIER
40x62
In-folio . . .
23.50x37.00
26.00x40.00
28.00x45.00
51.00x46.00
In-quarto.
18.50x23.50
20.00x20.00
22.50x28.00
23.00x51.00
In-six. . . .
15.66x18.50
17.53x20.00
18.66x22.50
20.66x23.00
In-octavo - .
11.75xlS. 50
13.00x20.00
14.00x22.50
15.50X23.00
In-douze. . .
9.25X15.66
10.00x17.33
11.25X18.06
11.50x20.06
In-seize. . .
9.25x11.75
10.00x13.00
11.25x14.00
11.50x15.50
In-dix-huit. .
7.85x12.33
8.06x13."
0.35x15.00
10.33X13.55
ln-ïingt-quatre . .
7.83X 9.25
8.00x10.00
9.33x11.25
10.53x1150
In-lrente-deui . .
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Exemple
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A ON BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIEME. 57
COURANTES. (MESURES EN CENTIMETRES ET EN MILLIMETRES.)
RAISIN
50x65
02.50x50.00
25.00x32.50
21.66x25.00
16.25x25.00
12.50x21.66
JESUS
55 x 70
55.n0x55.00
27.50x55.00
23.33x27.50
17.50x27.50
13.75x23.33
GRAND JESUS
5G x 76
PITTORESQUE
ou
SOLEIL
60 x 80
58.00x56.00
28.00X58.00
25.55x28.00
19.00x28.00
14.00x25.55
>X16.25
12.50
8.125x12.50
40.00x00.00
50.00x40.00
26. 00x50. 00
COLOMBIER
65x90
45.00x65.00
51.50x45.00
50.00x51.50
20.00x50.00 22.50x51.50
15.00x26.66
15.75x17.50 14. 00x19.00
11.66x18. 33
Il .66x13.75
8.75x13.75
15.00x20.00
12.6GX18/G6 15.55x20.00
12.06x1 1.00
'.1.511X1'.. "il
15.75x50.00
15.75X22.50
15.00x21.00
15.55X15.00 15.00x15.75
II). IMIXl5.HO
11.25x15.75
dimension exacte d'une page au formai désiré,
d'un iri H Raisin : Suivre la colonne horizontale marquée In-octavo
met 00 qui s'y trouve donne la dimension cherchée.
composée de 500 feuilles, lesquelles son! établies par mains ou
58 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
Par l'examen du tableau qui précède on remarquera
que les formats offrent do très grandes différences selon
le papier employé, et que les mesures sont pour un
volume de même format, Tin-80 par exemple :
En couronne 11.75x18.50
En écu 13.00x20.00
En carré (Format du présent volume) . li.OOx 22.50
En cavalier 15.50x23.00
En raisin 16.25x25.00
En jésus 17.50x27.50
En grand jésus 19.00x28.00
En soleil 20.00x30.00
En colombier 22.50x31.50
et ainsi de suite pour tous les autres. L'importance
d'ajouter le nom du papier employé à la désignation
du format est indiscutable, jusqu'à ce que l'on ait
adopté l'usage d'indiquer les mesures d'un volume.
FORMATS MICROSCOPIQUES
A toute époque on a publié des ouvrages en très petits
formats, ainsi que des éditions miniatures, diamants et
microscopiques, où le terme s'applique généralement
au caractère employé. Sans en discuter ici l'utilité, nous
pensons qu'il y a quelque intérêt pour les amateurs,
de passer en revue ces curiosités et ces bijoux biblio-
graphiques, qui font plaisir aux amateurs de lart lypo-
graphique. Le format des livres microscopiques, en
raison du procédé d'impression, est quelquefois difficile
à désigner. ( les livres sont généralement tirés en in-04
OU en in- 128, mais on a pris l'habitude de les définir
d'après leur hauteur el leur largeur. On dit : Ce livre à
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 59
55mm x 18, pour dire qu'il y a 55 millimètres en
hauteur sur 18 millimètres en largeur.
La très curieuse collection de M. Georges Salomon,
dont M. Gaston Tissandier a donné un compte rendu dans
La Nature, est ce qu'il y a déplus original en ce genre*.
Nous y avons
relevé les titres des
livres suivants :
La Constitution
française, Paris,
imprimerie de la
Société littéraire
typographique de
TEstrapade, 1792
Fig. 58 à 61. — Le plus petit livre connu.
Son aspect grandeur d'exécution.
Le même posé sur un timbre poste.
Le même représenté ouvert.
(4imm X 29).
Étrennes f rem-
ises ou la. Charte
constitutionnelle, Paris, E. Jourdan, 1821 (54mm x 50).
Catechismus, Allemagne, 1611 (42lum x 25).
Catechismus Handlung, Nurnberg, 1000 (31mm x 3i).
Le Réveil de Vâme, Annecy, 1784 (41,nm x 29).
London Almanack, printed for the company stalio-
ners (.>>'» x 28).
The English Bijou Almanack, London ? (i4mm x 10).
I e l ni des livres lilliputiens existait au commenco-
ment du x\n siècle, comme od le voit parla citation
* Notre confrère M. E. Flammarion, un des éditeurs auxquels
la librairie française esl en grande partie redevable <l<' 8a renom-
mée el de son extension, a publié une Bibliothèque miniature^
reproductions microscopiques d'éditions de luxe, et dont l'exé-
cution esl parfaite. MM. Pairault el Cie, éditeurs, ont publié
quelques livres minuscules, imprimés en caractères mobiles,
mesurant 0,03! 0,021! el pesant h grammes.
60 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
du Catechismus. Les Aphorismes d'Hippocrate furent
aussi imprimés dans un format minuscule (45m,D X 50)
à Anvers, chez Plantin, en 1617 ;:.
Au mois de février 18Ô2, on annonça à Londres, en
opposition avec les éditions minuscules ou en carac-
tères microscopiques, l'apparition d'un livre d'un
format et de caractères gigantesques. Plusieurs jour-
naux en publièrent la réclame suivante :
« Livre d'une dimension gigantesque. Le livre de la
plus grande dimension qui ait été mis sous presse
paraîtra en 1832 à Londres. Il aura pour titre Panthéon
des Héros anglais. Chaque page aura quatre toises de
hauteur et deux de largeur, et les lettres auront la
dimension d'un demi-pied. Il a fallu confectionner une
mécanique exprès pour la fabrication du papier. L'im-
pression de cette œuvre gigantesque se fait au moyen
d'une machine à vapeur; et au lieu d'encre noire, on
emploie un vernis d'or. Il n'en sera tiré que cent
exemplaires qui ne sont destinés qu'aux principales
bibliothèques d'Angleterre. »
D'après l'inventaire de la bibliothèque des ducs de
Bourgogne, on voit que la plupart des livres étaient
in-folio. Les bréviaires, les livres d'heures et d'oraisons
devaient être in-4° ou in-8°. Quant à ceux qui sont
* Douze volumes, minuscules gravés. Calendrier de tous les
saints, illustré par Michel (ils aîné, gravé par Lcchard, font
partir des collections de M"1 Y*' Vallerant. Ces volumes qui
mesurent lK"mx \'2mm. ont dû être imprimés vers le milieu de
ce siècle, nous les croyons d'une grande rareté. Les gravures
les C posant sont collées dos à dos et montées sur onglet.
Chaque volume contient un mois de l'année et est relié en
chagrin, avec Heur de lys à chaque angle du premier plat. Les
douze mois sont renfermés dans un étui divisé en douze cases.
\ _ 1,1 .1 7 >. M iihwuIi- français reproduiti en vraie grandeur,
i p| p< [| livrei <lu monde représentés en vraie grandeur.
Chemin <!<• le croix figuré oui ei I
1 d'argent «lu Chemin de la croix el d'un Paroissien.
Y\'s. 76 à B9. Minuscules allemands. — Minuscules anglais.
Almanach allemand <le îs^T avec lithographies <le Senefelder
Almanach minuscule allemand «le 1818, avec son étui.
A ON BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 63
désignés seulement sous le titre de Un petit livre, il est
probable qu'ils étaient petit in-8° ou in- 12.
Au xvie siècle, dans le principe, on regardait avec
mépris les livres d'un petit format. « Scaliger, dit
Baillet, raille Drusius pour la petitesse de ses livres;
et J. Morel, l'un des plus grands imprimeurs de son
temps, se plaignait au savant Puteanus, rival de Juste
Lipse, que ses livres étaient trop petits pour la vente,
et que les chalands n'en voulaient pas. »
Au collège d'Edimbourg, on commença à imprimer
les Thèses philosophiques en 1596; elles avaient d'abord
le format in-8°; en 1612, elles passèrent à l'in-4°; en
1641, elles devinrent grand in-folio. Ce dernier format
était encore adopté pour les thèses soutenues dans les
Facultés de Paris au xvine siècle. On connaît les
prouesses du chanoine Fabri, que Boileau, au chant v
du Lutrin, nous représente terrassant ses adversaires
au moyen d'un vieil Infortiat. Nous ne savons pas si le
poète avait eu l'intention de faire allusion à l'exploit
d'un professeur de droit, Christophe de Longueil, qui
avait terrassé ses élèves sous le poids de trois énormes
volumes de Vlnfortiat.
Sous Louis XIV, le commerce clandestin des livres
se faisait sur une grande échelle, et pour mieux en
favoriser l'introduction en France, on perfectionna le
genre dea petits formats, faciles à dérober aux regards
des argus guettant leur passage aux frontières, ou
faciles à dissimuler par l<> lecteur, craignant d'être
Burpris dana sa lecture, nouveau fruii défendu. La
idence dea grands formata et dea formata gigan-
immença; lea volumes grand in-folio furent
64 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
détrônes. Un format mixte s'interposa : l'in-quarto fut
la livrée artistique des beaux ouvrages publiés depuis
en France. Au xvmc siècle, le format in-4° était adopté
pour les poésies en Hollande, où il est remplacé aujour-
d'hui par l'in-8°. Depuis quelques années, on a essayé
de presque tous les formats, mais c'est l'in-8°, auquel
on revient de préférence.
A la Bibliothèque de Stuttgard, se trouve un manu-
scrit d'une grandeur extraordinaire et d'une proportion
telle que le vélin sur lequel il est écrit ne peut être
que de peau d'âne : il est composé de 40 cahiers de
quatre feuilles chacun; les deux feuillets de chaque
feuille étant d'une seule pièce, cela fait huit feuillets,
par conséquent 16 pages, et en tout CiO pages*.
En ce qui concerne les petits formats Cazin, nous
ne pouvons mieux faire que de signaler les intéressants
travaux de M. Corroënne, le bibliographe des petits
formats Cazin, que nous avons publiés**.
IMPRESSIONS MICROSCOPIQUES
Les livres imprimés avec des caractères d'une finesse
extrême sont un objet de curiosité qui séduit quelques
* Nous eu donnerons la description détaillée au Chapitre
douzième : Des Manuscrits ci de lé Peinture des livres.
** Cf. Manuel du Casinophile. Le petit format à figures, eollec-
tion parisienne in-18 (vraie collection de Cazin). Bibliographie
historique, en cinq périodes triennales distinctes, indication de
gravures, provenance de chaque édition des ouvrages suivant
la publication de cinq séries de Catalogues de cette précieuse
collection. Paris, Edouard Rouveyre, 1870, in-r>_).
Petits formate) dits C<izin. Bibliographie générale. Bulletin du
Cazinophile. Années 1877, 1X78 et 1879. Période initiale du
petit formai à vignettes et a figures, collection Cazin, par
\. CORROi NNE. Paris, Edouard Rouveyre, 1880, in-5'2.
A UX BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIEME. 65
amateurs et, parmi les volumes que leur exiguïté a
rendu fort rares ou que la singularité de leur exécution
a fait rechercher, il convient de citer, — au xvie siècle :
M. Tulii Ciceronis Officiorum. libri. ni Lselius seu de
Amicitia liber, i Cato maior seu de Senectute. liber, i
Paradoxa. liber, i Somnium Scipionis ex. vi de Re. p.
Venetiis. in a?dibus Alexandri Paganini, 1515, — au
xvne siècle, à Sedan, il a été créé vers 1611 une fonderie
typographique considérable; en 1615, Jean Jannon fit
graver un petit caractère « la petite sedanoise ».
'Le premier ouvrage imprimé avec ce caractère est un
Virgile in-52, de 1625; il y a aussi des exemplaires qui
portent la date de 1628; c'est la môme édition avec
un titre renouvelé, comme cela se pratiquait à cette
époque. Le même caractère servit à l'ouvrage suivant :
Quincti (sic) Horalii Flacci opéra omnia. Sedani, ex
typographia et typis novissimis Joannis Jannoni. 1627,
pet. in-ij2, ainsi qu'à la Bible en français. Sedan, 1653*.
De la même imprimerie est sorti imprimé en
caractères grecs : Novvm Jesv Christi Domini nostri
amenlum, ex regiis aliisque optimis editionibus
cum cuna expressum. In-64 (572 pages). Sedani, ex
typographia et typis novissimis Joannis Jannoni.
Nous devons mentionner aussi le Senecœ opuscula
selecta, Lugd. Batav., J. Maire, sans date, in-8; le
Rabelais, sans lieu, 1556, in-12, remarquable par la
finesse des caractères; la Bible de Richelieu, c'est ainsi
qu'on appelle un'- petite /////A- exécutée par ordre du duc
de Richelieu, format in-12, avec des caractères très lins
• (-f. i> piqua, par Loi m Mohr. Pai is,
Edouard Rouvejn e, 1870 In-t*.
66 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
et d'une grande netteté; en voici le titre : Biblia sacra
vulgatœ Editionis (minutissimis characteribus jussu
ducis de Richelieu édita). Parisiis, Martin, 1656, in-12.
Les mêmes caractères ont été employés aussi pour :
Thomas à Kempis, De irnitalione Christi, libri IV ^minu-
tissimis characteribus editi). Parmi*, Martin, in-12;
et pour : Senita paradisi et pugna spiritualis demum
latine redditus. Ar. D. Jod. Lorichio. Parisiis, Sebast.
Martin, 1657, in-12.
Plusieurs impressions microscopiques furent exécu-
tées à Amsterdam au xvir siècle. Nous citerons : Anicii
Manlii Torquati Severini Boelhii de consolalione philo-
;;opltin>. libri V. Amstelodami, Apud Ioan. Ianssonium.
Anno 165Ô (titre gravé à la Sphère) in-6i, 207 pp. et
8 feuillets (hauteur de la page, encadrée 60"""; lar-
geur, 52mm); le Tite-Live de Daniel Elzévier, publié à
Amsterdam en 1678, offre les mômes particularités.
Au xvinc siècle nous mentionnerons : Phœdri fabitlœ
et Publii Syri sentent iœ. Parisiis, ex typographia Regia,
IT'it), in-24, !2 feuillets, 86 pp. avec frontispice gravé
parPh. Simonneau (hauteur de la composition TA lignes
62nun, reliure originale en veau rouge).
De la môme imprimerie est sorti un spécimen de
caractère microscopique*, sous le titre : Epreuve du
premier alphabet, droit et penché, orné de cadres et
cartouches. Gravé par ordre du roi pour l'imprimerie
* En ITio. Luce, graveur <lc l'imprimerie du Louvre,
grava un caractère remarquablement menu, pouvant porter
."► points l/k2 romain et italique. On peut juger des efforts que
Louis Luce ;i faits dans l'art de la gravure en voyant son
caractère comme la perle, le plus petit caractère qui ait jamais
été gravé et fondu, et dont le modèle se trouve dans l'ouvrage
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 67
royale, par Louis Luce, et fini en 1740, 8 feuillets,
format in-52 (grandeur 6 cent, sur 10 cent.). Il contient
une introduction, plusieurs fables de la Fontaine et
des vignettes.
Les imprimeurs de Paris et d'Orléans publièrent :
M. Tulli Ciceronis Cato major ad P. Tomponium atti-
cum. Lutetia, typis Josephi Barbou, 1758. In-G4, portrait
d'après Rubens, gravé par Huot. — Q. Horatii Flacci
poemata, scholiis sive annotât, instar commentarii
illustr. à Joa. Bond. Aurelianis typis Couret de Ville-
neuve, 17G7 (Jolie édition imprimée avec le caractère
microscopique fondu par Fournier). — Phsedri fabulœ,
l'Annaei Senecœ ac publii Syri sententiae. Aureliœ,
Couret de Villeneuve. 177."), in-18.
Au commencement du xixe siècle, l'éditeur Fournier
commençait la publication d'une Bibliothèque portative
de voyage, format in-48. Composition de 54 lignes
par page, hauteur C9mm sur 45mm. Nous donnons
ayanl pour titre : Essai 6! une nouvelle typographie (c'est-à-dire,
caractères d'imprimerie), ornre de vignettes, de fleurons, etc.,
tés, dessinés et exécutée j»ir Luce, graveur du roi, commencé
en 1740 et fini en 1770. Paris, Barbou, 1771, in-i. M. Didot,
dans son Êpitre fur les progrès de l'imprimerie^ a critiqué les
productions de Luce : ■ Parmi les caractères généralement
mauvais que Luce a gravés, dit-il, et don! heureusement on
sert point ;i l'Imprimerie royale, il a pris plaisir à en faire
on -i petit qu'il échappe ;'■ la vue, h il lui a donné sou nom. A
l.i vérité il ;i mieux réussi dans un grand nombre de fleurons
qui cependant oe seront jamais adoptés par un imprimeur qui
aura véritablement du goût. •■ Vers L786, F.-A. Didot l'atné
forma le projet d'une collection d'ouvrages de littérature les
plus agréables, imprimée <-n un format de la grandeur d'une
carte h puni- avec un caractère extrêmement lin. Cette publi-
cation, i»i<-ii difficile .i exécuter et nuisible pour les yeux des
lecteurs, resta à l'état de projet.
68 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
ci-après le titre de deux de ces volumes : I. Les
amours pastorales de Daphnis et Chîoé. 252 pages.
Paris, (1802).
II. Œuvres du Cardinal de Bernis. 184 pages. (1802).
Chez J.-B. Fournier, père et fils.
Dans cette catégorie, trouve place une publication de
la même grandeur : Lettres à Emile sur la mythologie,
par C.-A. Demoustier, 4 volumes in-G4. Paris, chez
Lemoine, 1826.
L'éditeur anglais, Pickering, a commencé en 1822 la
publication d'une série de petites éditions, en différentes
langues, avec des caractères très petits et pourtant très
lisibles, dont les titres suivent : Cicero de officiis, de
senectute et de amicitia. Londini, 1822, in-64 av. por-
trait gravé. — Publius Virgilius, Maro. Londini, 1822,
in-64 av. portrait gravé. — La Gerusalemme liberata di
Torquato Tasso, in-Oi, 405 pp. portr. d'après Raphaël
Morghen et titre gravé. Londra, 1822. — La rime del
Petrarca, in-64, Londini, 1822. — Quintus lloratius
Flaccus, in-64, 192 pp. avec front, gravé, 2e édit. 1824.
Nouv. édition, 1826. — Publius Terenlius,Aîer, in-64av.
portrait. 1822. Nouv. édit. 1825. — La divina Comedia
di Dante, 2 vol. in-64 avec portrait, titre gravé, 1822.
— Cotullus, Tibullus et Propertius, in-64. London, 1824.
— Novum Testamentum grœcum, in-64, front, gravé,
d'après Léonard de Vinci, 4 feuil. 512 pp. 1828. —
Homère, Iliade et Odyssée. Texte grec. 2 vol. in-64, 1851 ,
Tom. I, 2 feuillets, 551 pp. av. portr. Tom. II, 2 feuillets
272 pp. (Execudebat Carolus Whillingham, London).
Les éditions Pickering sont recherchées; elles portent
la marque des Aide « Ancre avec le Dauphin ». Tous
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 69
ces volumes, à l'exception de Y Iliade et Odyssée, sortent
de la typographie C. Corrall de Londres.
Jules Didot aîné avait commencé en 1825 la publi-
cation par souscription des : Œuvres complètes de
Voltaire, un seul vol. in-8. Édition dédiée aux amateurs
de l'art typographique (70 livraisons à 5 francs).
Impression in-8°, des deux volumes avec caractères
microscopiques; titre dessiné par Desenne et gravé
par Tompson et portrait.
A cette publication suivirent plusieurs du même genre,
de même format et caractère : Molière, œuvres com-
plètes, avec des notes extraites des meilleurs commen-
tateurs, par Simonin. Paris, 1825, gr. in-8° à 2 col. av.
portr. — Plutarque. Hommes illustres, trad. du grec
par D. Ricard. Paris, Brière, 1827. In-8° à 2 col. —
Collection des classiques français : Première partie.
Poésie : cont. Voltaire, J.-B. Rousseau, La Fontaine,
Molière, Boileau, J. Racine, Corneille, Malherbe,
L. Racine, Gresset, Regnard, Destouches, etc. , 2 feuillets,
l.Vi", pages à 2 col. av. frontisp. Portraits dessinés
par A. Desenne, gravés par Hopood. — Seconde partie.
Prose : cont. Voltaire, La Rochefoucauld, La Bruyère,
Fénelon, Massillon, Fléchier, Bossuet, Montesquieu,
Pascal et Le Sage. 2 feuillets, p. 1549 à 2544, avec
frontispice. Portrait dessiné par J. Bailly, gravé par
A Bailly. Imprimé par Jules Didot aîné. Paris, Dufour
et Cie, 1828, gr. ïn-8°. — Voltaire, œuvres poétiques
Édition dédiée aux amateurs <l<^ l'art typographique,
in 8 à - col. Paris, Lebigre, 1832.
Pour Les deux ouvrages microscopiques suivants, 1rs
cara< tères on! été gravés par Henri l)i<l<>i : Maximes et
70 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
Réflexions morales du duc de La Rochefoucauld, in-64.
Paris, 1827 (26 lignes de 44 lettres par page). — Quinti
Horatii Flaccii, Opéra omnia recensuit Filon. Parisiis,
1828. Imprimerie de Henri Didot. In-G4*.
Ce sont des chefs-d'œuvre d'impression.
Quelques années plus tard, la fonderie typographique
de Laurent et Deberny gravait les caractères de deux
volumes microscopiques :
Fables de J. de La Fontaine. Édition miniature in-128
de 25G pages, imprimée par Pion frères, à Paris
(Composition par page 50 lignes, hauteur 52mm, lar-
geur 50""").
La môme fonderie a édité, en 1855, un autre volume
dans un format encore plus petit : Gresset, Ver-Vert,
suivi de la Chartreuse, V Abbaye et autres pièces. Édition
Mignardise, 2 feuill., 1G0 p. et table (55 lignes, hauteur
58""", largeur 22"im) **. Typ. Ernest Meyer, rue de
l'Abbaye, 5, à Paris.
Le caractère qui a servi à ces deux ouvrages a été
gravé par Ramé et fondu par Laurent et Deberny, sur
quart de onze, soit 2 points 5/4, comme le précédent,
* Le caractère qui a servi à ces deux ouvrages ainsi qu'à
celui cité page 7T», De Imitatione Christi, 18.">8, a été gravé par
Henri Didot et fondu par lui sur quart </<• onze }><>int.< (4 au II.
style de fondeur), soit 2 points 3/4, et sur la hauteur de 4X points.
Les pages, une fois composées, étaient placées dans une boîte-
châssis de cuivre, dont le fond portait li points d'épaisseur: en
sorte que la lettre se trouvait exhaussée à la hauteur ordinaire
des caractères.
L'Horace est composé plein; le La Rochefoucauld est inter-
ligné de 1 point: Y Imitai uni <>st interlignée de 1/2 point.
De cette édition minuscule, et comme caractère et comme
format, M. Gustavc-Alf. Rouveyre possède un des rares exem-
plaires imprimé sur papier rose.
l pea raneai, ** K»*tter le trépas.
Au baat d um certain mur attacher lr licou.
La murs. Ile, rwiif et p^, forte,
S'Aranle aux premier- coup». l»oihe a»ee oa troc*
Votre l*»e»prre le ramasxr. es | -mporie.
Laboe b le 1..M. s en reiovrM mcl or.
Saa» compter : roodr ou *ou. U sooinv- plut ai iir,
Tandt* uoe l- calant a k<u>b pas m- relire.
L Lotaone au tres*>r jm^, ei trouve sou arsent
Manaat.
Vaoi. àat-O, uu «ostir |a perdrai relie
*e ar. aae pendrai pa» E- vr*iasmt m 1er
0« de corde je attesterai.
rat ;• au acu* rat, pour lui. L.n les fr
4imi b»ea qoe l argent le luroo trotira i
>a tre-sor qu il enserre,
Poar se» parrain, om pour U terre.
Bats «ae d»<e da troc <|*e la fortune nt *
Ce sottt Udf Mi irait» ; elle »*et> disertit :
Pin» le toar est fcirarrr, et p'u- elle est i-jO tente
Cette deew inroa>lanie
Se mu alors ea I e»f ni
lie totr aa kunov se i-endre j
.M JVjl w r— Mlll
\MI. - LE SiNOE ET LE CHAT
Bertrand ta«c flatoa.
• ■ ea p eoatl point an* ;eoi du »oisina-e :
d <«tJ.*( toat : Ratoa, de »■ côte,
i aiiemaf aaa soarts qu'a» frontale.
Tool eu tout est diver» ■ otei-rou* de I espni
t»u aucun être ail ete compose sur le voire.
L'Einpedocle de e<re M bramer se fondit :
Il 'iri.ni pat plu» fou que l'antre.
XIII. - Jl PITER ET LE PASSAGER
0*1 ' fombt-n le péril enrichirait lr5 rlleox.
Si nous nous soutenions des tœui qu'il duoi f
Mjis, le peni passe. 1 on ue 6e sourient guère
On compte vruletneut ce qu'on doit a la terre
Jupiter, dit l'impie, est uo t>on créancier;
Il ne se seil jamais J'huWsier.
Et 'jo'esl-ee donc que le tonnerre*
Comment appclet-vou» ces atertissemenu*
l'n passager pendant l'ora*e
Lasii
m ■ i
enr des Titans,
éléphant»
rait pa-, rouit- Jj^uUîf
Il hrâla quelques os quand il fut au rivage :
Au uct de Jupit.r la fumée eu monta.
S.ro Jupm. d.l-,1. pr.-nJs mon wu; le voila -
C'est un paifuin de b«ruf que t.i grandeur rrs^irv.
L-i fumée rai la part: j.- n« te «luis plus rien*.
Jupiter fit semblant de rire:
Mais, après quoique» jour», le ilra l attrapa bien.
■sa Un i
< M
lieu. L'homme au i
Il trouva d.» voleurs; et. u'asaut dans sa Iniur-
Il leur promit ceul Uitcuts d'or,
Hien compte», et d'un tel hesor :
fil Tarait enlerrf daaaaa telle houtgade. ï
1,'endroil parut IMPtCl aux solturs; de façon
L'u a ■•«!.« prometteur I un dit . »on camara.l-.
Tu le tnoqu<-s de nous; meurs, et va ebet Pluton
Porter tes cent laUiits en duo.
ai j*ar. aa rota da fea, no* aaaW aialues fnpca»
Rexaraaieari r*tir 4>s «arroos.
Le» ewr.e,-*rr était a«* rr-»-lso«oe aCalre :
\~t tal—t* j roraieot doobU: oroil a faire,
Leor l»f-a prêta ie'rra> al. >t pals le aial d autrui.
KartraaW du a llal'^o frère, d faut aojoord bal
0a* ta faw^s aa < wop d> arullre ;
Tir* lifre» arurrom. M Utea ta i<nl fait aallre
Propre a lire/ narroa* da fe«.
Aaatatai '*.i -,•» dit halo*. a*ec u palte.
Ecarte oa je-o Lj aaaaaW, -' retire lit doirti
Ki, lr« reporte a platarvrt foi» ;
Tara aa arurroo. mt» d*»», et mis lrv«* ea
Il r~«t**i»l aVMraaHl Les rroaae.
lae w**»«» .-m: adiea Ose* cas Kaloa
al paa caalaaf, ce di'.-oa.
AMat aa U sa-rt aaa U plupart a> cea ariace*
Oal. ftaue* lu paertl ei
»-ot . wbtader ea aca f
**mt t- , . .1 * -,-e '^«e I
WUi - U JULA1 ET LE KOaWGKOL-
Aaer, qo* U .
roi f9mmtm I'
-r «or lot I
I :■ pttmê^mp* lac 4eaua«> I
UaM pia^M au rio<
inrt lr.
IV. - LE GLAM) ET LA CiTROLTLLE.
f>leo fait biéni ce qu'il fait. Sans en cherener la preuve
°U hàn>l'les'7.rr«ru.lleK )' la tieure.
lu rttlat,eot«, considérant
■ fiuit aal cro* •■! va nce menue :
A quoi M-nceail, dn-if. Iaul.-ur de tout ccU?
Il a bir., Mal pl^- r-ttr r.irouillc-la:
Hi pubien' je l'auru» pen«toe
A l'un de, rben
■lÉJ
I laffan
Tel Imit, tel art'n-, pour bien faire
C'est d.. m m -.ce. Caro, qae ta n'es polnl e.
Au routeil <le celui que proHhe ton cure ;
Ton! en eut rie mieux I rar pourquoi, par
Le gland. ,,u\ n'e>l pa» gros Comme mon petit
I l 'iroil ?
Im.'u t'aal mrprl* plat je rontemple
CM fruits alaai plare*, |.lus II m mble a Garu
U».e I on a f..lt un qulpruqoo.
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Usrj an toitia drroaait, ce dit on.
i i ioa microscopique (Caractères mobiles).
/ ■ oV Lu Fontaine.
i roduction de l'original par la photogravure.
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M\ - LE OUI ET LE REUBD.
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Ki n lut i.-ii.tut un ■
l-i fnm«f » ikh.oui, bIm] qM le» boOOOfe.
Au boiiir o tin 4- ri .. 0 -u» . .1 ni aux pi^dt H1'»
1. flrjriKl.Triil .Ju ,. n.|-r bon-l
1-e trop «J ftSpedlMU [.ni gâta unr Rft«lra :
Oo pvid du lempa an choix, on .ntle, 00 ve-il tjul lalr*.
.N'en -nom qu'un; tailla qu'il »uil bvu,
l.'.irtloo exprima il bien
U caneton ur l'MoU,
tu. in Irum* <]u'll tir manquai rt<
A Jup.tei que la parole :
HAme l'on «lit que l'ouvrier
Eol a polM oehott rnn»(îr,
Îi'on le »11 frémir lr prm.lrr,
l rr.lonter »oh prupie ouvrage.
A la MMflM du tHiilpteur
I* poète. HBlrcftitt n'en dut (Dfr%?,
I**»i j>«n .Uni il fut riotnaUur
daignant Ij bolM t-l U colci».
Il rLiit enfant en rrrl ;
Lot eafboti n'oul I lime occupée
(,'ue Ju «onlimii'l \or»rl
Uuon M ffcCM point leur poOp'e
!«• cotât ni) Rboatmt l'eaprlli
l»e eatu Mureo e»i deaceodoo
1 i m . ni j. min ne, qtit »r \it
Cfan Uni tli- pru|.U* répandue.
Il* MllîmiMllMl »lol.'inm<>nl
i . - Int. - 1 - il.- ii'iu - ii m i
m d-.-.lnt amant
, pnipre-. LWIÇCO
\ll.- LA SOI RIS MÊTAMORPHOSSE EX FILLE.
IL KAAI, U ITMME, ET LE YOLEl'ft.
n m tri fort UDOinn,
m il.- u ftmmr,
. TOjnll uiajlbeuretik.
l'ne aottri» tomba du 1er d'ni
S!-ni Oi. h
Cbaque p*\t n H urn
m- CflUa «ortr dopr».
Nul» noua a-.Hi.ju» pou; uiai
rliat-tinant r
El llrni^ r( FfttlU.
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Ami Tolrur, .lit-|l, »an* loi o> l.ieu »1 doux
Ha MTOll " ...rt,-env
Tout ce qui (i-ut ehoi nou» ctrr- a la fcltoiOOOrQ ;
r..ii.is |« la "l Hri ne »oat [•;»»
I lOO*. m fort di'lL.ii. :
(-•■lul-tl 1.1 >- OI...II.
J'Infère <1e *-<• fonle
(.Jfl. I. i.l.i» f..,l. |. ,,M,,r.
r.'e*l l.i peiti : • II. I . i n Pi l" ironlott.
Ll l'unou qOMqUcfob qoolqtiofoil il la dompte;
J ■ » n i pn no "i . "ii-ni
Oui brul.i vi injiMii) puur cinhravM'i %.i dam.',
If ST\TI VIKP, l.t IV MA Ut Dl Jl Pn» H.
I n hlor éê marbre êlall .1 t»e»u
(/n un ».l»lu.iiir rn fil l'eini.l. Ile.
Ou rn fa .. '1.1 il. n ri- ... •
canaOi I
II »rr» dieu mrn.,
Tr.-.n|.U-i. bVOJOlnl fuir* -lr» ty-ux
X.oIj !•- nullfc de U terre.
XM. - LE TRESOR ET LES DEl A HOMMES.
In liomiti.- ■'noaN plu» ni rredil ni nOJMMLKO,
Fig. 00 6ks. — Impression microscopique (Caractères mobiles).
Fables de J. de La Fontaine.
Reproduction de l'original par la photogravure.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 73
mais sur la hauteur ordinaire des caractères de
62 points i/2. A cette époque, le corps de 11 points
était une espèce d'unité de mesure typographique,
comme l'est aujourd'hui le corps de 12 points.
Le La Fontaine est composé plein (il a été composé
par M. J. Lecerf, alors employé dans la fonderie Laurent
et Debemy et, par la suite, maître imprimeur à Rouen) ;
le Gresset est interligné de 1/4 de point.
Les deux caractères qui précèdent, gravés par H. Didot
et Ramé, sont la propriété de MM. Deberny et Cie.
' Le bibliographe-libraire Edwin Tross publiait, il y a
quelques années, une édition : De Imitatione Christi,
Libri Quatuor. Paris, 1858. Impressum typis Guiraudet
et Jouaust, à Paris, avec frontispice Salvator mundi,
gravé sur bois. Titre et 155 pages (38 lignes par page,
hauteur -47mm, largeur 50mm).
Une impression microscopique remarquable a été
faite par l'Oxford-Presse, en 1876 : The Holy Bible,
containing the old and new Testaments : translatée!
out of the Original Tongues and with the former
translations diligently compared and revised. By His
Majesly spécial command. Appointed to be read in
churches. Oxford Printed at the university Press (N° 26
diamant, 2ï""j). Chaque page 2 col. de 70 lignes, hau-
teur H6'"rn, largeur 55mm, et épaisseur du vol. relié
I" '". Le volume pèse 95 grammes.
Parmi Les produits typographiques qui figuraient en
1878 ;i L'Exposition universelle de Paris, la section
italienne comprenait une édition de La Divina
I <li Dante qui est, SOUS l<' rapport <lu formai
et du caractère typographique, un des |>Iu< petits livres
h H)
74 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
du monde; il n'est guère plus grand qu'une breloque de
montre, et on ne peut le lire qu'en employant la loupe.
Déjà, à une exposition antérieure, quelques journaux
mentionnaient qu'une fonderie ou imprimerie de Madrid
exposerait une édition complète du Don Quichotte de
Cervantes, formant trois volumes de l'épaisseur de trois
cahiers de papier à cigarettes; nous n'avons pu décou-
vrir cette édition.
Ce cas toutefois ne s'est pas présenté pour le Dantino
cité plus haut; cette œuvre lilliputienne, qui n'a que le
quart de la grandeur de l'édition Diamant de Barbera,
éditeur à Florence, a été éditée par G. Gnocchi, à
Milan, et imprimée par MM. Salmin frères à Padoue.
Dans sa lettre imprimée*, M. Liugi Salmin réclame
pour la ville de Padoue la priorité de l'impression des
éditions du Dante en caractères microscopiques. M. le
Dr Scartazzini a publié, à ce sujet, dans la Gazette
d'Augsbourg, un travail auquel nous empruntons quel-
ques détails.
« Le caractère fut gravé en 1854 par Antonio Farina,
qui lui donna le nom « L'ochio di mosca ». La fonderie
Corbetta, à Milan, acheta les poinçons et le sieur Gia-
como Gnocchi en commanda une fonte. La composition
a été recommencée à plusieurs reprises, mais aucun
compositeur ni correcteur ne put résistera la fatigue;
presque tous furent affectés d'une maladie des yeux
après y avoir travaillé. Les caractères voyagèrent
pendant plus de vingt ans, d'une imprimerie à l'autre,
sans pouvoir arriver à un résultat d'exécution. Après
la mort du sieur G. Gnocchi, son fils Giovanni
* // Dantino. Rivcndichiamo i nostri diritti. Padova, 7 marzo 1895.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIEME. 75
reprit le projet, et fit, le 1er mars 1875, un traité
avec les frères Salmin, imprimeurs à Padoue, pour
l'impression de cette édition. L'impression dura
cinq ans, ce qui prouve les énormes difficultés aux-
quelles on se heurtait. Le sieur Giuseppe Geche s'était
chargé de la composition, il s'est attiré également
une maladie des yeux; le sieur Luigi Busato en fut
correcteur et le sieur Luigi Baldan, l'imprimeur. Les
caractères ont été anéantis après le tirage, qui a été
fait à 1000 exemplaires*. »
'Comme étant la plus petite édition de Dante connue
jusqu'alors, M. Scartazzini cite celle de Londres, en
- volumes de 574 pages, parue en 1822-1825. Hauteur
8 centimètres: largeur 4 centimètres 1/2. Chaque page
contient 52 versets. La lettre de Galilée : Galileo a
madama Cristina d% Loreno, 1015, composée en carac-
tères microscopiques, mesure 10 millimètres sur G,
■ En comparant entre eux les caractères microscopiques,
_ ivés par Henri Didot, par Laurent et Dcberny et par Antonio
l arina, on reconnaît :
1 Que l'œil <ln Dantino est l<k plus petil des trois, quant au
- I tue l'œil du La Rochefoucauld el autres est plus petit que
l'œil du La Fontaine, quant au bas de casse :
3 Que les capitales -ont de la même dimension dans les trois
• 'ne l;i fonte <ln Dantino étant d'un corps pins forl que
la fonte des autres livres, tandis que l'œil <l<i la lettre est plus
petit, le texte paraît fortement interligné, quoique plein.
Non- négligeons, bien entendu, la question <lu format, dont
l.i notice italienne sur !<• Dantino se préoccupe : !«■ format
• l'un livre peut être d'une exiguïté excessive, Bans que le
carat il petit.
Le principal mérite de l'exécution de ces petits caractères
appartient aui graveurs, h leur travail est d'autan! mieux
apprécié que !<•-. fondeurs ont mis plus de soin à la fonte
-I aussi petites lettres.
76 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
contient 9 lignes et environ 95 à 100 lettres. Ainsi
que le Dantino, elle a été éditée par G. Gnocchi et sort
des presses des frères Salmin à Padoue.
Un ouvrage pratique rentrant, sous tous les rapports,
dans la catégorie des éditions en miniature, c'est : Le
vrai Dictionnaire de poche (français-anglais et anglais-
français), avec les deux parties imprimées sur la môme
page. De nombreux conseils de prononciation et de
tableaux comparatifs des mesures et des monnaies, par
John Bellows (de Glocesler). Revu et corrigé par Aug.
et Alex. Beljame et John Sibree. Printed by John
Bellows, steam Press, Gloucester, from types eut
specially for the work by Miller et Richard, type-
founders to the Oueen, Edinburgh, 1875. 6 feuilles,
xvi et 548 pp.
Imprimé à 2 colonnes avec encadrement rouge;
hauteur de la composition, 99 millimètres, largeur
59 millimètres. L'impression de cette édition a duré
huit ans ; une nouvelle édition vient de paraître dans un
format un peu agrandi et dans laquelle on a espacé un
peu la composition, les pages sont presque de 1 centi-
mètre plus hautes et de 5 millimètres plus larges.
La photogravure donne aujourd'hui le moyen
d'agrandir ou de réduire à volonté les caractères; de
sorte qu'on peut obtenir, par ce moyen, des éditions
microscopiques du type le plus menu qu'il soit possible.
Pendant l'Exposition de 1889, à Paris, M. G. Motteroz a
imprimé, à la machine, deux Guides Conti en format
in-64. L'un d'eux, Paris-Diamant, est une composition
typographique en A et en 5, avec quelques pages de
photogravure; l'autre, Y Exposition en miniature, est
A ON BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 77
la réduction, toute en photogravure, d'un volume in-18
carré en in-64 raisin. Sans doute un livre obtenu par
ce procédé mécanique n'aura jamais la valeur d'une
composition typographique originale, qui se recom-
mande par la difficulté vaincue; mais il lui faut
reconnaître un mérite, bien précieux à notre époque,
celui d'être accessible à toutes les bourses.
En Angleterre, outre les éditions de Pickering que
nous avons citées précédemment, on a aussi publié
des éditions de la Bible et de quelques auteurs classiques
en caractères extrêmement fins. La plus ancienne
édition des Primer or Prymer, en petits caractères,
est celle que cite Lowndes sous ce titre : The Prymer
of Salysbury use, Paris, 1490, in-64, with the fifteen
Oo's and other prayers in english *.
Quelques Bibles anglaises, in-24 et in-52, exécutées
avec des types très fins et très nets, sont mention-
nées par J.-Ch. Brunet dans son Manuel du libraire.
Ajoutons que, pour la Grande-Bretagne, le Shakes-
peare a été le prototype des Éditions Diamant et
Microscopiques.
Le plus petit journal du monde est le Little Sttni-
dard,de Torquay (Angleterre). Il mesure 75 millimètres
«le large sur un peu moins de hauteur. Il est écrit,
imprimé, par M. II. Tockelt, sous les auspices du Dexon
' < .f Lowndes (W. T.). - The Bibliographers' Manual <>(*
English Literature, containing an account of rare, curious, and
useful books, publisbed in, or relating to, Greal Britain and
Ireland, nroni the invention of printing; witb bibliographical
.ni "I critical notices, collations "i Ui«- rarer articles, and 1 1 1 * * |>ric<is
.ii v.iii< h they bave been Bold. New édition, with an appendix
relating t" the books "i literary and Bcientiflc societies by
II. *.. Bonn. London 13 parts m 6 \<»is. s\<».
78 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
County Standard, dont il est l'abrégé. On ne peut le
lire qu'à la loupe*.
Après nous être occupé des impressions micros-
copiques, nous allons donner quelques notes sur la
micrographie.
MICROGRAPHIE ANCIENNE ET MODERNE
Claude Elien parle d'un homme qui, après avoir écrit
un distique en lettres d'or, pouvait le renfermer dans
l'écorce d'un grain de blé. Un autre calligraphe traçait
des vers d'Homère sur un grain de millet. Cicéron, dit
Pline, rapporte avoir vu Y Iliade d'Homère écrite sur
parchemin et pouvant se renfermer dans une coquille
de noix. « In nuce inclusam Iliada Homeri carmen,
in membrana scriptum, tradit Cicero**. » Ce dernier fait
a trouvé bien des incrédules parmi les modernes, malgré
une expérience que fit un jour le savant Huet devant le
dauphin et sa cour, auxquels il démontra qu'un morceau
de vélin, assez mince, de 27 centimètres de haut sur
21 et demi de large, pouvait des deux côtés contenir
environ 15000 vers et se renfermer facilement dans une
coquille de noix de moyenne grandeur. Il suffit
d'admettre, ce que certainement personne ne songera
à contester, que l'on puisse donner à l'écriture le même
* On pourra, sur les éditions on petits caractères, consulter
la très documenter Bibliographie des éditions microscopiques, par
Ch. Nauroy, Paris, Charavay frères, petit in-12. Tiré à
218 exemplaires.
** Cf. Histoire naturelle, § xxi, livre VII. où Pline traite des
phénomènes incroyables de la vue
A ON BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 79
degré de finesse qu'aux plus petits caractères d'impri-
merie. Or, Y Iliade se compose de 15 210 vers, et chaque
vers d'environ 55 lettres: ce qui donne un total de
501950 lettres : si on prend un carré de papier de
455 millimètres de côté, c'est-à-dire de 189 225 millimètres
carrés, le verso et le recto en contiendront le double,
soit 578 450. On trouvera par un calcul très simple
que cette superficie est plus que suffisante pour renfer-
mer Y Iliade entière ; et rien n'est plus facile que de faire
tenir un papier de pareille dimension dans une de ces
noix où, il y a quelques années, les femmes mettaient
leurs gants de bal. Il est bien entendu qu'il n'est pas
nécessaire de faire le moindre usage d'abréviations.
Les calligraphes des temps modernes et les micro-
graphes contemporains ne sont point inférieurs à ceux
de l'antiquité.
On a montré, et l'on montre probablement encore
aujourd'hui, au collège Saint-Jean à Oxford, un croquis
de la tôte de Charles Ier composé de caractères d'écri-
ture qui, vus à une très petite distance, ressemblent à
des effets de burin: les traits de la figure et de la fraise
contiennent les Psa urnes, le Credo et le Pater.
Au British Muséum à Londres, il y a un dessin de la
largeur de la main représentant le portrait de la reine
Anne : des lignes d'écriture sont tracées sur ce dessin,
et 'haque fois qu'on le montre on a soin de faire voir
en même temps un fort volume in-folio dont il renferme
exactement Le contenu.
l'ai vu. dit Ménage, des ligures et des portraits au
naturel, faits de cette manière, comme celui de feu
madame la Dauphine, tirée sur un char, couronnée
80 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
par une Victoire. Il y avait aussi d'autres figures hié-
roglyphiques qui avaient rapport à madame et à
monseigneur. Tout cela formait un tableau en carré
d'un pied et demi ; et ce qui paraissait être fait de traits
et de linéaments ordinaires, ne l'était que de petites
lettres majuscules d'une délicatesse si surprenante,
qu'il n'y avait point de taille-douce qui fût plus belle,
et dans les figures et dans le visage même de madame
la Dauphine, qui était très ressemblant. Enfin, toutes
ces lettres composaient un poème italien de plusieurs
milliers de vers à la louange de cette princesse. L'auteur
était un officier du nonce, le cardinal Ranucci. »
On cite un grand nombre de dessins de ce genre.
Tels sont le portrait du général Kœnigsmark, portrait
renfermant en latin la vie de ce guerrier, et le Christ,
de Pozzo, où on lit la Passion selon saint Jean.
P. Baies, célèbre calligraphe anglais, présenta en
1575, à la reine Elisabeth, une bague dont le chaton,
de la grandeur d'un demi-sou anglais, contenait écrits
d'une manière très lisible le Pater, le Credo, les dix
Commandements, deux courtes prières latines, son
nom, une devise, le jour du mois, l'année de Jésus-
Christ et celle du règne d'Elisabeth.
Il existe à la Bibliothèque impériale de Vienne un
feuillet manuscrit d'environ 58 centimètres de hauteur
sur 44 centimètres de largeur, qui contient sur un
seul côté cinq livres de l'Ancien Testament, savoir :
Rutli, en allemand ; YEcclésiaste, en hébreu ; le Cantique
des Cantiques, en latin; Esther, en syriaque, et le
Deutéronome, en français.
Parmi les manuscrits orientaux d'une valeur inesti-
A ON BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 81
niable, qui sont à la Bibliothèque Nationale, se trouve
un Coran en écriture microscopique du xvue siècle.
Il y a quelques années (en 1892), le journal L'Éclair
institua un concours micrographique*.
« La plupart des envois, lit-on dans ce journal, sont
des cartes postales couvertes. On a choisi d'ordinaire ce
format — quoique toute latitude fût laissée aux concur-
rents — parce que tout le monde sait quelle est la
grandeur d'une carte postale. Mais à l'exécution,
beaucoup furent arrêtés par la nature du papier, qui
met au -bout des fines plumes de désagréables fils.
Certains, cependant, sont parvenus à vaincre cette
difficulté, sans que leur écriture — qui semble à
une courte distance un délicat semis brun sur fond
chamois — en soit en quoi que ce soit altérée.
« Des paresseux ont eu l'ingénieuse idée de couvrir
un fragment de la carte et de faire cette petite règle de
proportion : Etant donné que j'ai mis tant de lettres sur
une surface de tant, j'en eusse mis tant sur la surface
totale. Ce n'était pas de la micrographie, c'était de
l'arithmétique : le jury l'a pensé ainsi, et il a écarté ces
:imens un peu subtils. On se demandera comment
Le jury a pu procéder pour rechercher le vainqueur
d'un concours où la palme revenait à celui qui écrirait
le plus fin. 11 B'est servi d'instruments d'une grande
précision, que la maison Mirand fils a mis gracieu-
semenl à sa disposil i<>u.
« Voyons Le concours des principaux Lauréats. La
devons à l'obligeance de M. Guillaume Sabatier, Direc-
teur de L'Éclair, l'autorisation de présenter à nos lecteurs cinq
g micrographiques choisies parmi celles que la photogra-
vure pouvait reproduire aussi bien qu'il était possible.
i> il
82 CONNAISSANCES NECESSAIRES
grande médaille d'or est échue à M. Caille (de Paris).
Sur une surface plus restreinte que celle d'une carte
postale, il a fait tenir, respectant son « œil », sa forme
typographique, les deux pages de VËclair (fig. 9C2),
avec le portrait, et, comme la matière de ces deux pages
ne lui suffisait pas pour couvrir ce territoire minuscule,
il a emprunté du texte à la troisième page. Ce travail
est d'une netteté irréprochable ; malgré son extrême
finesse, il se lit à l'œil nu. C'est l'une des tentatives les
plus originales et les plus charmantes que le concours
ait inspirées. Six médailles de vermeil ont été distri-
buées. Les titulaires sont d'abord M. Carabeuf (de
Brest). Sur 4 parallélogrammes de 5 centimètres 1/2
sur 9, il a reproduit la délicieuse nouvelle d'About :
les Jumeaux de V Hôtel Corneille, et une biographie du
conteur, soit 16 258 mots et 71 T>00 lettres.
a Mme Camille Chibrac (de Paris) a envoyé une
superbe carte postale; M. Gavois (de Paris) a imité,
avec des encres variées, un émail de Limoges. Les
lettres, par le plus ou moins de leurs pleins et déliés,
forment le modelé d'une gracieuse figurine. Dans la
circonférence d'une pièce de cent sous, M. Carapin a
fait tenir 8 494 lettres et exécuté aux deux encres dans
la perfection un calendrier grand comme le pouce, avec
ses douze mois, ses saints, ses quanlièmes, ses chan-
gements de lune.
« Voici une belle page irréprochable : elle a le format
d'une carte postale. Savez-vous ce qu'on y peut lire?
Le roman de François Coppée : Henriette, soit un
volume de 195 pages comportant 19029 mots... (fig. 93).
M. Albert Gallois, sur une carte postale a fait tenir
Bit
•i:Jii;ii:l ffigga
î
D . L'éekrtr, micrographie exécutée par M. Caille.
Médaille d'or <lu concourt micrographique de L'Éolair.
(OU \M>l i i: Dl i ORIOIN U .1
1 ployé* par le micrographe étanl trei pAle A de certalni
endroll eproducUon m n ent de ce défaut dans l'original,
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A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 85
53 pages in-18 jésus extraites des œuvres de Bufîon,
qui représentent 19 500 mots— ce qui revient à dire
que la moyenne en lettres, par millimètre carré, est
de six lettres un dixième....
« On n'avait pas assigné aux concurrents une
formule et une copie uniformes pour leur permettre
précisément la plus libre fantaisie. Il a semblé que dans
une expérience de ce genre l'imprévu avait son charme.
On lui doit des travaux ravissants qui sont surtout des
petites merveilles dégoût, comme l'envoi de M. Senne,
dé Bordeaux, ou de cet autre qui a fait tenir dans une
pièce de deux sous 60 proverbes et maximes sur la
vanité des biens de ce monde.
« Un concurrent des plus heureux est M. Batteault,
de Bondy, qui dans un parallélogramme de 18 milli-
mètres sur 9 millimètres a fait tenir le Credo, le Pater
et une foule d'explications, « car il avait de la place de
reste ».
« Les idées cocasses foisonnent, mais l'étendue nous
manque pour en parler comme nous le voudrions. Les
concurrents ne savaient sur quoi écrire pour attester
une originalité tranchée. On reçut alors des œufs sur
lesquels on peut lire, par exemple, l'histoire du navi-
gateur qui découvrit l'Amérique, — l'œuf de Colomb,
quoil des aoyaux de pêche qui racontent des légendes;
des noyaux de cerise presque aussi lettrés. Et si le
moindre grain de nul faisait mieux votre affaire, vous
n'auriez plus ik-ii ;i souhaiter, car il y en a, à ce concours,
à revendre, qui sont savants comme <!<•- livres. Si.
p.'uïoi-. !'■- concurrents écrivenl sur les noyaux,
oVautres fois ils insérenl <l<'<l.-ms «les banderolles —
86 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
ainsi en sept grains de millet étaient les sept eonplets
de la Marseillaise. « Permettez-moi, nous dit un concur-
rent, de vous adresser copie des articles ci-après :
un de Mme Séverine, un de Tolstoï, deux politiques,
cinq hommes et une femme du jour; les noms de tous
les sénateurs et députés. » Et il ajoute : « Toute cette
copie, «71 088 lettres, est renfermée dans une petite
noisette des bois. » Un des concurrents s'est dit qu'il
était banal d'écrire sur le champ du papier: savez-vous
ce qu'il a fait? Il a écrit sur la tranche. » Et, comble
des combles: case lit! Mais le vertige vous vient comme
il est venu au jury. A certain moment, les têtes des
membres qui le composaient menaçaient de se révolter.
Ce fut alors que sur une toute petite enveloppe, tombée
de Lilliput, on trouva... quoi? Une aile de mouche, sur
laquelle un patient micrographe avait tracé quelques
mots de bienvenue! Ils ont mérité, ceux-là, convenez-
en, les très belles médailles d'or, de vermeil, d'argent,
de bronze, et les superbes diplômes que l'Eclair leur a
largement distribués. Les médailles sont aussi des
bijoux; elles pourront se porter à la chaîne de montre.
Elles seront pour leurs glorieux possesseurs un témoi-
gnage de goût, d'application et de patience. »
Le choix des formats, leur convenance, leur mise en
harmonie avec l'ouvrage que le volume renferme, ont
été judicieusement remarqués par Berlioud-Mermet *.
« De quoi ne s'est-on pas avisé, écrivait-il, pour faire
du nouveau, du merveilleux, et pour exciter la curiosité
* De la Bibliomanie. A la Haye, M.DCC.LXI, in-12.
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ig. 95. — Surface d'une cuir postale. 8514 mois, extraits des Misérables, de Victor Hugo.
Moyenne par centimètre carré : 68 mots 2/3.
cre employée par le micrographe étant 1res pâle à de certains endroits, notre7reproduclion
se ressent de ce défaut dans l'original.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 89
publique? On a imaginé d'employer à l'impression de
quelques livres choisis des caractères si menus que
leur aspect offense les yeux, et qu'on ne sauroit les lire
longtemps sans risquer de perdre la vue : caractères si
délicats qu'ils ne peuvent soutenir l'effort de la presse.
Par cette raison, les éditions ont été réduites à un petit
nombre d'exemplaires devenus rares et chers*.
« Le goût des extrêmes s'est jeté du petit au grand **.
On imprime en plusieurs tomes in-folio des livres que
nous avions vu de tout temps sous la forme d'un seul
volume in-12 ou in-2-i. L'Imitation de Jésus-Christ,
imprimée au Louvre en grand format et en gros
caractères, est une pure curiosité de cabinet. Je ne
* Phœdri Fabulœ et Pub. Syrii Sententix. Parisiis, e Typogra-
phia Regia, 1729. in-52. Quint. Horatii Flac. opéra. E. Typ. Reg.,
17". in-32. M. Tul. Ciceronis de Amicitia dialogus. Parisiis,
Bauche, 1750, in-52. M. Tul. Ciceronis Cato major, Parisiis,
Barbou, 1758, in-32.
** Cf. /.'- (ivre et la petite bibliothèque d'amateur, par Gustave
Moup.avit. Paris, Auguste Aubry, 1809, in-12. « Il serait curieux
de suivre, 'lui- les variations du format des livres, les change-
ments et le caractère du goût du public bibliophile à diverses
époques: voilà matière à un chapitre neuf et instructif sur
['amour de- livre-. On y verrai! le petit in-octavo, plein de cette
légance qu'aime l'étude sérieuse, régner, sous l'inspi-
ration des Aide el des ( îryphe, durant le xvie siècle; puis, lorsque
la passion cherche dans l'exiguïté du volume la possibilité de
multiplier ses richesses, les petits formats épuiser, au profit
d'un amour encore sincère, toutes ces séductions de la
coquetterie el de la grâce dont, le tvit siècle vil les Efzevier
Assurer le triomphe. Le wm siècle, frivole et blasé, laissa
nonchalamment tramer sur ses meubles l'in-douze agrandi et
alourdi, trop me-, juin pour figurer avec honneur dans une biblio-
thèque] trop disgracieux el incommode pour être un compagnon
assidu el le favori de l'intimité : piètre produit, dont les tranches
rouges el la livrée uniforme inspirent l'ennui et le dégoût qui
semblent avoir présidé à son Invention. ■
n 12
90 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
crois pas que personne fasse sa lecture de piété dans
un livre si monstrueusement grossi, et qui, pour la
commodité des lecteurs, devoit rester dans le rang des
petits manuels. Le recueil des fables de La Fontaine,
destiné à être mis entre les mains de la jeunesse, n'a-
vait d'abord paru qu'en un volume de petit format;
mais l'amour de la singularité et de la magnificence en
a fait exécuter une nouvelle édition de l'étendue de
quatre grands volumes in-folio, où l'art a si curieuse
ment travaillé que l'acquisition en est interdite à beau-
coup de gens. Le mérite de cet ouvrage étoit trop
connu ; cette métamorphose gigantesque n'a rien
ajouté à la réputation de l'auteur, ni à l'estime que ses
écrits lui ont justement acquise.
Fig. 96. — Micrographie. La Marseillaise.
(GRANDEUR DE L'OMGINAL.)
GXLTrtr
ra*itifotftDlnttD*pam
omtnpottd.î unirait *fpa
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omnia fecula feculoai 2lmcnOrcmi5i)itc€ptiô
Fig. 97. — Exemple de Folio (xve siècle) tiré du Liber Missalis.
In civitate Babenbergensi impressus, 1481.
DU COLLATIONNEMENT DES LIVRES
DE LA MANIÈRE DE PROCÉDER A CETTE OPÉRATION
SES DIFFICULTÉS — SES RÉSULTATS
Les libraires et les bibliophiles se rendent quel-
quefois acquéreurs d'un ouvrage dont certaines pages
sont transposées, les cahiers ne se trouvent plus à leur
place, c'est-à-dire que pour un in-4°, les périodes de
8 pages ne concordent plus, après la page 8 on se
trouve en présence de la page chiffrée M au lieu de
la page 9; dans l'in-80, si la feuille est en un seul
cahier, cea faits se reproduisenl avec une périodicité
de 16 pages. Comment pareille chose peut-elle se pro-
duire?toul simplement par une distraction de l'ouvrier
brocheur. An moment de l'assemblage, ayant 1rs feuilles
étalées les unes à côté des autres, par paquets égaux
.•m nombre de feuilles devant former un volume, il
92 CONNAISSANCES NECESSAIRES
suffit que la personne chargée de ce travail oublie un
paquet et prenne deux feuilles sur le paquet suivant;
il en résultera qu'un exemplaire aura deux fois la même
feuille et sera incomplet d'une autre. Pour les ouvrages
récents, l'erreur est réparable ; l'acquéreur n'aura qu'à
faire demander par son libraire la feuille manquante
(en spécifiant bien la signature ou les pages extrêmes),
et quelques jours après il recevra le défet, ainsi s'ap-
pelle toute feuille remplacée après coup.
En parcourant un exemplaire, en le vérifiant et en
constatant qu'il y manquait des pages, l'amateur ou le
libraire auront simplement collationné ce livre, dans
le sens le plus large du mot*. Ainsi donc, le collation-
nement consiste à vérifier un ouvrage pour savoir s'il
est absolument complet et en bon état de propreté. Il
doit être examiné cahier par cahier, feuille par feuille
et môme page par page. On s'assurera si les cahiers
suivent bien l'ordre des signatures, si les planches,
lorsque l'ouvrage doit en avoir, ne manquent pas, sont
en bon état de tirage et bien à leur place**.
Cette opération est d'une importance plus grande pour
* L'Harmonie étymologique des langues, où se démonstre évi-
demment, par plusieurs antiquitez curieusement recherchées,
que toutes les langues sont descendues de l'hébraïque, par
Estienne Guichart, Paris, 1618, petit in-8, est un livre curieux
et raie, offrant une particularité assez singulière dans sa pagi-
nation, qui saute sans motif et sans qu'il manque rien à
l'ouvrage, <1<* la page 480 à la page 600.
Dans l'édition du Traité de la Peinture, par Léonard de
Vinci, Paris, P. -F. Giffart, 1716, in-12, on remarque, entre la
page vin et la page xi\',une lacune qui ne peut être qu'une im-
perfection de l'édition; car elle existe dans tous les exemplaires,
du moins dans tous ceux que nous avons collationnés.
** Un volume fort rare: (lent cinquante-sept estampes repré-
sentant les troubles et massacres occasionnés par les guerres
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE TROISIÈME. 93
le relieur; il importe que ce travail soit bien fait, qu'il
ne manque ni planches, ni tables à un volume, que les
titres soient bien ceux du livre, que tous les fascicules
d'un ouvrage s'y trouvent. Généralement, le relieur
procède deux fois au collationnement des ouvrages,
d'abord lorsqu'il les découd et en second lieu lorsque
les cahiers ont été battus, les planches mises à leurs
places et le livre prêt à être cousu.
En ce qui concerne les livres anciens, le libraire
doit les collationner; non seulement afin de pouvoir
garantir leur état complet, mais encore pour être cer-
tain qu'ils sont en bon état *.
Par la collation on s'assure que l'ouvrage est com-
plet, et qu'il n'a ni transposition, ni taches, ni piqûres
de vers, ni déchirures, enfin qu'il n'y existe aucune
de religion dans le xvie siècle tant en France qu'en Belgique
et t-n Hollande, in-fol. oblong, se compose de plus ou moins
d'estampes. Ce recueil doit être de 380 planches, et les numéros
d'ordre de 1 à 580 que portent les estampes indiquent un tirage
inférieur, tandis que dans les exemplaires du premier tirage,
qui a été publié par séries, les numéros recommencent plu-
sieurs fois comme pour des publications séparées.
* Un livre est en mauvais état : 1° lorsque le titre ou
quelques feuillets manquent; 2° lorsqu'un feuillet est en partie
déchiré, de manière qu'une portion de l'impression, quelque
■ qu'elle soit, .-iii été emportée; 3° Lorsqu'il a été tellement
rogné m1"' ''' texte esl endommagé; ■'«•" lorsqu'il est piqué de
vers, surtout dans le texte; 5 lorsqu'il s'y trouve des taches
d'huile, de graisse, de tabac, etc.; ft* Lorsqu'il est mouillé <>u
attaqué de moisissui il y a une transposition dans les
cahiers, quoique ii *• r i ne manque, parce qu'on est obligé de
sacrifier la reliure pour la rétablir, ce qui diminue la grandeur
marges; v lorsque dans un exemplaire en grand papier,
on trouve quelques feuillets en petil papier, ou bien un cahier
de papier ordinaire; '•'- lorsque Les notes marginales el Les
soulignures, soit au crajpn, soit à l'encre] onl été atteintes par
le couteau du relieur.
94 CONNAISSANCES NECESSAIRES
imperfection qui puisse en diminuer la valeur. Il y a
lieu d'examiner aussi s'il n'y a pas de feuilles déplacées,
si toutes les gravures s'y trouvent, si les cartes et les
grandes feuilles sont toutes montées sur onglets et
pliées de manière que l'on puisse les développer avec
facilité et sans risquer de les déchirer*.
Parmi les différentes manières de collationner un
livre, la plus usitée est celle qui se fait par le moyen
des signatures et des chiffres de pagination**. Mais
pour éviter toute méprise, surtout en ce qui concerne
les livres anciens, on doit consulter la réclame***.
Pour ce genre de collationnement, on le fait plus
commodément en mettant le livre à plat sur une table,
• Les Soupes drolatujves de Pautagrvel, ou sont contenues
plusieurs figures de l'inuention de maistre François Rabelais,
et dernière œuurc d'iceluy, pour la récréation des bons esprits.
A Paris, par Richard Breton, m.o.lxv, pet. in-8, est fort difficile
à trouver complet. Ce petit volume a des signatures de A à G
par S. La signature G est double; mais dans l'exemplaire de la
Bibliothèque nationale, ce dernier cahier n'a que 7 feuillets,
ce qui réduit le nombre des planches à 118 au lieu de 1*20 que
contiennent les exemplaires complets. Ces planches grotesques
gravées sur bois sont imprimées des deux côté- des feuillets,
et sans texte. Les trois premiers feuillets sont occupés par le
titre et par l'épitre Au lecteur salut. Rabelais, dont ce livre porte
le nom, n'y a aucune part, mais ses ouvrages en ont donné l'idée.
** Selon La Serna Santander, les chiffres de pagination ne
datent que de 1471, puisqu'ils se voient pour la première fois,
disait-il. dans le Liber de rcmediis utriusque fortuuœ (non pas
celui de Pétrarque, mais celui d'Adrien le Chartreux). Colonise,
Arn. Thcrlwernen, 1471, die octava Februari, in-4°. Malgré cette
assertion, cet ouvrage n'a plus l'autorité pour les chiffres puis-
qu'on en a trouvé un autre du même imprimeur, également
chiffré et publié à Cologne en 1470, intitulé Sermo prsedicabilis
in festo prxscntationis beatissimx Marix, Per inipressionem mul-
tiplicatus, sub hoc currente armo M°CCCC° LXX°, petit in-4° com-
posé de lk2 feuillets et de 27 lignes à la page.
*** L'une et l'autre de ces deux méthodes ne sont pas toujours
suffisantes pour s'assurer si un ouvrage qui a paru complet,
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1 entablement <iu type e( les figures supérieures.
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cf ^œnfffc in to £nglptti* bp ttipUtam Cayûm
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Çotb fe ifcae (uBfgff/ttTgfs/and &*«* «) <3«KB/not fcae
*fto £rope tQe'goaunt »») a $ottnw namety Tlmoneo /
IbÇicfc tbae o nongc ofÇft oçff oiTtety anty cupttc fÇapeî)/ ^far
fljœt nccfce j attfe&K&ty/gwfc &Cp/ grctc Ceggee/anty Catge
fée*/ 21 no? pet tÇat tbÇicQ? tbas Ujerfc fr tbae DomBE/an^ <*>uoç
tiot fpe3e/6ut not BntÇtfoti^ng aC t^io & fctt> o gœfr tbpffr @
Xbae gtcfcCp 2Jngen£oue/fu6teœ tij mu^aaottc / 2ln&? 3o *
(£S$is $if*oîp«»nfrçîte$/£)olb 0? epeufeo te>»> of t6ût tbas
Tmtfîty fc ^/tÇatfcfWo fraie ««9 * fe32«* °f 9** toto
a i*
Fig. 99. — Exemple de Folio (xv* siècle), tiré de JEsops Fables.
Imprimé par Caxton, 1483.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE TROISIÈME. 97
et on se sert de la pointe d'une aiguille, d'un canif ou
d'un poinçon. On tient la pointe de la main droite et le
livre sous la gauche; et, piquant très légèrement le
coin du bas et à droite d'une feuille, on lève chaque
fois les feuillets de chaque cahier qui portent des
signatures commençant par la lettre A ou le chiffre 1.
Quand on ne voit plus de signature, on tourne les
feuillets, on renverse le cahier à gauche, mettant
toujours la bonne lettre contre la table et la dernière
page de la feuille à découvert. On fait la même
opération sur la feuille suivante qui est signaturée B
ou 2, et on continue ainsi jusqu'à la dernière feuille.
On vérifie le collationnement au moyen des chiffres qui
se trouvent en haut des pages*. Cette façon de colla-
tionner un livre, au moyen d'une pointe quelconque,
est la plus expéditive; et, avec un peu d'habitude, on
peut arriver au collationnement d'un ouvrage de plu-
sieurs feuilles en peu de temps. Le collationnement
d'un ouvrage exige plus que des notions générales
l'est réellement. Dans un ouvrage de plusieurs tomes, dans l'in-
quarto, par exemple, la signature A ou 1 finit à la page 8, celle
Fi ou 2 commence à la page 9, et ainsi de suite jusqu'à la fin;
or, la môme signature porte aussi les mêmes chiffres de pagina-
tion dans lefl tomes suivants, et si, par hasard, un relieur a mis
un cahier d'un tome dans un autre, et que ce soit la même lettre
paraissant devoir occuper cette place, alors il devient difficile
ollationner. Pour obviera cet inconvénient, les imprimeurs
contemporains ajoutent, vis-à-vis la signature de la feuille, le
numéro du tome, ai l'ouvrage est divisé en plusieurs tomes.
* En consultant l'ouvrage de Lairb, Index librorum ah inventa
typograptda adatmum 1500, que non- avons cité dans le cha-
précédent, non- avons remarqué que le cahier P était pa-
par erreur 585 ;■ 540 au lieu de 225 à 240, el les pages 242
el 243, 240 el 247, 250 el 257, 254 et 255 du cahier Q sent aussi
par erreur, 542, 543, etc. On voit que le collationnement,
pai i itures el par les folios, est nécessaire.
Il 17,
98 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
sur le livre ; il faut avoir de grandes connaissances en
bibliographie, et dans la technique du livre, pour juger
une bonne collation ou la faire soi-même.
La connaissance du livre à toutes les époques est
indispensable; la forme des caractères employés à
l'origine de l'imprimerie doit être bien étudiée, pour
contrôler les erreurs qui se commettraient en intercalant
dans un exemplaire des cahiers d'un autre, et aussi pour
se mettre en garde contre des exemplaires complétés
au moyen de reproductions artificielles par les procédés
héliographiques ou anastasiques*.
Dans la collation des livres modernes, c'est-à-dire
pour ceux compris depuis le xvie siècle jusqu'à nos jours,
on s'attachera plus particulièrement aux signes suivants :
1° la signature; 2° la réclame ; 3° la pagination et enfin
la tomaison et les tables de matières.
Pour les incunables, dont la difficulté de collation
est réelle, il faut consulter soigneusement le registre
ainsi que les catalogues spéciaux, s'assurer de la
description du môme ouvrage et alors seulement pro-
céder à une vérification plus complète. Si l'on peut se
procurer un autre exemplaire dont le collationnement
* La reproduction de feuillets anciens, manuscrits ou impri-
més, se l'ait de nos jours, avec une habileté extrême. On pourra
juger du résultat obtenu en examinant le fac-similé d'un cahier
original de Léonard de Vinci que nous avons reproduit dans
la publication que nous en avons faite sous ce titre : / ma-
noscritli di Leonardo da Vinci. Codice sul volo degli uccelli e
varie altre materie. Publicato da Teodoro Sabaciinikoff
Trascrizionc e note di Giovanni Piumati. Traduzione in lingua
franccse di Carlo Ràvàisson-Mollien. Parigi, Edoardo
Rouveyre, editore. MDCCCXCIII. Accompagné de la reproduction
fac-similé du manuscrit original.
Nous ne croyons pas qu'un semblable résultat de reproduc-
tion en fac-similé ait été obtenu jusqu'à ce jour.
oemertt
23lat xxxix
Carys bie romglicb vttô bobbertimbt fiât ber ©allier m f>em.@cnom|cl)eîdaîiî> gelegcn t)f.t nacb ber <Ero'
yanifct>ai mbcrlag irn r.nf.ing rççbabt.bann t>o pana ber troyaner mit JÏnca aug «troya roictye rnnb mit'
f împt J rancone bccto.'is fiin in (gafltâm ;<jbc 60 |cn,ct|cr ficb bey bem rlufs Qcquane gâtant mber rnb macbet
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çt«cir gerconet bet b* rvarbt es tcdrfcb Jbci bo bas comifcb rcicb trucbfè-bo nome -*ucb ^ranaa ju. 2l!lep-bas
(cbiec boa ganrj (Baika vnb an grofler tcyl tcûtfcbcr lanb von ban pirrem|cbcn gçpirg bis $h cnb bes pannora'
feben Umbs ^'ranaa gênant tracbt. ban ailes bas bas rntibcrbcn>francicrnTPas.ba8 warb ^rartaa gem*nt.
vii bafjelb jrâcia iras m jircy teyl gctftlt.batî (Sallia hicg ôas ocaôcnti|cb 08 bmberfrancf rcicb- X>n (Scrmatna
èas o:;crtn|cb oàa rorber ftancf rcicb Cfecr Jrcancf cnlaiO.Gifs rolct b^t rnber >em groffen Karl 6as rémifclj
rreb rcr^icm. 8 ban ben bab|t!ictxn (rtiU>cc mit bem S.ampcrti|cbcn tncg lang bcEUmcrt warbt, getr«J(let bat.
X)l \~:nb bic u'JUtn ùas*aUem bi/bu rmb pairs troncn J'cana feyen.rnb ôcnfclben bas r^mtfcb rcicb gegeben
firy n?ot^rn 2lba btefelbcrrbapî man billicber j'ranagcnas.als ^rançofen m ^rancfreicb gepom. 3" bifcr |îatt
l)abcn b:c f onig vd $ot irfï u ojtvno rcoramg gebaiteit rnb fie bamit grofj rnb mccbtig gemacbt. X)nb Karolns
ber grog bat nacb cmpfagung femer Eoiferlicben fron bcrfclbcn fiât ron irer ïpolgclcgenbeit tpegen an gememe
bob<rc^u' c"tt rômifcbmautTgmcbtet.rnronbiomfio2lnopagtt«6cm23iftbof7.bcrroruî>êapo(teIn6afèlb|ï
bm mifampt Bai(tico rnb l£laîtcno ron pjebigens u'egen gefenbet rt?ai;b}<>a3 bcAg nvangeliu Cnfîi cmpfan-'
gen bat. 5>a|*db|t bat aucb fanb î>iomCus biehïonber martet er(rnttê.î?ifèaUerbcrumb(î pati|îgcjio etmir b<
^cilligrhu? Barhilfciô ber t imgm.rnb 2ln'ea Ça: tuncffraTPtn rnb anexr rtl-martret. Parya
! ■ ' Exemple de Folio (xv slècU i, tiré de le Chronique
<!■: fifvrenberg. (Édition allemande.)
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€ ne n goeben ejreriïjiel te geuen tfc&
ter tch feuenbe oubc roil o mmnenbe
Gel leren Die contt Die o in roc nbicb efi
mt roebic h mit en nootruf neb 10 baet
gbi mebe gbeQoert moecbt roerben
oat oleuen ben gulben tbîcenmacb
ébienenbeoeroigbenleuena feant
note mael oc cl goeto efi oeel quaetf
ontfpmigbct enbe gegeuenroert oâ
quabengbcbacbtenefiroocrben.erî
bat baer toe bo:et oat fe er ceci io foe
rmf
tominncnbefleUeet noorrnfticbbs
gbi gb cclMiUe Dingc baer m roc l be
Cet baer o m bat gbi toecomenbe fea*
bebeo tebet ontlopenenbeontuliè"
mogbet ïatfeptteojiimuototter
ionctrouroenbcmctriabco jlforoat
gbi o feamet te teggê" bat felbi o oc eu
feamen te beneben eH een Met e fi il
coleomen gberoocntbeit boubê bat
uroe moet oliticb 6 eH roafcenbc eîi be
fcoebicb boegbinjelbebeiiuen mo-
gbet alfulcHe gbebacbten .rock men
bebouben fel .of roelcU men oerroer*
penfel JÉ>f ceb terbatgbi quabegbe
oacbten ocrb: iuet en goebe gebacb*
cen natte bel; eut roant be nch en 10 ce"
ocrfp:ôc enbe begbinfel aire baben
enbe oec bo fer fonben . <£n roat goeti
of qu abc r mer Va en pm me r me er g be
oaen roerben bat roerr nocr omfan*
gben mrj beco:ingben ber gbebacb'
t c n . 2la e r 0 m raet 0 us cefanug rua-»
nngbe eH fpieect flDi (eîlen acnuaen
goebe gc bac b t'en tcbebbcn en te mi
nenfoe roerben roi oerlebicbtoanbi
bofen gbebacbten bieono aen rooet
tien enbe aen roereben aen fiel en aen
Ipf gbefeaben mogben roant no ope
gbebacbten fnn een ocrfp?oncb enbe
een faecb oan oele goeto eH quaeto.
rti boer npemât in befer tnt can notb
enmacblebicbttaen #oeleeticfeui
De oubr 0 minnëbe fiel boe gbi in al-
len gbebacbten boubê felt efi roelc 0
goct fpn of feabelic û)n wèt te 10 gbe
ne bine foe goet gbi en moecbt baer
quaetrotDencbeneff fonbelibegbe-
oacbten baer rot trec'i? efi mahen en
oe \)w roife comen oâ bec roifeben 5*
Fig. 101. — Exemple de Folio (xv siècle), placé au bas de la page
en regard de la signature, tiré de : De Boec des Gulden Throens.
Imprime à Ilaarlem, en 148i.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE TROISIÈME. 101
a été fait, on possédera une garantie plus grande de
sécurité après avoir vérifié sur le texte même. La colla-
tion des ouvrages porte sur les cas suivants :
1° COLLATIONNEMENT O'UN OUVRAGE SIMPLE EN UN SEUL VOLUME.
Il n'existe aucune difficulté si l'ouvrage est moderne ;
on peut voir par les folios et les signatures si les pages
et les cahiers se suivent bien, et si le titre et les tables
se trouvent à leur place.
2° COLLATIONNEMENT DES OUVRAGES EN DEUX
OU PLUSIEURS VOLUMES.
Les anciens ouvrages en deux ou plusieurs volumes
doivent être examinés au point de vue de la signature
d'abord, de la pagination ensuite; enfin, pour les livres
rares et précieux, au bas de chaque cahier il faut
s'assurer si la réclame concorde avec le premier mot,
ou avec la fin d'un mot, commençant à la page suivante.
De nos jours, ainsi que nous l'avons mentionné plus
haut, les imprimeurs mettent en ligne de queue à la
première page d'un cahier et à côté de la signature, un
chiffre désignant la tomaison. Exemples : Tome 1(1... 1).
Tome II (II... 1).
5° COLLATIONNEMENT DES OUVRAGES EN FASCICULES-
La difficulté de vérifier ces sortes d'ouvrages est
presque la même que pour ceux du précédent para-
graphe*. Comme ces sortes d'ouvrages sont de publi-
cation récente, L'imprimeur ajoute presque toujours
■ La collection complète <!<• La Caricature, par exemple, n'est
complète qu'avec 251 numéro*, i novembre 1830, 21 aoùt1N7>5;
li Bibliographie det livret illuitréi du xix- siècle, par .Ii les
Brivois, Parte; Librairie L. Conquet, 1883, in— 8, en donne la liste,
gravures, et contient de longs détails Bur cette publication.
102 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
l'indication du fascicule dans l'angle gauche, en haut
ou en bas, de la première page du cahier.
4* COLLATIONNEMENT DES OUVRAGES A GRAVURES.
Les ouvrages qui doivent être ornés de figures deman-
dent une grande attention, parce que ces figures sont
susceptibles de diverses modifications, soit quant au
nombre, soit quant à la qualité*. Quant au nombre,
parce qu'il serait possible qu'on en eût égaré quel-
ques-unes qui n'auraient paru qu'après l'ouvrage ter-
miné et livré; quant à la qualité, parce qu'elle consiste
dans des épreuves qui sont avant la lettre, sur chine ou
sur autre papier, ou du moins en premières épreuves,
avec les remarques qui servent à les distinguer. Ces
remarques feront l'objet du chapitre neuvième de notre
travail : De la gravure et de ses états.
Il est nécessaire de connaître le nombre de figures
qui enrichissent un ouvrage, ainsi que l'endroit où elles
doivent être placées ** ; il faut les examiner et les
compter; il faut surtout prendre garde qu'il ne s'en
* Comme exemple de la difficulté du collationnement des
ouvrages à gravures, nous citerons le Recueil de 285 estampes,
gravées à l'eau-forte par les plus habiles artistes du temps,
d'après les dessins des grands maîtres, que possédait autrefois
M. Jabach. et qui sont au cabinet du roi (sans date), in-fol. obi.
Ce recueil est formé de la réunion des planches qu'avait fait
graver M. Jabach, il a d'abord paru en 5 cahiers de 49 estampes
chacun, suivis d'un Gp. composé de 51 estampes. Les épreuves
distribuées du vivant de Jabach sont sans numéros et sans
lettres.
** Par exemple : VOrJando furioso adornato di fig. di rame da
Gir. Porro, de l'Arioste, Venetia, 1584, où la figure du 54' chant
manque presque toujours; mais, pour masquer ce défaut, on a
mis à sa place celle d'un autre chant. Dans d'autres ouvrages,
il y a des figures qui doivent être doubles, ou du moins, porter
les remarques qui indiquent que ce sont des premières épreuves.
Itbef gecumïus
LXl
Acte
njtaruo
I ruœ'ït ;
8. Mirt
.îttrajird
jlum va>
*if ¥Hd»^>\^^ lu . ^u) d
ftcat Ipa* :tgrtn c quo
fydor rcna/n'Ir. hoc aât
lawcauanrur cuiruram
»gn conhaq oini arbon
CMMRntn «Jcfocdû
*V»plra. vitt» quoc« ar
bof» dicar vt n« Sa»
©mi» in vnguè jjbonb*
pofeti fec'to va limier
J IÉM A ^ -'H'fjuorj
Ircundi vaaimmi» arpji
IMCMn eanntrnbuipacrr Vdrur po«a abagrorum
ccrprni.poftea v>oum.dr*xorrtw fcnbm» a p.
panin vbioVvinum arborumq, culrura» Eroolphum
^WtimKnranpnnxjmociiff. JniniDrrfamtttdocuii.
•Wl^aotuïpowirft curarrrvr frQnrn luîn imnp
fa
pubbï Virgflfj Maronis
G cor.Libcr Sccundus,
•Ait laduyar*nt ; Hic vtt
ro vi i don p i cet vht colo '
te Rheronco : quâ cranfta
Boncmappc3anti quo fa
ak hn qujdi&a funr: ea
qufdsaidï rrfcamadnc
ctunrur. In pccdcnci t%i
tur Libre. & amorti eut'
tu : cVa c*j ad raoonrm
fydtnmi pnnerêt dderu
Pvunctcbacchecanam.'qcc pferaL Nunc quod ftcun
do loto dix propof tient
non (ylucftria cecum aptk« : fente vimuq»
actenusaruop
cultuS :ct fydera cedù
id/ungrte vue» xc. .
m Ha<ftm». S- vtmuld
vohit eft vnaparfoiôrm
et ertadaerbiu fignihcî»
h jrufqj-a.'i/ dea» £*e» rf Voltït.et adwxbiîrvt fit • «nu»
haclîcut Ourutn'arncropakar* poidêt:fedmcbveft
vni accipx-gwoiat6nl«,hacVnuJ. A.tUrten'.ctclni.f.dt
rrum Mrfozeugm».
b tydera codi.S.ptconafmoi.necentm funeaiibicnn
corlo fydrra.A. Wonnafmm.eft '" dj(Tj6ecorU:(d dtfta
pralnldannadequa latcfrabius libre ix. < t~eb»c«
Ck. It K.iiiuctott^) viwb'' pofuicdcqmbui Girrxodtai
1 V
1 -' Exemple de ] olio (commencement du xvr siècle), lire de
Fuetfi i tfaronii 6«or. Liber Secandus,
Imprimi i Btratboarg, en 1o02.
tffo.e*pf.
PB
e
flmepitflanvfixebieuteeQMtïes s—jErbamcaau*
fce&ffea ententiwa ma pfainte et dament CA rit>«w perape
m. u.
Fi#. 103.— Exemple de Folio (x\T siècle), tiré des Heures de Notre-Dame,
traduites en vers par Pierre Gringoire, 1525.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE TROISIÈME. 105
trouve quelqu'une répétée à la place de celle qui doit
s'y trouver, ce qui arrive quelquefois.
Ces figures peuvent encore être tirées en couleur, ou
bien coloriées à la main, comme dans la plupart des
ouvrages sur l'histoire naturelle : dans tous ces cas, il
est nécessaire d'apporter une grande attention, pour
éviter toute surprise, soit dans la défectuosité des
gravures, soit dans leur absence.
5° COLLATIONNEMENT DES OUVRAGES NON ACHEVÉS.
On a deux ressources dans ce cas ; l'une, de colla-
tionner avec un exemplaire, qui a été reconnu complet,
renfermant bien exactement tout ce qui a paru de l'ou-
vrage; et l'autre, au moyen des bibliographies spéciales
dans lesquelles on peut en trouver une description.
6° COLLATIONNEMENT DES OUVRAGES DÉTACHÉS
OU DE MONOGRAPHIES DONT L'ENSEMBLE FORME UN TOUT.
Il y a des ouvrages composés de pièces différentes,
de monographies partielles imprimées dans un format
identique, sur môme papier, mais avec une pagination
et des signatures différentes*; ces ouvrages sont très
difficiles à collationner, à moins que l'on ait des rensei-
* Parmi ces ouvrages, on peut citer : Historiœ sive synopsis
meth mchyliorum, quorum omnium pictura ad vivum deli-
' exhibetur, Libri IV, cum appendicibus, auct. (Martinus) Lister.
Londini, 1685-1605, petit in-fol. — Harmonie universelle, contenant
la théorie et la pratique de la musique, où il est traité de la
nature dea Bona et des mouvements, des consonnances, des
diaaonancefl des _<nres, des modes, de la composition, de la
voix, dea chanta et de toutea aortes d'instruments harmoniques,
pai Marin Ifaraenne. Paria, Sébastien Cramoisy, ou Richard
Chariemagne ou Pierre Baltard, ] »;">»)- 1657, 'i tomes in-fol., fig., etc.
La dénomination dea grandi c\. des petite voyaget dont voici
la titre I peregrinationum m [ndiam orientalem et
m Indiam occidentalem, xxv partibua comprenons®, etc. cum
Qgurifl eeneia fratrum de Bryet Iferiani. i rancofurti ad Mœnum,
.. 14
106 CONNAISSANCES NECESSAIRES
gnements positifs sur l'ordre d'assemblage par rapport
au temps où ils ont été composés ou aux matières dont
ils traitent ; ou ce qui vaut mieux, un exemplaire com-
plet du même livre. Cependant, comme il n'est pas
toujours possible de vérifier sur un second exemplaire,
on peut consulter une bibliographie détaillée de ces
sortes d'ouvrages : J.-Ch. Brune t et Graese pour les
ouvrages anciens, Lorenz, Louandre et Bourquelot pour
les ouvrages récents. Il existe des bibliographies
étrangères qui peuvent rendre les mêmes services.
Il n'est pas très facile de collationner les ouvrages
de certains auteurs, qui ont composé un grand nombre
de pièces peu volumineuses sur diverses matières,
lesquelles ont été imprimées à des époques éloi-
gnées l'une de l'autre*.
7° COLLATIONNEMENT DES OUVRAGES CARTONNÉS.
Une autre espèce d'ouvrages, bien plus difficile à
collationner, est celle dans laquelle se trouvent des
cartons,** et qui doivent, pour être complets, contenir
typis Jo.Wecheli, sumptibus veroTheod. deBry, 1590-1634, 25 par-
ties in-fol. fig., ne consiste que dans la différence du format qui
est plus grand pour les Indes occidentales et plus petit pour
les Indes orientales.
* Tels sont ceux de Catharinot, de Bernard, de Bluet d'Ar-
beres, qui prenait le titre de Comte de Permission, et de quel-
ques autres originaux ejusdem farinse, dont les productions sont
difficiles à trouver complètes. Nous citerons encore comme
exemple, le volume : Opère di Giulio Cesare Cortese in lingua
napoletana. Napoli, 16GG, in-ll2. Édition la plus complète des
oeuvres de ce poète, qui sont écrites en dialecte napolitain et
dans laquelle on trouve : la Rosa, favola, une des meilleures
pièces de ce genre qu'ait produites l'Italie; la Vaiasseide, poema
hcroïco, et plusieurs autres petits poèmes qui ont chacun un
titre spécial et une pagination séparée
** Les cartons sont des feuillets qu'on veut substituer à quel-
ques autres, soit en vue de remédier à quelques erreurs
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE TROISIÈME. 107
des feuillets supprimés ou ajoutés, des gravures dont
les planches ont été, ou modifiées, ou détruites après
un premier tirage, etc.
8° COLLATION'NEMENT DES OUVRAGES DEVANT AVOIR UNE SUITE.
Il existe d'autres ouvrages dont la collation présente
aussi de grandes difficultés; ce sont ceux qui, étant
terminés et n'ayant rien pour indiquer qu'ils doivent
avoir une suite, passent néanmoins pour imparfaits
lorsqu'on n'y a pas joint un traité, une dissertation ou
quelques autres pièces données après coup et que l'on a
l'habitude d'y joindre. Tels sont, par exemple, le Lib. V,
qui est de serpentum natura; adjecta est ad calcem scor-
pionis insecti historia, qui est la suite de l'ouvrage de
Conr. Gesnerus : Historia animalium. Tigurini, Fros-
chover, 1551-87, in-fol. — La Dissertation historique sur
quelques monnoyes de Charlemagne, de Louis le Débon-
naire, etc., frappées dans Rome. Paris, J.-B. Coignard,
1689, in-4°, fig., qui doit être jointe au Traité historique
des monnoyes de France avec leurs figures, par Fr. le
Blanc. Paris, J. Boudot, 1090, in-4°, fig., etc.
0° COLLATIONNEMENT DES INCUNABLES.
C'est là réellement que réside toute la difficulté du
collationnement*. A l'origine on ne trouve ni titre, ni
typographiques, trop considérables pour pouvoir être renvoyées
,i ['errata qui se met à la lin de l'ouvrage, pour obéir aux
exigences de In censure ou pour des considérations analogues.
D'autres cartons, au contraire, Bervenl dans quelques ouvrages
pour l'impression de passages libres, et qui ne se rendent
que sous le manteau. Nous parlerons plus longuement des
eartoni dans on prochain chapitre.
m peul avoir recours, pour la collation de ces livres, au
in- qui se trouve .) la fin dei ouvrages du \\r siècle. Le
tre (registrum chartarum consistai! a rappeler, dans une
table, lea premiers mois des feuilles. Malheureusement peu
108 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
signature, ni réclame, ni registre, et souvent ni le
nom de l'imprimeur et le lieu d'impression. De plus, le
format n'est jamais régulier, les cahiers variant beau-
coup d'épaisseur; et quelquefois le caractère typogra-
phique est de grosseur différente*. On s'attachera donc,
pour les plus anciens monuments typographiques, et en
dehors des détails bibliographiques**, à lire les der-
nières lignes des cahiers et les premières des autres afin
de les rassembler selon le sens de la phrase. On pourra
les grouper dans l'ordre du registrum, et, lorsque les
signatures paraissent, la difficulté sera déjà moindre.
Les notes des catalogues mentionnent quelquefois
les feuillets blancs pour établir un principe qui paraît
incontestable, savoir : qu'un livre qui ne contient pas
tous les feuillets (blancs ou imprimés) qu'il avait lors-
qu'il est sorti de l'imprimerie, est plus ou moins
incomplet. Depuis longtemps, on s'est accoutumé à
d'ouvrages, pour lesquels avaient été imprimés ces registres,
les possèdent. Le feuillet sur lequel ils étaient imprimés se
trouvait à la fin du livre; et, une fois que le relieur s'en était
servi, il était le plus souvent exposé à être déchiré. Cf. Cha-
pitre deuxième. Du Format des livres.
* La pagination du Psaltorium latine imprimé par Schoifler
en 1502, in-folio, est imprimée jusqu'au folio cxxxvij, et cesse
ensuite. Dans l'exemplaire qui se trouve à la Bibliothèque
nationale, et qui provient de la collection du duc de La Vallière,
une note manuscrite, détachée, dit que le texte des seize pre-
miers feuillets est pareil à celui de la première édition de 4457.
Le gros caractère s'arrête au folio 155, où le texte finit tout à
coup par le mot qui. Le verso de ce feuillet et le suivant sont
blancs. Le petit caractère occupe ensuite vingt-et-un feuillets.
** Cette ressource, lorsqu'il est encore possible de se la pro-
curer, est infiniment précieuse; et il est bon de consulter en
pareil cas les ouvrages de Maittaire, Panzer, La Serna, Hain, etc.,
sur les ouvrages des xve et xvi° siècles.
défila TrelTacrce Impaialc et cathohcque magcfleluy cftant en
^ffa are de Paiâce en Cafhlle cuit nouuelles dès marches yfles
==b et terre ferme occeanes, que Ion appellcrt RÔme\ailgaircmét
les Indes, pourceqvne partie djcellescft et confronte cnuerslef6indes»
Lefquelles Indes et tetres fontefle nagairesconqucfteesdefcouenesct
rrouuees au parauant incongneues et lans dénomination. Car les Çoù
mogr3phes et géographes anciens nen ont fait aucunemenrion lafoit
ce q bien le mentaflent et ne fait adoubter quille lcufTcnt patte en obly
et taciturnite Çilj en euiïent en la congnoilTancc et nonce. Commit na;
uoient en uigant et pfum3nt du chnat on lefo yfles lont auttement q la
verite.Laqlle lexpenâce pfente dcmôfrrc et donne a congnoiftre a ceulx
de ce temps queft auec la grâce impériale que dien le tout puiiïant fait a
fadicictrefracrcemageucetalanaciôDefpaignequeen leur temps et
par eulx cette tant admirable ouuerture et accroiiTance du mode foit ad
uenue les rurbes et multitudes infinies dames des peregrinans cf6 mar;
ches et contrées a pardicion par ydolatne et befhalitc en doctrine et r&
duiA^alalumiaecôgnoifiance etcreicedel3 foyxpiennevraye voye
defalut. Etlesefpaignesvoyrelagrâgneurpartiedèla xpiennite pour
nehues et enrichies côme de bien en mieulx inceiïanment elles ennchiG
fent et beaucop plus enrichiront cy après de lor; efpicrnes / auec autres
maintes effranges etpacufes chofes de diueries'qualire* etgendres ve»
nâs dicelles yfles que Ion dit apporte efô efpaignes qucft auiTi lenûagnc
etimprefliô lnduifantatout mains maintes de croyredefo yfles ce qui
en eft autremét a ramais ne leconfeiTeroiér pour la mcrueille, et comme
tefà nouuelles difoient leftanduedefà terres et yfles poptilaciôs et richef
fes dicelles font fi grandes quelles paflent celles dalle anaennem et de£
couuertes Europe et Aphrique anciennement dcicouuertes auflj. Dont
maitoiremét fa dide trefîacree magefre fen pouuoir intituler Empereur
et grant monarque par auflî bône raifon et meilleure raifon que de Ko-.
me^erGermanicEt de tout et q Lempereur Romain pcult côprandre et
a coprins des tares et prouinces cogneucs,
C La fubfhmcc defô nouuelles clr que Fernande cortes lung des cappi
rames defatf trciïaaee magefte es pâmes et marches de la mer occeanc/
qui auparauant auoit dcfcouuert vneregion et terre que Ion nôme Ov
oucatan de prît intitulée et nommec la neufuc efpaignc. Et au cômâct
met dicellc terre a la cofle de la mer du cofle ou il entra auec fes gés gaig
navncvillcalaquellcilauoitimpolenom La ville de la vraye croix, ou
d a faitcdifncr a corWmjirc vnc forterefleet habita aulcungsefpaignol>
ou fcmblablcmét il refeda pluifrs ioumecs attirant et reduifant par bôs
moyens les fubgeâj et payions dillcc a de toute la^mnce a lobeiiïancc
Au
I '. 101. — ('.<■ feuillet d'un opuscule, p „i ,-.,:■,, ijduirt- OOnnii ,
étant lignatoré Aij, un feuillet Ai
Ua06| soit Imprimé, dertlt le précéder (Voir Note*, page 111).
110 CONNAISSANCES NECESSAIRES
regarder comme faisant partie intégrante d'un volume
les feuillets 'blancs situés au milieu d'autres feuillets
imprimés; les feuillets blancs placés au commencement
ou à la fin du volume n'en font pas moins partie.
Sans parler des feuillets blancs qui complètent des
livres tels que Homère de 1488* et le Décor Puellarum**
et donnent un prix inestimable aux exemplaires
uniques ou très rares dans lesquels on les rencontre
encore, comment pourra-t-on s'assurer qu'un ancien
livre dont le premier feuillet du texte porte, par exemple,
la signature An ou même Ain est complet*** et qu'il ne
* Homeri opéra, grsece. Florentia, sumptibus Bern. et Nerii
Nerliorum, 1488, 2 vol. in-fol. A la fin de cette édition, on trouve
un feuillet blanc qui complète le cahier de G feuillets portant la
signature et et, et qui manque presque toujours.
** Le neuvième feuillet d'un livre précieux, qu'une faute
d'impression a rendu célèbre : Décor Puellarum, questa sie una
opéra la quale se chiama décor puellarum : zoe honore délie donzelle .
Venetia, Nicolas Jenson, in-4, manque souvent. Ce défaut tient
principalement à ce que ce neuvième feuillet, étant le corres-
pondant d'un feuillet blanc qui doit se trouver au commence-
ment, il arrive que lorsque celui-ci est enlevé dans un exemplaire,
le neuvième feuillet n'a plus rien qui le maintienne et se perd
facilement.
La première signature ai de la Biblia Bo/iemica, imprimée
en 1488, in-folio, une des plus rares versions imprimées du texte
de l'Écriture, est en blanc ; sur le feuillet aij commence un
prologue ou préface. Les signatures sont placées comme il suit :
a à g inclusivement, par <li\ feuillets; h huit; i h z compris, par
dix {t, vy x se suivant ainsi). Ensuite A, dix feuillets; B, quatre;
C à Z inclusivement, par dix. Puis AA, BB, par dix; CC, huit;
plus loin aa hmm, par dix; nn, huit; et enfin iavec huit feuillets.
Les huit derniers feuillets sont imprimés en rouge et noir alter-
nativement pour chaque ligne, et forment une espèce d'Index.
La souscription en dix-neuf lignes est placée au bas de la
seconde colonne sur le verso du feuillet mm viij.
*** Les bibliographes donnent 85 feuillets seulementau volume
M. T. Ciccronis orationes philippicœ. Venetiis. Joh. de Colonia, etc.,
1474, in-4, qui réellement en a 88. A la vérité, les trois feuillets
supplémentaires sont blancs, mais ils n'en sont pas moins
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE TROISIÈME 111
devrait pas être précédé d'un titre, si les feuillets,
blancs ou imprimés, qui se trouvaient au commence-
ment ont été enlevés*? Il est souvent arrivé que,
supposant le premier feuillet qui manquait devoir être
blanc, des bibliographes ont été amenés à donner un
titre qui n'avait rien de commun avec le véritable titre
placé sur le feuillet qu'on croyait être blanc ; d'autres
ont remarqué que des ouvrages très rares, tels que
ce même Décor Puellarum que nous venons de
citer, manquaient souvent à l'intérieur d'un feuillet
déterminé. Or, l'explication de cette singularité se
trouve précisément dans le feuillet blanc qui devait être
nécessaires, les deux premiers pour compléter le cahier a, dont
le texte commence avec a 5, et le dernier pour compléter les
8 feuillets que doit avoir le cahier /.
* L'opuscule Des Marches, îles et pays trouvés et conquits par
les capitaines du très illustre et très puissant Charles Ve de ce
nom et principalement la prise et conquête de la cité de Ternis-
titan située en la nouvelle terre de Yucatan, maintenant appelée
Nouvelle Espagne, estimée plus grande que Espagne, France et
Allemagne, sans les îles. Imprimé en Anvers, par Michiel de
Hoocstraten, s. d. (vers 4552), in-4 de 15 fi"., qui traite surtout de
Temistitan (Mexico) et de sa conquête par Cortès, parait être le
premior ouvrage de Cortès qui ait été publié. Il a dû être rédigé
à l'aide des deui premières lettres de ce capitaine. On ne le
connaît .lujourdhui que par deux versions, celle en français
lie en hollandais citée par M. Harrisse (Bibl. Amcricana,
■ d", u- 'ri. L'exemplaire en français qui se trouvait en
rente chez MM. Damascène Morgand et Fatout, et que nous dé-
crivons est le teul connu; il a été cité par MM. Harrisse et
Deschamps d'après le catalogue de M. Tross de 1866.
Le texte i ommence au feuillet Ai j que nous reproduisons
f\oirfii_'. 104 par : /." i'in 1523 ou mois daoust, la Tressacree
itholicque magesU luy estant eu sacite de Palace en
marchas ysles et terre ferme occeanes....
Le titre donné plu- haut esl la copie d'une ancienne inscription
manuscrite qui se trouve but un feuillet blanc <-t remplace i«-
titre qui a <-\i-t«- peut* ire pas autrement, le papier de ce feuillet
étant le même que «'lui «lu restant de cet exemplaire.
112 CONNAISSANCES NECESSAIRES
placé au commencement et qui, une fois enlevé par
quelque relieur inhabile, laissait sans appui le feuillet
correspondant, lequel ne tardait pas à se détacher
et à se perdre. Règle générale, le libraire et l'amateur
devront vérifier, avec une attention toute particu-
lière, les volumes dans lesquels se trouveront des
cahiers composés d'un nombre impair de feuillets.
Le collationnement d'un livre est, comme on vient de
le voir par tout ce qui précède, une garantie, une
preuve de l'état complet de l'œuvre ; il est indispen-
sable, et les amateurs devront collationner leurs livres
avant de les envoyer à la reliure; surtout, nous le
répétons, en ce qui concerne les incunables et les livres
publiés au xvie siècle.
iffodxx Iptaç* Cafparlni fini^
d^ft fol lumen 'f te doftnnarh fundif in otbem
Mufatum nutax^tegta patifiuf ; .
^Ninc ptope diuinarpjtu qua gctmania nouit
iVttem foribendi/fufape ptometita;
(pPumos cccc hbtdf ?quos bzc inçluftria finxit
Irancorum in tcmf*acdibuf atq? tuîf ;
{pSkcbâel VyalricufyMattinufcf magiftcc
ftfof impreffetunt-ac 6actet>t aliof;
Fig. 105. — Signature de : Gasparini Pcrgamensis.... epistolarum.
"Premier livre imprimé à Paris, 1470 (Atelier de la Sorbonne).
jSroçtf t iriplu ? tnûUriâ ^îumitur îta
£>ûs mi î canîela lum§ ttginê (t cera
§>ici jço caro aîa s Dirômtasr ocra
13 pc canota # tjûauo 01? é teo obfota
per 9 no| tmebraru urâru ? ttluîata
Fig. 106. — Exemple des abréviations usitées avant l'invention
de l'imprimerie tiré d'un monument xylographique :
Spéculum humanee Salvationis (Sans date.)
ABREVIATIONS USITÉES EN BIBLIOGRAPHIE
AINSI QUE DANS LES MANUSCRITS ET LES IMPRIMÉS
Par économie de temps et d'espace, on a réduit à
leur plus simple expression, les termes courants usités
en bibliographie, dans les manuscrits et les imprimés.
Ces abréviations se trouvent dans toutes les langues,
mais modifiées comme formes. Elles servent surtout
lors de la rédaction des catalogues, soit de biblio-
Lhèques, soit de librairies, soit encore pour le détail des
conditions de reliure. On juge généralement la bonne
rédaction du catalogue d'une bibliothèque, non seulc-
menl par la transcription précise du titre <■( de l'adresse
bibliographique, mais aussi par un emploi judicieux
formulée abréj Les abréviations onl porté sur
m 15
114 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
les dates, sur les reliures, sur les formats, sur les
gravures, sur les papiers, sur les caractères d'impri-
merie, sur les impressions, et enfin sur tous les termes
qui se retrouvent fréquemment et d'une manière
constante dans les catalogues.
Il y a quelques avantages pour l'amateur de con-
naître ces abréviations ; bien souvent il démêlera dans
leur lecture quelque remarque intéressante pour la
détermination d'un ouvrage, et quelques variantes
d'édition pourront l'intéresser.
Comme ces abréviations ne sont pas assez connues
et qu'un grand nombre de bibliophiles et de libraires
pourraient se trouver embarrassés pour les distinguer,
nous allons les indiquer ci-dessous :
TABLEAU DES ABREVIATIONS BIBLIOGRAPHIQUES
USITÉES EN FRANCE.
A pour anno ou année.
à comp à compartiments.
à fr — à froid.
A. L - - avant-lettre.
Av. let avec-lettre.
anc. rel ancienne reliure.
anc. rel. à nerf . . — ancienne reliure à nerf.
ant — antique.
app — appendice.
aquar . aquarelles.
atl — atlas.
aut — auteur.
auto autographe
A UN BIBLIOPHILE. —
autog pour
autogr —
av. rem —
bas —
bas. gran —
bl —
blas —
br —
bro —
broc. ....... —
c —
Ca —
car. elz —
car. goth —
car. ital —
car. micros —
car. rom —
cart —
carton. Brad. . . .
carto
carto. n. r —
>■. d. i:
c. et fer m —
Cf -
et -
chag —
—
Ch. M
Mff
chromolith
CHAPITRE QUATRIÈME. 115
autographes,
autographié.
avec remarque,
basane.
basane granitée,
blanc,
blason,
brun,
broché,
brochure,
coins,
circa.
caractères elzévieriens.
caractères gothiques,
caractères italiques,
caractèresmicroscopiques.
caractères romains,
carton.
cartonnage Bradel.
cartonné.
cartonné non rogné,
cuir de Russie,
coins et fermoirs,
confer, c'est-à-dire
consultez, voyez,
cum figuris
chagrin,
chine.
charta magna.
chiffré.
chromolillioL'T.'ipliir.
116 CONNAISSANCES
colon pour
comp —
coul —
couv —
cplt —
Cus —
d
d.-b
d.-ch —
déd. aut —
déd. imp —
dent
dent, int —
des
d.-m —
dou
d.-r. ou dem.-rel . . —
dor. s. tr —
Dup —
d.-v —
éb
éc —
éd —
édit
E. F
encad —
ent —
env. d'aut —
épr —
est —
esta —
NÉCESSAIRES
colonnes.
compartiments.
couleur.
couverture.
complet.
custodes.
de.
demi-basane.
demi-chagrin.
dédicace autographe.
dédicace imprimée.
dentelles.
dentelle intérieure.
dessins.
demi-maroquin.
doublé.
demi-reliure.
doré sur tranches.
duplicata.
demi-veau.
ébarbé.
écaille.
édition.
éditeur.
eau-forte.
encadrement.
entrelacs.
envoi d'auteur.
épreuves.
estampé.
estampe.
A ON BIBLIOPHILE. — CHAPITRE QUATRIÈME. 117
ex pour exemplaire.
extr — extrait.
F.,fasc — fascicule.
facs fac-similé.
fr — fers.
fr. a — fers azurés.
fr. à fr fer à froid.
fr. d fers dorés.
feu — feuillage.
ferra — fermoirs.
f — feuille.
fe — feuillet.
ff. — feuillets.
ff,chiff feuillets chiffrés.
fe, nchiff — feuillet non chiffré.
ff, nchiff — feuillets non chiffrés.
fy — figure.
figg — figures.
figg. col figures coloriées.
figg. s. b figures sur bois.
fil — filets.
fil. à ' filets à compartiments.
fil. comp filet composés.
fil. dor filets dorés.
fil. dor. s. I. p. . . . filets d'or sur les plats.
fr. d filets, tranches dorées.
p. d. I fleurs de lis.
for — format.
for. obi formai eblong.
for. a.tl format atlantique.
-fol formai in-folio.
118 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
4° ou in-A° pour format in-quarto.
8° ou m-8° format in-octavo.
12 ou tn-12 format in-douze.
d6oum-16 format in-seize.
18oum-18 format in-dix-huit.
m-24 format in-vingt-quatre.
in-52 — format in-trente-deux.
zn-64 format in-soixante-quatre.
fro — froid.
front, gra — frontispice gravé.
fx. lit — faux titre.
gf.,gauf gaufré.
goth gothique.
gr — grand.
gra — gravé.
grav gravure.
gr. marg — grandes marges.
gr. p. ou gr. pap. . grand papier.
héliogr — héliogravure.
Mus — illustré.
iliustr — illustration.
imp imprimeur.
impr — imprimé, imprimerie.
impr.-édit imprimeur-éditeur.
Impr. nat Imprimerie nationale.
inc incomplet.
Incun incunable.
int intérieur.
jans — janséniste.
/ lavé.
larg. dent — large dentelle.
À UN BIBLIOPHILE
La Val
libr
libre.
libr.-édif
fy
lim
lithog
liv
livr
//£.. ou mar
m. ant
marb
m. b
m. bl
m. citr
m. du L
d. ou d. m. . . .
. i. ou d. t . ...
/• •
m. jans.
ut. I. .
m. a. .
m. o. .
m., pi. .
m. r. .
m. <
mil.
. — CHAPITRE QUATRIEME. 119
pour La Vallière.
— libraire.
— librairie.
— libraire-éditeur.
— ligne.
— liminaires (feuillets).
— lithographie.
— livre.
— livraison,
maroquin.
— maroquin antique.
— marbré,
maroquin bleu.
— maroquin blanc,
maroquin citron,
maroquin du Levant,
maroquin doublé de
maroquin,
maroquin doublé de
tabis.
maroquin jaune,
maroquin janséniste,
maroquin lilas.
maroquin noir,
maroquin olive,
maroquin plein,
maroquin rouge,
maroquin vert,
maroqu'n violet,
microscopique,
milieux.
120 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
rnin pour miniature.
minu minuscule.
mosaï — mosaïque.
mouill mouillures.
mouill. et piq. . . . mouillures et piqûres.
Ms — manuscrit.
Mss — manuscrits.
n° numéro.
not. mss notes manuscrites.
n. rog — non rogné.
obi — oblong.
or. . — or.
orig original.
orn — orné.
orne ornement.
V — PaSe-
pp — pages.
pap — ■ papier.
pap. méd — papier médium
pap. moy papier moyen.
pap. v papier vergé.
pap. vél papier vélin.
pap. de Ch — papier de Chine.
pap. de Holl. . . . papier de Hollande.
pap. du Jap — papier du Japon.
pap. Wh papier Whatmann.
parch parchemin.
part partie.
pe. de tr peau de truie.
père percaline.
pet petit.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE QUATRIEME.
pet. fr pour
121
pet. for. . .
pet. pap. .
piq. cl. v. .
pi
pla
pla. enl. . .
plaq. . . .
point. . . .
ptr
portr. . . .
m
qq. rnouill. .
mtO
réel ....
régi
rel
rel. anc. . .
rel. ang. . .
rel. à ii. . .
rel. en bois,
rel. en ch. .
rel. jans. .
rel. pe. <le tr
rel. pie. ■ .
relié. . . .
rem ....
/ ép
pé. . . .
reprod. , .
/ , et n. . .
Il
petits fers.
petit format.
petit papier.
piqûres de vers.
plats.
planche.
planches enluminées.
plaquette.
pointillé.
portrait.
portraits.
quelques.
quelques mouillures.
recto.
réclames.
réglé.
reliure.
reliure ancienne.
reliure anglaise.
reliure à nerfs.
reliure en bois.
relié en chagrin.
reliure janséniste.
reliure en peau de truie.
reliure pleine.
relié.
remarque.
réparé.
répétition.
reproduction.
rOUge et noir.
Ki
122 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
rog pour rogné
s. d — sans indication de date.
sig — signé.
sign — signet.
signa — signature.
s. I — sans indication de lieu.
s. I, n. d — sans lieu, ni date.
s. /, n. d, n. typ. . . sans indication de lieu,
ni de date, ni de typo-
graphe.
s.l^n.d^n.typ^n.libr. — sans indication de lieu,
ni de date, ni de typo-
graphe, ni de libraire.
s. I, n. typ. (oun. t.). sans indication de lieu, ni
de typographe.
s. typ sans indication de typo-
graphe.
supp supplément.
tabl. généalog. ... — tableau généalogique.
tête dor — tête dorée.
tète jasp — tête jaspée.
tit. gr — titre gravé.
tit. r. et n titre rouge et noir.
T. ou to — tome.
To. ou torn — ■ tomes.
trad — ■ traduit.
tradu — traduction.
tr. cis . — tranches ciselées.
tr. dor — tranches dorées.
tr. j — tranches jaspées.
tr.marb — tranches marbrées.
A UX BIBLIOPHILE. — CHAPITRE QUATRIÈME. 123
tr. p pour tranches peignées.
tr. r — tranches rouges.
tr. s. d tranche supérieure dorée.
typ typographe.
typo — typographie.
typog typographique.
v — veau.
v. ant veau antique.
v. b veau bleu.
v. br — veau brun.
v. éc veau écaille.
v. esta. ...... — veau estampé.
v. f — veau fauve.
v. f. ant — veau fauve antique.
v. fil — veau, avec filets.
v. j — veau jaspé.
v. rnarb veau marbré.
v. p veau porphyre.
v. rac veau racine.
v. v veau vert.
v. viol veau violet.
v° — verso.
vél — vélin.
vél. de Holl vélin de Hollande.
vifjn — vignettes.
V. ou vol volume.
117/ Whatmann.
Q| i i Ql ES BZEMP1 ES :
1563. 1 vol. in-8°, ancienne reliure, maroquin rouge
«loiiLh- de maroquin noir, dentelle intérieure, filets à
124 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
compartiments sur les plats, tranches dorées, reliure
janséniste (Bel exemplaire).
1565. 8°. anc. rel., m. r. dou. d. m. n., dent, int., fil.
à comp. sur les pi., tr. dor., rel. jans. (Bel ex.).
1855. 4 vol. in-12, demi-reliure maroquin bleu, tran-
ches peignées (Quelques mouillures).
1855. 4 vol. in-12, dem.-rel. m. b., tr. p. (qq. mouill.).
1855 à 1867. 12 vol. in-4°, demi-reliure et coins maro-
quin rouge, tôte dorée, non rogné.
1855 à 1867, 12 vol. 4°, d. r. et c. m. r., tôte d. n. rog.
Nous devons aussi mentionner quelques-unes des
abrévations usitées dans les manuscrits, et dans les
imprimés du xve siècle.
Pour les abréviations hébraïques, on devra consulter
les planches des ouvrages de Mercerus, David de
Pomis, Schindler, Buxtorf, etc.
Pour les abréviations des manuscrits grecs, consulter
les planches du Lexicon diplomaticon de Jos. Walther,
in-folio, 1745 à 1747, ouvrage très estimé.
Pour les abréviations des manuscrits latins, et avoir
une idée de celles en usage au ixe siècle, consulter les
planches gravées dans les Traités de diplomatique de
dom Mabillon et des bénédictins : Verbo Abréviations,
et la planche publiée* dans les Annales de philosophie
* Tome XIV, p. 353-354.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE QUATRIÈME. 125
chrétienne. On trouvera trente tableaux d'abréviations
latines, rangées par ordre alphabétique, dans l'ouvrage
de Baringius, intitulé : Clavis diplomatica, in-4°, vers le
milieu du volume.
Ces abréviations sont extraites des manuscrits des
auteurs latins et des diplômes du xve et du xvie siècle.
On pourra également consulter les ouvrages de
Sertorius Ursatus, Valprobus, Mango, Manutius, etc.;
et, pour les abréviations plus récentes dans les manu-
scrits et dans les titres, les ouvrages de La-Curne-de-
Sainte-Palaye, Ducange, Lacombe, D. Toustaint et
D. Tassin, D. Devaines, Lemoine, Batteney, etc.*
Dans les abréviations les plus communes, on con-
servait une partie des lettres d'un mot, et on substituait
certains signes à celles que l'on supprimait; ainsi
Dms ou Dns était écrit pour Dominus. Dans les
manuscrits les plus anciens, Y m ou Yn, à la fin de la
ligne, est désignée par une petite barre horizontale —
ou par une s couchée <w , seule ou accompagnée de deux
points, l'un supérieur, et l'autre inférieur. Le mot est
(du verbe esse), rendu par ce signe ^- , désigne une
antiquité de sept à huit cents ans. La lettre n, servant
d'abréviation pour un nom d'homme inconnu, a lieu,
selon IfabillOD, dès le ixe siècle. C'est dans le même
temps qu'on abrégeait Me par M. Les abréviations
étaient déjà communes après le vr3 siècle : elles le furent
davantage au vur. encore plus au ix'1; elles se multi-
plièrent à l'infini au v ; dans le xr il n'y a pas de ligne
ou il n'v ail jusqu'à huit et dis abrévations; enfin, dans
h . \in . m\ el v- siècles, l'usage des abréviations
* Voyez Act 88. Bened., tome V, i».'il"' 21M.
126 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
fut porté à l'excès, môme dans les manuscrits en langue
vulgaire, et dans les premiers ouvrages imprimés. Dès
le xive siècle (en 1304), Philippe le Bel rendit une
ordonnance pour bannir des minutes des notaires, et
surtout des actes juridiques, toutes les abréviations
qui exposaient les actes à être mal interprétés ou à
être falsifiés.
Le parlement, par arrêt de 1552, bannit également
les etcœtera qui avaient été jusqu'alors en usage, et
qui étaient également sujets à de grands abus.
Les abréviations de per, de pro et de prœ sont
sujettes à être confondues, voici comme on les dis-
tingue : Per est abrégé par p, dont la queue est coupée
par un trait; pro, par p, dont un trait courbe sort de
la tête de ce p ; et prœ, par un trait supérieur qui ne
touche point à la lettre.
INDICATION DE QUELQUES ABRÉVIATIONS LATINES.
AB. Abdicavit.
AB. AUGUSTOB. M. P. X. Ab augustobriga milita
passuum decem.
ABN. Abnepos.
AB. U. C. Ab. urbe condita.
A. C. P. VI. A capite vel ad caput pedes sex.
A. D. Ante diem.
ADJEGT. II-S. IX. oc. Adjectis sestertiis novem mille.
7ED. II. II. VI R. II. jEdilis iterum, duumvir iterum.
A. K. Ante kalendas.
ANN. LUI. H. S. E. Annorum quinquagesima trium
hîc situs est.
ANN. PL. M. X. Annos vel annis plus minus decem.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE QUATRIÈME. 127
ANN. 0 XVI. Anno defunclus decimo sexto.
ANN. V. XX. Annos vixit vigenti.
A. P. M. Amico posuit monumentum.
A. RET. P. III S. Antè rétro pedes très semis.
AR. P. Ararn posuit.
ARG. P. X. Argenti pondo decem.
A. R. S. H. Anno reparatœ salutis humanœ.
B. A. Bixit annis, id est vixit annis.
B. M. P. Benè merito posuit.
B. M. P. G. Benè merito ponendum curavit.
B. M. S. C. Benè merito sepulcrum condidit.
BX. H. I. Bona lue invenies.
B. RP. N. Bono republicœ natus.
BX. ANVS. VII. ME. VI. DI. XVII. Vixit annos septem,
menses sex. Dies septem decim.
C. D. Comitialibus diebus.
CC. W. Clarissimi viri.
GERTA. QUIXQ. ROM. CO. Certamen quinquennale
romœ conditum.
COSS. Consules.
COST. CUM. LOC. IIS x> D. Custodiam cum loco
sestertii mille quingenlis.
C. V. Centurn viri.
G n IX. Nongenti novem.
\). B. I. Dus benè juvantibu8.
I). D. I). I). Dignum Deo domum dedicavit.
\) \) Q. o. II. L. s. B. V. Dits Dcabusque omnibus ,
hune locum acrum esse volait.
128 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
D. M. S. Diis manibus sacrum.
D. 0. M. JE. PP. Deo optimo maximo œterno perpetuo.
D. S. P. F. C. De sua pecunia faciendum curavit.
D. V. C. Dicat, vovet, consecrat.
EX. A. D. K. Ex ante diem kalendas.
EX. H- S. X. P. F. I. Ex sestertiis decem parvis fîeri
jussit.
EX. H- S. N. CC. L. oo D. XL. Ex sestertiis nummorum
ducentis quinquaginta millibus quingentis quadra-
ginta.
F. F. F. Ferro, fla/mmâ, famé, fortior, fortunâ, fato.
F. R. Forum romanum.
H. M. E. H-S. CCIOO- CCIOOIOO- M. N. Hoc monu-
rnentum erexit sestertiis vigenti quinque mille
nummûm.
I. D. Inferis diis, jovi dedicatum, isidi deœ, jussu Dei.
I. M. CT. Inmedio civitatis.
IN. V. I. S. Inlustris vir infra scriplus.
K. Cœso, Caïus, Cœlius, Carolus, Cohors, Carthago, etc.
L. AP. Ludi, Apollinares.
L. L. Sestertius magnus.
MES. VII. DIEB. XI. Mensibusseptem, diebus undecim .
N. V. N. D. N. P. 0. Neque vendetur, neque donabitur,
neque pignori obligabitur.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE QUATRIÈME. 129
OB. C. S. Ob cives servatos.
0. E. B. 0. C. Ossa ejus benè quiescant condita.
P. A. F. A. Postulo an fias auctor.
PAT. PAT. Pater patriœ.
PED. CXV. S. Pecles centum quindecim serais.
P. II. x . L. Pondo du arum semis librarum.
P. II. S. : : Pondo duo semis et triente.
P. P. P. C. Propriâ pecuniâ ponendum curavit.
P. R. V. X. Populi romani vota decennalia.
PS. Passus, plebestitum .
0. B. vel Y. AN XXX. Qui vel quœ Bixit, id est, vixit
annos trigenta.
Q. Q. Quinquennalis.
Q. R. Quœstor reipublicœ.
ROB. Robirjalia, Robigo.
S. EQ. Q. OD. ET. P. R. Se^aJws, equesterque ordo, et
pop* Ii'">>.
>. P. Q. R. Sonata <[><![, ulusqueromanus.
S. E. T. L. Si/ et /<-/•/•" levis.
SSTVP. WTIII. Stipi '"'/ iia novem-decim.
ST. XXXV. Stipendiis triginta-quinque.
TR. I J( > Tribunitia potestas.
<-) TH. AN. \ III. Mortits annis viginti tribus.
V. \\. A Pm ' bo% ' arbUratu.
M 17
130 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
VI. V. VII. V. VIII. VIR. Sextum-vir, septem-vir,
octum-vir.
X. V. Decemvir.
XV. V. Qnindecim-vir.
Xp. Chris tus.
Xpiani. Christiani.
Xposor.9 Cltrislophorus.
Nous ajouterons, à cette nomenclature, un exemple
d'autres abréviations latines* tirées des trois premières
lignes d'un monument de l'église de Saint-Martin de
Tours (1575). Dans les soixante-quatorze mots qui
composent ces trois lignes, il n'y en a que treize qui
sont écrits tout au long, dont la moitié est composée
de monosyllabes; tout le reste est en abrégé.
In noie. dm. am. anno incarnatois.9 eidem.
In nomine Domini amen anno incamationis ejusdem
dmj. m.0 ccc lxx v
Domini millesimo trecentesimo septuagesimo quinto
ind. x iij die xx j. mes.
indictione décima tertiâ die vigesimâ prima mensis
api. horâ ipsi.9 diei cca. tciam. pont.
aprilis, Jiorâ ipsius diei circa tertiam ; pontificatus
S. in x° P. et d. n. dni.
sanctissimi in Christo patris et Domini nostri Domini
* Un éditeur italien, bien connu par son érudition, M. Ulrico
Hoepli. vient de publier dans sa collection de manuels, un
Diiionario di abbreviature lutine ed ital'mnc, dû au savant archi-
rôste M. Adii.uio Cappelli, et illustré de 13 000 reproductions
documentaires.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE QUATRIÈME. 131
Gre. di. P. ppe. xj. anno qnto.
Gregorii divinâ Providentiel papœ nndecimi anno quinto
C1S
in captlo. ecc.e Tur.s plibs. can.(
in capiiulo ecclesiœ Turonensis, phiribus canonicis
ipi.s ecclie. xmo qi. os. can.ci tue. i. Tur.
ipsius ecclesiœ; ymo qui omnes canonici tune in Turone
resid. plit.a in ipo. cap.0 ad sonu. capan.
residebant plural iter in ipso capitulo ad sonum campanœ
p. ut mor. est ad capit.m facien. cg'gatx.
pro ut moris est ad capitulum faciendum congregati,
vid. Dns. jo.
videlicet Dominus Johannes.... etc.
D'autres abréviations ont été très usitées, dans les
bulles et autres actes émanés de la chancellerie romaine,
depuis le xvc jusqu'au xixe siècle*, nous allons en donner
l'explication :
Air. als. auct. cen. effus. exit.
Aliter, alias, auçtoritate. censuris. effectus. existit.
lies. frum. gnli. infraptum. intropta.
. frai rinn. gênerait, infra scriplum. intro scripta.
lia. lia?. lilè. mir. ordio |>p.
.in), litterse. licite, misericorditer. ordinario. i><i\><\.
I e qui augmente la difficulté des écritures romaines, c'est
que k- secrétaires de la chancellerie — * • 1 1 1 dans l'usage <i<% oe
marquer l'abréviation d'aucun signe ou trait qui fasse soup-
çonner que le mol est abrévié; <■(! -<.rir que ces écritures, i »i us
<|u<- barbares, demandent une « • 1 1 1 < l « * particulière, fondée sur
d'autres principes que ceui <!<■ l'étude du gothique ordinaire.
132 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
pr. pontus. ptus. pntium. pror.
pater. pontificatus. prœdiclus. prœsentium. procurator.
prœfatus.
qmlibet. tm. thia. tli.
tjuomodolibet. tantum. theologia. tituli.
tamen.
En outre des notes qui précèdent, et que M. Gustave
Brunet nous avait communiquées, Gabriel Peignot, dans
son Dictionnaire raisonné de bibliologie, a donné des
renseignements intéressants sur les espèces de signes
sténographiques, par le moyen desquels les Latins écri-
vaient d'une manière très rapide et très abrégée.
« Chaque note était ordinairement composée de deux ou
de plusieurs lettres qui, réunies dans un seul signe, et
ne ressemblant à aucune des lettres qui le composaient,
exprimaient un mot, et même quelquefois plusieurs
mots. Rien de plus difficile à déchiffrer que les notes
tironiennes, soit parce que des traits semblables signi-
fient des lettres différentes, soit parce qu'un point, placé
d'une façon ou d'une autre, change entièrement la
nature des mots; par exemple, la Note de Tiron figurée
par un U et un B, dépourvu de son jambage droit,
Lequel B est attaché dans l'intérieur de l'U au jambage
à gauche, cette note, dis-je, signifie vobis; en plaçant
un point au haut du côté droit de la note, elle signifie
vobis videntibus; le point mis au côté gauche sur le pre-
mier jambage, marque vobis audie?itibus; au milieu, du
côté droit, il signifie vobis prœsentibus ; au milieu, du
côté gauche, vobis absentibns ; sur le milieu de la note,
vobis superius; sous la note, vobis inferius. Il se trouve
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE QUATRIÈME. 133
aussi des enclaves dans les notes de Tiron, connues
. dans les anciennes écritures ; dès lors une lettre presque
défigurée ou tronquée emporte quelquefois avec elle
d'autres lettres précédentes ou subséquentes; il arrive
aussi que la première ou même les premières lettres
d'un mot se trouvent souvent transposées dans le corps
du mot, pour la facilité des conjonctions. Ces diffi-
cultés, qu'il est impossible de surmonter, rendront
toujours les recherches sur les Notes de Tiron, sinon
infructueuses, du moins incomplètes. L'alphabet tiro-
nien de dom Carpentier est un très bel ouvrage; mais il
est insuffisant, parce qu'il lui a été impossible de le
compléter, et que l'explication des notes qu'il rapporte
ne peut servir à rien pour l'explication de celles qui ne
se trouvent pas dans son alphabet. Selon saint Isidore,
c'est Ennius qui inventa, le premier, onze cents notes ;
Tiron, affranchi de Cicéron, en inventa un plus grand
nombre, et régla le premier comment les écrivains en
notes devaient se partager, et quel ordre ils devaient
observer pour écrire les discours qu'on prononçait en
public. Persannius fut le troisième inventeur dénotes,
mm'- seulement de celles qui exprimaient les préposi-
tion^ Philargirus ei Aquila, affranchi de Mécène, en
augmentèrent le nombre; Sénèque en ajouta d'autres;
en sorte qu il en forma un recueil en ordre de cinq
mille. Sain! Cyprien miten notes les expressions par-
ticulières aux chrétiens. Si l'on en croit Diogène
Laerce, l'invention des notes tironienncs doit (Hrc
attribuée aux Grecs; il atteste que Xénophon fut
1'- premier des Grecs qui s'en Boit Bervi, -il n'en esl
pas lui même L'inventeur. Cicéron est le premier qui
134 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
en ait fait usage à Rome, lorsque Caton prononça
son discours pour combattre l'avis de Jules César au
sujet de la conjuration de Catilina. Cicéron, alors
consul, posta, en divers endroits du Sénat, des notaires,
c'est-à-dire, des écrivains en notes*, pour copier la
harangue. Suétone dit que Tibère écrivait par abré-
viation aussi vite que l'on pouvait parler. Les notes
tironiennes furent d'un usage très étendu en Occi-
dent; les empereurs s'en servirent, ainsi que les derniers
de leurs sujets : on les enseignait dans les écoles pu-
bliques; on s'en servait dans les interrogatoires des cri-
minels et dans les sentences des juges; c'est de là que
nous sont venus les actes sincères des martyrs. Dans la
suite on s'en servit, sans besoin, à transcrire des ma-
nuscrits tout entiers ou en partie, comme on le voit par
le grand nombre qui se trouve dans les bibliothèques
publiques. On usa également de ces signes pour
former des diplômes ou plutôt des protocoles ou for-
mules, comme l'attestent les cinquante-quatre que dom
Carpentier a publiés**, et qui appartiennent au règne de
Louis le Débonnaire. L'usage des Notes de Tiron cessa
en France vers la fin du ix' siècle, et en Allemagne
vers la fin du xe : il n'en reste presque plus de vestiges
* Quelques autours attribuent l'invention dos notos tiro-
niennes ;mx Égyptiens qui, les premiers, se servirent de figures
symboliques pour exprimer leurs pensées; cel usage passa des
Égyptiens aux Grecs, et des Grecs aui Romains.
**Alphabetum tironianum, seu notas Tironis explicandi methodu» :
cvm pluribus Ludovici pii char Us } quae notis iisdem exaratie sunt
et hactenus inédit», ad historiam et jurUdictionem cum ecclesias-
ticam tu/m civilem pertinenlibus. Labore et Studio I). P. Carpen-
tier. Lutetiœ Parisiorum, Guerin, 1747, in-fol. Cet ouvrage est
très bien gravé et bien imprimé.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE QUATRIÈME. 135
dans les monuments depuis le commencement du xe
siècle, si ce n'est l'abréviation d'et par 7, et d'us par 9
à la fin des mots. Les Notes de Tiron ont donné l'idée
de la Sténographie que l'on pratique aujourd'hui en
Angleterre et en France. »
L'usage des abréviations est très commun dans un
grand nombre d'éditions du XVe siècle ou du commen-
cement du xvie*.
Dans le premier siècle qui suivit l'invention de la typo-
graphie, les abréviations furent extrêmement multi-
pliées: elles devinrent telles, dans les livres de droit
spécialement, qu'elles rendaient les textes fort énigma-
tiques pour la presque totalité des lecteurs. Il fallut
venir à leur secours en composant un petit traité qui,
sous le titre de Modus legendi scripturas in iitroquejure,
eut un succès attesté par des éditions nombreuses.
Les premiers imprimeurs ne firent d'ailleurs que
reproduire à cet égard ce que leur offraient les
manuscrits. Un des exemples les plus singuliers que
nous ayons rencontrés de ces abréviations se trouve
à la Bibliothèque nationale de Paris, dans un manuscrit
grec des Scholies de Basile de Césarée sur saint Gré-
goire de Nazianze, cité par M. Boissonade** : le mot
si représenté par deux a surmontés de deux./.
Le bibliographe Chevillier cite une édition de la
Logica d'Ockham, imprimée ;'i Paris, en 1488, en beaux
caractères, mais où il n\ ,-i peut-être pas un seul mot
* Les divers oui urla diplomatique, notamment Le Traité
liplomaliqut rédigé par deux Bavants Bénédictins, Paris,
I entrent ird dans des détails étendus.
il manu la bibliothèque du
Rot, t. \i h pai lie, i'- 1
136 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
qui ne soit abrégé Voici un exemple pris dans le texte
de la page 121 : Sic hic e fui im qcl ad simplr a e pdu-
cibile a Deo g a e et silr lac a n e g a n e pducibile a
Deo. Ecrit tout au long, ceci se traduit de la sorte :
Sicuthic est fallacia secundum qaid ad simpliciter. A est
producibile a Deo. Ergo A est. Et similiter hic A non est.
Ergo A non est producibile a Deo.
A l'origine de l'imprimerie, et même pendant la pre-
mière moitié du xvic siècle, le désir des typographes
était de mettre le plus de matière possible dans un
espace resserré; pour atteindre ce but, ils supprimaient
souvent les voyelles, qui étaient remplacées par des
accents.
actes tt aîtare j&dîpïo fatum-
quoi* ijabtbît nuîtp rutame in
io ngitumm :* imité ttt tantuDim to
tfr quûîmtttttea cubtîos in aîtîruDi
ne. fZomua a wf ç n ttatum autrui 09
t^ptroûr.ct ogn&iUuîï tce. ffandrç
Fig. 107. — Exemple des abréviations usitées à l'origine de l'imprimerie.
Tiré «le la Bible de Gutcnbcrg. (Sans date.)
ad sfum cekberrime eccle(ie<£bo:acen(ie
optimis catacteaîniB recêtec 3mp«îUni aita pcnafftliimnnia© Iucutya*
tionemntius <ppluntwsemcnDaîum.é>uwpnbus serpenûs Jopanme ga
dKt macaioys Ub:aru benc tnenrrama pietaiam ecddiam commewnftg.
3nno Dfuoeamoferto (up# mmefaimn a qumffftcûm&£>Kfccn)Quatt3
jfcbjuâauomptttum ms pafcaum.
Fig. 10S. — Titre du Missale Ad usum celcberrime ecclesie Eboracensis (York).
DES SIGNES DISTINCTIFS DES ANCIENNES ÉDITIONS
Pour déterminer un incunable, affirmer son authen-
ticité et sa date, on admet, en bibliographie, une série
de règles, que non- indiquerons plus loin, et qui
• ut de bases à ces déterminations. Nous nous occu-
perons, en premier lieu, des divers caractères employés
pour l'impression. On B prétendu, et cette assertion se
trouve dans 1»-- Ètudeê 9ur la Typographie de Crapelel,
que lea noms de Cicero et de Saint-Augustin venaient
ce que les introducteurs de l'imprimerie en Italie,
nli'vni el Pannartz, avaient fait, pour la première
iractères dans des éditions de ces
n 18
138 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
deux auteurs publiées à Rome eu 1467. Dans ses
Origines de l'imprimerie, A. Bernard a combattu cette
assertion ; et voici quelle est son opinion à ce sujet :
a II est fort possible que le nom de Saint-Augustin
vienne à la rigueur du caractère qui a servi à imprimer
la Cité de Dieu, quoiqu'il eût près de seize points au
lieu de treize, mais il n'est pas possible d'admettre que
celui de ciccro ait été emprunté au caractère qui a
servi à imprimer les Epîtres de Cicéron données la
même année par ces imprimeurs: ce caractère a près
de quinze points au lieu de onze. D'ailleurs il semble
que ces dénominations techniques, qui sont évidem-
ment empruntées à la langue des ouvriers, n'ont pu
avoir cours dans l'atelier de Sweynheym et Pannartz
par la raison que le caractère qui avait servi dans la
Cité de Dieu n'a plus été employé par eux à partir de
leur installation à Rome où il ne fut probablement pas
apporté; il était donc inutile d'établir une distinction,
puisque cette imprimerie n'avait qu'un caractère. Au
contraire, Ulrich Han avait deux caractères romains
parfaitement appropriés à ces deux dénominations; l'un
qui lui servit à imprimer, en 14G8, une édition de
(Cicéron et qui n'avait que douze points typogra-
phiques; l'autre avec lequel il imprima, en 1474, la
Cité de Dieu, et ayant treize points. Il est naturel
de penser que, suivant un usage encore pratiqué
aujourd'hui dans les imprimeries pour des cas analo-
gues, les ouvriers donnèrent à chacun de ces caractères
le nom de l'auteur le plus célèbre qui l'avait mis en
lumière, que ces noms se transmirent traditionnelle-
ment dans les ateliers aux caractères de môme force,
tioniô ipif ppoûfâ m& pat*
titofô Dîatôiô ûgnificanoiv
waurcmttjrter, autittufar
autininuif^îepofttioiïiuotamDnr
^ro&^tiatffiiûtô tiMSuor caûts
^uo:0inffimîô iaïJÏriîo.Bappa"
fjttonf0artîraru0:t^aD.ajpuîi.antr
Sîwf rfum,rt0.nfra.rttrô.rirca. romi.
f^ra.frtra.inrer4nîta.infm.pta û+»
pompait ,^Mtr.fi0m.pott»t mm
pnw&w tfuttmt* r m? îto pan* m
apufc mManrt rîïf $.atmtrfum tittnif
to$M xt nn.atrafdm. nrrilutimo*
firfafeiîîplfi.fontraljoïlrô.fraa^u»-
ij«00.0rratfrmmo^mtfr«aiir0.jii*
traramtaànfra ttttûaw ramafdfotr
3fcau0nnû4îi)M mbimatparifîrm
43?c fouOrâ^tcr îîiCr tpïtftâ frômfo
i . 109, Caractères d'un Donat d'après une épreuve tirée sur
un w iographe original,
(-,,,-. i ••. . ,, i.-i Bibliothèque nationale.
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Français.
Fig. 110. — Alphabets comparatifs pour les caractères employés
de l'origine de l'imprimerie à la lin du xvnr siècle.
A i'\ BIBLIOPHILE. CHAPITRE CINQUIÈME, 1 .1
et qu'ils passèrent plus tard de la langue technique
dans celle des érudits. »
Lea caractères gothiques employés dès l'origine de
l'imprimerie et dans les «Millions du \v siècle, dit
I*. Lambinet*, a'ont rien de commun avec ceux que
les Gotha apportèrent en Italie et en Espagne. Celui
dont l Iphilas, évêque arien, Goth de nation, est
réputé l'auteur, se nomme gothique ancien, composé
du grec ci du latin. Le gothique moderne est la
consommation de la décadence «le l'écriture dans 1rs
mu . m\ et w siècles.
Se dans le moyen âge, avec la scolastique, époque
de la décadence des arts et des l oes éludes, il est
1«- fruil de la bizarrerie; c'est l'écriture latine dégé-
nérée ei chargée de traits superflus. Ce gothique,
qui avait déjà paru dans le mt Biècle, s'étendit dans
tous les Etats de I Europe dès le commencement
du mu. Les monnaies, lea Bceaux, les médailles, lea
monuments lapidaires, lea cloches en furent empreints;
les Etats du Nord en conaervent encore aujourd'hui
1 u-.i
■ ni d écriture se multiplia et fut diversifié selon
énie dee peuples et le caprice des copistes dans
manuscrits et les abréviations. Ces caractères,
dam l'imprimerie**, sont connus sous le nom de
(i /. / dition i du \ \ tiiolê <-i iur lo modo di
• ni,. .ii Réimprimé dan le \ii ellanée BibliograpMquei,
i*ii i - Edouai 'i Roui 03 i «• 1871 In
• i: • il ;• quclq ravurc 'i111 pein ont donnei
une idée de la marche |>i"- rc i\<- <!<• col •ni célèbre Mouo
■ un m du docteur Dibdin Antiquitia typoyrapliical,
't vol. m • iphicai Uecatneron, 3 \<>\ I bliotheca
ipp ■ ol In . de Eloinoi i> < o , fdi t gt m i aie
142 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
lettres de forme à cause des traits angulaires, pointus,
qui rendent la forme de ces lettres plus composée.
Ils étaient d'abord destinés en Allemagne, en France,
en Angleterre, en Italie, en Flandre, pour les inscrip-
tions publiques, pour les livres d'église, les livres
d'images. La Bible des pauvres, YHisloire de Saint-
Jean, le Donat (fig. 109), et plusieurs autres ouvrages
ont été exécutés avec cette espèce de caractères,
avant l'invention de la typographie*. Gutenberg,
d'une collection complelte d'estampes, in-8°; celui de Jensen, Essai
sur l'origine de la gravure sur bois, etc., 12 vol. in-8"; celui de
Langlois, du Pont-dc-1'Archc, Essai sur la calligraphie au moyen
âge, Rouen, 1834, in-8°.
Nouvelles recherches sur l'origine de l'imprimerie, par le comte
Léon de Laborde, fac-similé; Paris, 1840, in-4°. rempli d'écriture,
vignettes gravées en bois, de belles lettres majuscules, etc. On
y trouve une dissertation sur la célèbre gravure du saint Chris-
tophe de la Bibliothèque nationale de Paris (voir flg. 129) com-
parée avec celle du British Muséum à Londres, etc. Les plan-
ches sont dessinées et gravées par l'auteur même du Mémoire.
Vue intérieure d'une imprimerie, gravure en bois tirée d'une
Danse macabre; Lvon, 1499, petit in-folio, cité dans le catalogue
de Mac-Carthy, n' 2841.
Diverses gravures en bois publiées par Dibdin, Dibliographical
Decameron, t. II, p. 118, 119, 120 et 124, d'après des titres de
livres de 1500 à 1520.
Dans le livre de Schopperus et Jost Amman, Panoplia sive
de artibus mechanicis, in-12, pi. xix (voir fig. 38).
Intérieur d'une imprimerie à gravures, planche de la suite,
intitulée : Nova reperla..., composée par Jacques Stradan, et
gravée par lui-même, Philippe Galle et quelques autres.
Cf. l'œuvre de Stradan (et voir fig. 121).
Autre intérieur d'imprimerie, dans l'œuvre d'Abraham Bosse,
taisant partie de la suite intitulée : Essai de lu gravure sur bois.
* Jeté en molle, fondu dans un moule. On s'exprimait ainsi
pour désigner d'abord le moule, puis les pièces fondues, et plus
tard l'impression el les livres imprimés sur caractères fondus.
On dit encore en province d'une belle écriture, se rapprochant
de la régularité de l'impression : c'est moulé et d'un enfant qu'il
ne lit pas encore l'écriture, mais qu'il lit le moule. On remarquera
que les fondeurs avaient le droit de fondre des lettres isolées,
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE CINQUIÈME. 143
Fust, Schoiffer et la plupart des imprimeurs du
xve siècle, ont employé, dans leurs éditions, les lettres
de somme, moins chargées d'angles et de pointes que
les lettres de forme. Les Anglais les désignent sous
celui de black-letter : les Flamands sous celui de lettres
et cela en 1260 : c'est une preuve de l'usage des caractères
mobiles de l'imprimerie avant la découverte de l'impression.
12*27. Item molle ferreum, cum quo fiunt ostie. (Inventaire de
Saint-Martial de Limoges.)
1*260. Nus lormiers ne puet ne ne doit mètre en œvre nule
manière d'œvre gelée en molle,
quar èle est fausse. (Livre des
rs.)
1269. Nus molères ne puet
moler ne fondre chose là où il
i ait leitres et se il le fesoit,
il seroit en la merci le Roi de
cors e t d'avoir,hors mise leitres .
chascune par li, mes en scel
ne en deniers, ne en chose qui
porte soupeçon, ne puent il
moler ne fondre.
1445. Item pour j doctrinal
getté en molle, envoyet quérir
i Bruges, par Marquât, écrip-
vain à Vallenciennes. ( Mémo-
i /■ de Jean le Robert.)
1460. ij grands molles de
cuivre à faire plombets pour
grandes coulevrines et iv
petits pour les petites. I hambre des comptes de Nantes.)
\\'\. [.<•- lettres de naturalisation des trois fondateurs de
l'imprimerie à Paris leursonl données) pour l'exercice de leurs
! mestiers de faire livres de plusieurs manières d'escrip-
lures en mosle el aultrement.
I iTt>. Item plut "Hum. molle fusti, cum quo tel assuelum facere
pi Inventaire ap. Du Cange.)
Pour cenl boIs unes heures en parchemin escriptes en
moule. \ Estienne Joudelle ci sols pour unes autres heures
en parchemin escriptes en moulle qu'il a baillées pour MDS.
Plusieurs livres, tanl en parchemin que en papiers, à is
Fig. 111. — Moules employés
par les Romains
pour la fonte des monnaies,
conservés au cabinet des antiques
de la Bibliothèque nationale.
144 CONNAISSANCES NECESSAIRES
Saint-Pierre; et la plupart des autres peuples sous celui
de caractères Flamands ou Allemands. La bâtarde
ancienne, en usage en France dans les XIVe et xve
siècles, dérive des lettres de forme, dont on a retranché
les angles et quelques traits ; la ronde financière, dont
on ne s'est point encore défait, en conserve quelques
traces. On les remarque plus particulièrement dans
^rVurcet cinamitAb) ecctiafunt laico^i
iccïxo \ fcripture.Srngreg^AUuîfeft
pi dura atroareÀliufcp pichireJnftcms
it adcnâdû adcfcc ./12dm q£ le#ênlrç Ivc
^ Iléons ccn?cnrib3pOatp\durd<ïit>iipai8m<natc5'
Fig. 112.— Caractères du Durand i Hationale Dit*, off. 1459.
le livre de la Civilité que l'on donne aux enfants pour
les [préparer à la lecture des vieilles écritures ; nous
mentionnerons quelques-uns de ces ouvrages dans un
main et en mosle, tant d'églises que autres, qui estoient audit
•château d'Amboise. {Inventaire d'Anne de Bretagne.)
1 WS. Il (Savonarolc) les a faict mettre en molle et se vendent.
(Philippe de Commines.)
1500. Le petit roole ay voulu concepvoir
Sur vostre cas, afin qu'on le recolle
Enprainte en mosle, en note, en prothocolle,
A vostre escolle. (J. G. Alione.)
1502. Priez pour celui qui a translaté ce présent traicté de
latin en françois et la faict mettre en moule pour le salut des
âmes. (Imprimé au verso du titre d'un livre de morale intitulé :
Livret de consolation. Paris, 12°, 1502, pour Geoffroy de Marnef.)
1523. La I )estruction de Troyes la grande, rythmée, historiée en
molle et parchemin. (Inventaire des livres du chasteau de Molins.)
1555. Ils ont (les Turcs) une forme taillée en bois, où il y a
•quelque belle fleurette, laquelle forme ils frottent de couleurs,
comme quand l'on imprime quelque chose en moule. (Bclon.)
1566. Cinq livres escriptz à la main — sept autres petits
livres en mole. {Inventaire du chasteau de Nevers.) Cf. Glossaire
français du moyen àye, par Léon Dclaborde.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE CINQUIÈME. 145
prochain chapitre. L'italique tire son origine des lettres
cursives, employées dans la chancellerie romaine; on
les appelle aussi lettres vénitiennes, les premiers poin-
çons en ayant été gravés à Venise ; aldines, parce que
Aide Manuce en est l'inventeur; mais le nom d'italique
a prévalu, ce caractère ayant été d'abord usité en
Italie : presque toutes les nations l'ont adopté.
Le pape Jules II, dans son privilège du 27 janvier
1515, accordé au premier Aide Manuce, relativement
à son invention des caractères cursifs ou de chancel-
ELLEMmibi cjuoniam u cri tas inobfcunjlatere adbuc
mlhmar :,u«l errore aupimpitia uulgi uariis et inrptis
fuperftitiôibus feruiaxhSTuelpHItffopbispratutate Vn«
œmoy. turbantidus e atn pocius cpUulhantïbus . et fi nô
quali m A\ara?TulKofinr : quia pdpua &i actoiirabilis
Fig. 113. — Caractères du Laclance imprimé à Rome en 1465.
lerie, dit que dans l'impression on les prendrait pour
1 écriture. Cum tu... grœcorum et latinorum auctorum
volumina summa cura et diligentia castigata a paucis
annis ad communem omnium literatorum utililatem,
characteribu8, quos vulgus cursivos seu cancellarios
appellat, imprimi tara diligenter et pulchre curaveris,
ut cala/mo conscripta c^e videantur. Ange Roccha,
dans sa Bibliotheca vaticana, dit qu'Aide Manuce
donnait tant de soins à la correction des épreuves qu'il
[l'imprimait que deux feuilles par semaine.
[je caractère romain fui renouvelé, en Italie, dans les
iux des papes i ers l'an 1 130 ; L'empereur Frédéric 1 1 1
fit graver le Bien en Allemagne, en 1470, en même
caractère; en France, sous Louis XI. on employa dans
ii I1.»
146 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
les fabriques de monnaies. Bientôt ces caractères
furent imités dans les autres Etats.... Gunther Zayner
est le premier qui, dans l'imprimerie, ait introduit
l'usage de ce caractère en Allemagne, vers H7C2*.
Un Français, Nicolas Jenson, graveur de la Monnaie
royale de France, fut envoyé, en 1462, à Mayence par
Louis XI, pour y apprendre les secrets de l'art naissant
de l'imprimerie. Les troubles civils l'ayant empêché
d'exercer cet art en France, ce fut à Venise qu'il
grava, pour l'imprimerie qu'il y établit, les beaux
Altéra ê hccdt qua queri fepe fotco.-quod ccteTaru hermines
amum fpectatv & jpbati : fi quando altquvd minus bnfeemm
quam (oient aut noluiiïê : aut uautudine vmpeditcs uô potu'
ifft confeqm id quod feirét putantur. Noliut vnquiunt hcdxe
agere rofous : aut crudior fuit .Oràlons peccatum fi quod C-
Fig. 114. — Caractères du De officiis de Cicéron,
imprimé à Rome en 146t>.
types de caractères romains que Garamond prit ensuite
pour modèles sous le règne de François Ier, et dont on
ne saurait s'écarter sans tomber dans le bizarre ou le
mauvais goût; les matrices de ces beaux types existent
encore à notre Imprimerie nationale.
Ce furent Friburger, Guering, Crantz et, après eux,
Simon de Coline, Robert Estienne et Michel Vascosan
qui contribuèrent le plus à l'abolition du gothique en
France. Il fut toujours usité en Allemagne, en Hollande,
en Flandre, et n'y différait que par ses formes plus ou
moins grossières, plus ou moins carrées ou angulaires,
* On trouve dans quelques ouvrages la représentation de
tailleurs de lettres ou caractères d'imprimerie. Voir le livre de
.lost Amman, intitulé : de Artibus mechanicis et illiberatibus,
autore Hartmannô Schopero, etc., in-12 (Cf. Fig. 38).
i 115 à Itl. - [mprimerlei ii.uk aise i I hollande
dei i • i •' kvii ilèclei
oîrrût terfnmtDiofoIrnitatiQ tut»
vofuerOt ftgnafua figtmnocû
gnouerflt Ocuc in t|ttu fupct fômfl
uaft tn filua lignom$ fecunbus
mitrrflt ianuas dus in topftjj: (n
fccuri * afcia tciecerflt cam njf«
trrOt fgm fanmiariO tuflnn frajut
Inerunt talrrnarulG nominis tui*
ifdt in f oztr fuo tognatio cog
f imr: quiefccre fartamus ors Dits
f tOos Dri a ïra igna nottta non
oiormus tam non cl! pzoptma ? %
nos no pgnofm âpliuo fçpquo
Deus impzopcrabît îimitusj irritât
aoucrfariiis nomen tnum in fine;
t quiD auertis manum tuam ?
txf tf ram ttianurr mroto Onu tuo
in fines tue aût rei nottet an Ce
Fig. 122. — Exemple de la place laissée en blanc, à l'origine de
L'imprimerie, pour les lettres capitales.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE CINQUIÈME. 149
dans les majuscules, les minuscules et les cursives. Les
pointes et les angles multipliés, les jambages rompus
en angles saillants et rentrants, caractérisent le gothique
majuscule. Les angles, les pointes et les carrés consti-
tuent le minuscule. La cursive, composée de ces deux
éléments, est formée de lettres liées et jointes avec la
précédente, ou avec la suivante, ou avec les deux
ensemble, et chargée d'abréviations qui la rendent
e VSEBIVM Pamphih de euangeh'ca praparatione
latinum ex qvzco beatifïimepacer îuflu tuo effeci
Nam quom eum uiium cum eloquétia.: tû multaiy
rerum peritia:etïgenn mirabili flumineexhis quae
tam traducta,funt praftâtiffimum fandtitas rua îuy
dicec: atq? ideo quaxûq? apud graecos îpfïus opéra
extét lanna facere ffh tuent: euangehcâ pnepatione
quae tn urbe forte reperta eft: pnmurn aggreffi tra/
Fig. 123. — Caractères de VEusèbe de Jenson. (Venise, 1470.)
presque indéchiffrable. En un mot, le gothique majus-
cule répond au parangon flamand, le gothique minus-
cule répond au saint-' nigustin flamand, le gothique
cursif répond au cicéro et philosophie flamands. Les
figures de ces caractères n'ont point pris naissance si
précisément avec un siècle, qu'on ne les trouve dans le
précédent. Elles n'ont point non plus fini tout à coup
avec le même Biècle: elles se sont perdues insensiblement,
au commencement ou au milieu du siècle suivant.
En Angleterre, Caxton adopta un genre de caractères
imitant récriture du \\ siècle, pour L'impression «les
ouvrages de chevalerie. Antoine Vérard employait en
150 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
Fiance, à la même époque, des caractères à peu près
semblables, mais mieux gravés et mieux fondus. L'un
et l'autre semblent avoir voulu donner des fac-similés
de manuscrits du temps.
Les formes romaines, adoptées par les Aide et par les
Estienne, firent tomber en désuétude ces formes semi-
gothiques, et ce fut Aide l'ancien qui créa le caractère
italique, gravé par François de Bologne d'après la belle
écriture de Pétrarque. Les Elzévier et les Plantin se
servirent, pour leurs éditions, des caractères gravés
par Garamond, par Sanlecque et Le Bé. Ibarra en
Espagne, Baskerville en Angleterre el Enschédé à
Harlem, modifièrent la forme des types d'après le goût
de l'époque. Les caractères gravés par Fleischmann, à
Harlem, pour la fonderie d'Enschédé sont très remar-
quables. Baskerville gravait lui-même ses caractères.
A l'origine de l'imprimerie, les lettres initiales furent
laissées en blanc dans les livres; des copistes les
dessinaient à la main, les ornaient de figures et d'ara-
besques, comme on avait eu longtemps l'usage de le
faire pour les manuscrits. (Voir fig. 122.)
Les Psautiers de 1 457, 1 459 et 1490 offrent de très belles
lettres imprimées et ornées. (Voir fig. 124 ,1 46 et 147.)
Erhard Ratdolt, imprimeur à Venise (vers 1477), est
le premier typographe qui ait fait des lettres capitales
ornées un emploi fréquent; cet usage se répandit
ensuite de plus en plus. Des incidents empruntés à
l'histoire sacrée et profane, des animaux de tout genre,
des images grotesques constituèrent habituellement la
décoration donnée aux majuscules ; la Danse des Morts
fournit en ce genre de nombreux types. Parfois ces
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE CINQUIÈME. 151
lettres capitales furent introduites dans des ouvrages
dont aurait dû les exclure la nature des sujets qu'elles
représentaient. Une majuscule, ornée d'une vignette
représentant le mythe de Léda, fut, par une étrange
inadvertance, placée au commencement de l'Epître
de saint Paul aux Hébreux, dans une Bible anglaise
imprimée à Londres par Richard Jugge en 1572;
if dû nûr crlcbrr magnag* çauDia fôjxliût
±Xtzlft
* ♦ t —
animoa ratmma^nurerrii crittua fallu frandit
;« rj J»i B \ ï ï -f f ^(JonfrenHûtubi
au arDuû rr loiûpius arbitre, lâ$ letuç aD «tjer a
Fig. 124. — Fragment du troisième Psal/morum, imprimé à Mayence
en 1 49<J, par Pierre SchoifTei. (Voir fig. l&et UT.)
la môme lettre se trouve dans un livre de Prières
sorti des presses du môme imprimeur. Parfois, dans
des livres du xve siècle, les lettres initiales sont d'une
très forte dimension et ornées de figures bizarres, de
têtes humaines, d'animaux.
Depuis le w siècle, on a fait usage et avec succès,
en Angleterre surtout, des lettres ornées et historiées.
UHistory of urines par Hcnderson, 1828, in-4°, offre de
fori jolies majuscules avec des suj< ta analogues au
contenu du volume. Quelques imprimeurs et éditeurs
contemporains font usage de Lettres ornées, mai;- avec
152 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
beaucoup de goût et de sobriété. A côté des caractères
généraux, qui permettent de reconnaître les incunables,
il faut citer aussi les ornements dont ils étaient chargés.
De superbes lettres initiales étaient dessinées et minia-
turées dans les tètes de chapitre. Des scènes animées,
des personnages se jouant dans un fond d'or au milieu
des grandes capitales dont les volutes gracieuses,
allaient s'enrouler en multiples nœuds dans le bas de
la page. Ceci pour les très beaux exemplaires sur vélin
ou papier de choix : on se contentait, dans les exem-
plaires plus ordinaires, de peindre la lettre en rouge,
modestement et sans prétentions. Les lettres tourneures,
ainsi nommées à cause de leurs figures rondes et
tournantes, servirent dans les premières impressions,
comme elles avaient été en usage dans les manuscrits*.
(Voir. fig. 125 et 125*.)
Les lettres grises sont de grandes lettres initiales à la
tête des chapitres et des livres, travaillées en marqueterie,
en broderie, en points, en perles; historiées ou repré-
sentant des figures d'homme, d'animaux, d'oiseaux, de
* Alopa, imprimeur vénitien du xv° siècle, possédait très bien
les langues grecque et latine. Le célèbre Jean-André Lascaris,
critique et poète renommé de ce temps, qui avait à cœur de
faire revivre ces deux langues, le choisit pour son imprimeur,
et corrigea lui-même ses éditions. On a remarqué que toutes
les éditions sorties des presses de Laurent-François de Alopa
ont partout des lettres capitales fort belles, ce qui était inconnu
jusqu'alors; car on laissait ordinairement en blanc la place où
devaient se trouver les capitales, et on les faisait à la main, soit
en couleur, soit relevées en or. Maittaire a parlé des éditions
de Alopa dans ses Annales ly)>ographiques, surtout de la pre-
mière de ses éditions, avec une préface de Lascaris, toute en
lettres capitales, mêlée de mots grecs. On a de cet imprimeur
cinq éditions toutes en grec : la première est de 1494; la
deuxième est de 14%, et les trois autres sont sans date.
firojdi*
115: béni
uolctii
captas
no.
ra indu
cens,
fâcipit cpiflola beeti
J^lÔ^rmni ad *pattlinum pzefbyterum
oeornnïPTre Diurne btftone lib^ie*
bzofttienia
mibtmunufculaper
iTeneîDctulitfïmul
le fuauiflitnae literae
qucapzinapioamta
a£fidemp?obateia
neamici/
iprereo^t^eraent ariNtfflïtu
"utino copulata:qinuîô
vtilitO6jîrfFamiliari0:nô pzcfcntia
inxmô fubdula z palpas adulatio
moziDiuinaç fcnptua^ftudia
•gimuemvetenbua (conciliât*
biftonjetquofdâ luftrafleptuntt
astnquos adijfc populos :mana
quos ce litote notierant:
q5 vidèrent é SicDitbagozaemem/
a
câûïtàuce
[moyfen:? locutus eft ei
pominue oc tabernacu
'lo teftimonij:Dué0.io>
quere filtjô ifrael:et Di ♦
ccaadcos.. Iteomoqui
)tulerite]tvobi9bo[ti
am Domino De pccoïïBîuhd eft De bobua
i a 1 1 ,. Exemples de lettres tournburea tli
,),. ] iq| qooi byodi reproduit !<■ titre el l'achevé d Imprimer.
Voir fli 152 el :
90
a
,ya
£roIiar.pIo£ue in feptcepfae canoni
argumcntum in eafdcm.
" ipemis:iobânes/zi\xdasfe
btcmcpfasediderunttam mffti
1e q| hxccinctae z bzenee parirer
in verbisÀonçae in (en
rame uttj n î eas cecutiat Icôc.
£gphat argumetû î feprê eptas >cano*
nicaa^ncipit argumentant tn cpFam ca
nonicambiaijuKubi apoftoli.
jacoto^pfe fctm infini it clerû oc
I {culture edeftiu peeptop et régula
catbolice obferuantf e ? te muicte
? oe raidard* plurimom
i oc mendacid^tu^ittronjm.
£in)!icic'0î'gnrrrentnm.3ncipitepifto^
la canonica bcari lacobi apoftoli,
£.S.£>ocetapferentatônih> refitterc
eftendene t>cC\ nec cfle tempratoz? ac au*
isatgcccari arcftvcritart acqufefcerc cam
ludicndo ac oj2ocMîeicdo. £a* I
t>ni noftri iefu rai fera9
tmodecim tnbubtefur
i I M inoifpficnefalutctem
udiû enftimate rrca
ei cfl intcmpratônca
variai incidmtie.fipteit
[dciveftre patfam ogarur
; l|"0atîa aût opnrïrôçtû beat vt fuie pfe
cri i inteçri z in nullo otfMjcnrc^.Si <!js
atlt vrm indiçsct fapîa pofmtefc# ôo <!j Qût
Fig. 123'. — Exemples de lettres tournei res tirés
de la Bible dont nous avons reproduit le titre et l'achevé d'imprimer.
(Voir flg. loi et 133.)
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE CINQUIÈME. 155
fleurs, de feuillages, etc. Ainsi que nous l'avons dit
précédemment, les copistes dans les manuscrits, les
imprimeurs dans leurs ouvrages, laissaient en blanc les
capitales des livres, ou y mettaient seulement une
minuscule afin que l'enlumineur eût la latitude et la
liberté d'orner ce cartouche selon son goût. Les impri-
meurs, dès l'origine de la typographie, avaient des
moules particuliers pour les lettres grises. On remar-
quera ces lettres dans le Psautier de 1457. (Voir fig. HO.)
Les Grecs et les Romains ont séparé chaque mot par
un point, quelquefois par deux, dans les inscriptions et
les monnaies. Ils ont distingué les pauses et le sens
complet ou incomplet du discours de la même manière,
et dans l'origine, par un espace en blanc.
On croit que la ponctuation des manuscrits est aussi
ancienne qu'Aristophane; on accorde môme à ce gram-
mairien l'invention des signes distinctifs des parties du
discours. Le point seul, placé tantôt en haut, tantôt
en bas, tantôt au milieu de l'espace, qui suivait la
dernière lettre, marquait ces trois sortes de distinction.
L'une n'était qu'une petite pause, nommé komma chez
les Grecs, incisum chez les Latins, virgule en France.
Dans les édition- «lu \\ siècle, die est désignée par
une ligne oblique. La seconde était une pause un peu
plus grande, mais qui laissait encore l'esprit en suspens;
on l'appelait kolon chez les Grecs, mçmbrurn chez les
Latins: on la note par deux points perpendiculaires. Le
demi membrène ou semi-kolon est désigné par un point
ei une virgule. La dernière pause termine le sen^
complet du discours, el se marque par un point mis au
156 CONNAISSANCES NECESSAIRES
bas du mot ; dans les imprimés du xvc siècle, il a la figure
d'une étoile. Charlemagne avait si bien senti la néces-
sité de la ponctuation pour l'intelligence des auteurs,
qu'il la fit rétablir par des règles tirées de la version
latine de la Bible par saint Jérôme; il en fit même un
des points les plus importants de ses Capitulaires.
Alcuin les fit exécuter à la lettre dans toutes les écoles
des métropoles et des monastères, en plaçant cette
inscription au-dessus des bancs où l'on copiait les livres :
Hic scdeant sncnr scribentes flamina logis...
Per cola distinguant proprios et commata scnsus,
Et punctosa ponant online quisque suo.
Démosthène, Cicéron, saint Jérôme ont introduit les
s tiques, ou divisions en versets ou demi-versets, dans les
manuscrits grecs et latins. Les alinéas furent désignés
d'abord par un vide dans le corps du texte ; puis par une
lettre initiale majuscule, qui indiquait le commence-
ment du discours; enfin, dans le même discours, on
introduisit trois sortes d'alinéas, que l'on trouve dans
les éditions du xve siècle et des suivants; ce sont les
alinéas alignés, qui sont de niveau avec les autres
lignes de la page; les alinéas saillants, qui outrepassent
de quelques lettres les autres lignes; les alinéas ren-
trants, qui laissent un espace vide au commencement de
la ligne, comme on les voit dans les éditions modernes.
Les traits d'union ont été inventés par les anciens
grammairiens pour marquer la jonction des lettres
d'un même mot.
On les a rendus par un simple trait horizontal ou par
un double =, quelquefois par une espèce de c cou-
ché « . On les voit dans les premiers livres d'images,
A ON BIBLIOPHILE. — CHAPITRE CINQUIÈME. 157
dans les premières impressions de Mayence, et géné-
ralement dans celles du xve siècle, désignés par deux
petites lignes obliques //, quelquefois par une seule.
Il en est de même des guillemets, qui portent le nom
de leur inventeur, dont on se servait déjà dans les
anciens manuscrits, pour distinguer les citations : on
les connaissait sous la dénomination (Y anti-lambda.
Leurs signes ressemblaient assez à ceux des traits
d'union. Dans l'imprimerie, ils sont désignés par deux
petits oo renversés, ou virgules doubles ". On les
remarque déjà dans les premières éditions des bibles.
Les anciens se servaient des mêmes signes que les
modernes pour exprimer la parenthèse. Deux c (le pre-
mier en sens naturel, le second en contre-sens) dési-
gnaient des propositions incidentes étrangères au sujet,
ou qui n'y étaient pas nécessairement liées. Jean de
Westphalie, Veldener, Gérard Leeu, Martens d'Alosten
on fait usage dans leurs éditions.
Lp- isques étaient connus du temps d'Aristo-
phane, d'Origène, de saint Jérôme et de saint Grégoire,
dans les manuscrits grecs et latins. Ils étaient figurés,
en petite étoile, ou en X cantonné de quatre points.
[la servirent à différents usages; c'était, tantôt une
marqu»' <1 omission ou de restitution d'un texte; tantôt
le signe d'un sens tronque ou de phrases dérangées;
tantôt un indice des maximes, des sentences les plus
remarquables d'un ouvrage, ou celui d'addition au texte.
' dans ce dernier sens qu'ils onl été employés, en
l 175, par Jean de Westphalie dans le Breviarium <iom.
Joan. Fabi -ii< ■• m, afin de distinguer le texte
• lu codei d'avec le commentaire. Les chiffres appelés
158 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
par les Latins custodes paginarum sont arabes ou ro-
mains : les chiffres arabes étaient usités en Europe,
avant le milieu du xnr siècle, dans les manuscrits
pour marquer leurs dates.
On en trouve quelquefois dans les imprimés du
xvc siècle qui servent au môme usage, soit dans les
souscriptions, soit dans la première lettre grise de
l'ouvrage ; mais ils sont rares. Les figures de ces chiffres
ont subi le sort de l'écriture ; elles ont varié comme
elle; il y en a de particulières au x\L siècle dont les
diplomatistes ont donné la forme. Les chiffres romains
ont été d'un usage presque universel dans les premières
éditions, soit pour numéroter les pages au haut du
recto, ou à la marge, soit pour marquer l'an, le mois, le
jour où elles ont été achevées. On croit que le nombre
des pages a paru pour la première fois en 1469, dans
l'édition de Tarife, faite à Venise par Jean de Spire.
Elles se trouvent dans les éditions de Ther Hoernen,
exécutées à Cologne en 1 170 et 1471, marquées en
marge; et dans les éditions de la Belgique, marquées en
haut de chaque feuillet au recto seulement. Chevillier
nous apprend que Crantz, Guering et Friburger ont
employé pour la première fois les chiffres au bord
supérieur des pages en H77, dans Sermoncs aures
fratris Leonardi de Utino, ord. prsedic.
Chaque page, in-folio, in-4°, in-8°, était ordinairement
divisée en deux colonnes; très souvent aussi elle était
imprimée à longues lignes. Ces lignes variaient de
longueur et de nombre dans les pages, parce que les
anciens artistes ne savaient pas encore donner à toutes
les lettres de fonte une égalité parfaite de corps et de
A UX BIBLIOPHILE. — CHAPITRE CINQUIÈME. 159
proportion; ils ne connaissaient pas assez Y approche,
qui consiste à donner à la tige qui porte les lettres
l'épaisseur juste qui leur convient, afin qu'elles soient
entre elles à une égale distance ; ils ignoraient
l'usage des interlignes de fonte, qui sont des lames de
métal justes et égales d'épaisseur que l'on emploie
aujourd'hui dans l'imprimerie pour élaguer les lignes
d'un caractère, et donner à chaque page une dimension
géométrique: enfin ils ont employé des caractères d'un
œil différent, et fondus dans diverses matrices, pour
composer une même forme.
Les marges dans les principales éditions étaient fort
larges, soit afin que les auteurs ou les lecteurs puissent
y ajouter leurs remarques à la plume, soit afin que des
possesseurs eussent la faculté de les faire embellir
d'ornements de diverses couleurs, comme pour les
anciens manuscrits *.
L'encre à écrire, en raison de sa fluidité, ne pou-
vant servir à imprimer, il fallut en imaginer une plus
gluante qui put tenir sur les caractères; celle que l'on
employait dans l'imprimerie tabellaire, pour la confec-
tion des images, était claire et pâle. Jean et Ifuher!
Y;m Eyck, en trouvant l'ail de mêler avec les couleurs
l'huile de lin ou de noix, pour en faire un corps solide
'•i éclatant, onl probablement donné lieu à l'invention
siècle, comme à la fin du \iw on aimail feuilleter
un livre dont les marges, ménagées très largement, étaient
ornées <i arabesques, ou quelquefois de dessins appropriés au
me douce harmonie. Loin de nuire à l'impression,
ition la rehaussait vigoureusement. Dans le chapitre
septième, nous parlerons <lu décordes marges d'un livre à la
lin <lu \i\ BÎ(
160 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
de l'encre d'imprimerie : elle s'est perfectionnée parti-
culièrement à Mayence, en Hollande, en Flandre, où
elle a atteint un noir d'une si grande perfection,
qu'elle n'a éprouvé aucune altération, depuis plus de
trois siècles, comme on peut s'en convaincre en exa-
minant les premières impressions.
Les ornements typographiques furent employés par
les premiers artistes allemands ; on sait aussi que
Jean de Westphalie en 1475, Jean Veldener en 1476,
Golard Mansion en 1477, Gérard de Leeu, en 1480, et
presque tous les imprimeurs du xve siècle, ont enrichi
leurs éditions de portraits, d'écussons, d'images, de
lettres grises et de figures gravées sur bois.
Quant au nombre d'exemplaires que les premiers
imprimeurs tiraient d'un ouvrage, généralement il
n'excédait pas trois cents; le papier, le parchemin, la
presse, les enlumineurs, les traducteurs, les correcteurs
nécessitaient de grandes dépenses; de là la rareté, la
chertémômedeslivres en première édition. On imprimait
tout au plus trois cents feuilles par jour; ce petit
nombre procédait du défaut des presses anciennes qui
n'avaient pas le roulement des modernes. Il est pro-
bable que les imprimeurs du xvc siècle en employaient
plusieurs pour l'impression d'un même ouvrage; cette
conjecture est fondée sur le récit de Braun qui nous
apprend qu'un abbé, Melchior de Stamham, voulant
établir une imprimerie dans l'abbaye de Saint-Ulric
à Augsbourg, prit en 1472 un habile ouvrier de
cette ville, nommé Saurloch. Cet ouvrier employa
une année à préparer tous les instruments nécessaires
et acheta de Jean Schuessler cinq presses, qui lui
A ON BIBLIOPHILE. — CHAPITRE CINQUIÈME. 161
coûtèrent 75 florins; il en fit construire cinq autres
petites, fit fondre des caractères d'étain, et commença
à imprimer en 1475. Après avoir donné une édition du
volumineux Miroir de Vincent de Beauvais, il en ache-
vait la troisième partie lorsqu'il mourut. Saurloch avait
dépensé 702 florins à fonder son imprimerie et à la faire
mettre en œuvre; son successeur, trouvant sa maison
obérée, vendit les trois parties du Spéculum pour 2 4 florins.
Le prix des livres variait dans une môme ville à
raison du nombre des imprimeurs et des imprimés.
Souvent un typographe réimprimait dans le même
endroit l'ouvrage mis au jour par un de ses concitoyens.
Les premières éditions étaient toujours contrefaites
dans d'autres États et circulaient de pays en pays;
il se faisait un large commerce d'échange entre les
principaux imprimeurs.
Le Catholicon de Jean de Janua fut vendu en 1465,
au monastère de Sainte-Marie d'Altenbourg, 41 écus ;
le môme, dix ans après, ne coûta que 15 florins d'or.
La Bib/<; de Mayence de 1402, imprimée sur parchemin,
fut achetée 40 écus d'or par Guillaume Tourneville,
évoque d'Angers, et ce fut Ilerman de Stathoen, fac-
teur de Fust et Schoiffer, qui la lui vendit en 1470; le
Missel de Wurtzbourg, imprimé sur membrane, fut
lé .i William Kewstfa pour 18 florins d'or en 1481. On
voit que le prii des livres, pour les particuliers, variait
selon les localités el les circonstances.
Les signes auxquels on reconnaît les éditions du
siècle se trouvent dans m» ouvrage de Sébastien-
Jacques .lu rr_" -min-, intitulé: Disquisitio in notas cha/rcu
a libroruma typographies incunablo ad cm . M. Ik
n 21
162 CONNAISSANCES NECESSAIRES
impressorum, etc., 1740, in-4°. Tous les auteurs qui se
sont occupés du classement des incunables ont dû
adopter les mômes principes. Voici, en résumé, les
signes auxquels on peut les reconnaître :
1° l'inégalité et la grossièreté des types.
Cette inégalité et cette grossièreté ne subsistèrent
pas longtemps : peu à peu, les caractères se perfection-
nèrent, et nous voyons sur la fin du xvc siècle des éditions
bien préférables à celles de plusieurs imprimeries
modernes.
2° L'ABSENCE DES TITRES SUR UNE FEUILLE SÉPARÉE.
Ce signe d'ancienneté n'est point équivoque, car ce
n'est que vers 1476 ou 1480 qu'on a commencé à impri-
mer les titres des livres sur un feuillet séparé ; et les
titres des chapitres se voyaient déjà dans les Êpîtresde
Cicéron datées de 1470.
•~° L'ADSENCE DES LETTRES CAPITALES AU COMMENCEMENT
DES DIVISIONS.
Dans les premiers temps de l'imprimerie, ainsi que
nous l'avons déjà mentionné, les imprimeurs laissaient
la place des capitales en blanc. Les livres étaient
remis à des rubricateurs qui y miniaturaient les lettres.
Des calligraphies habiles y plaçaient la lettre initiale,
accompagnée de quelques miniatures ou d'ornements
en or et en couleurs.
4* LA COMPACITÉ DU TEXTE SANS INTERVALLES.
b° L'ABSENCE DE VIRGULES ET DE POINTS VIRGULES
ET DE TOUTE AUTRE PONCTUATION.
On ne peut se fier absolument à ce signe; les impri-
meurs reproduisaient généralement la ponctuation des
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE CINQUIÈME. 163
manuscrits comme elle se trouvait transcrite. Or, la
ponctuation remonte à l'antiquité, et elle a toujours été
employée depuis.
La virgule est très ancienne et a été imitée des manu-
scrits; on la distingue dans les premières éditions, sou-
vent figurée par une ligne oblique.
Jungendre a voulu probablement parler de la forme de
la virgule qui a varié et qui ne se place pas de même
chez les différentes nations. Les Allemands, les Anglais
et les Suisses la mettent sans espace, immédiatement
après le mot. Les Espagnols et les Italiens la fixent entre
deux espaces inégaux, et dont le premier est moins
étendu que l'autre.
6° LE MANQUE DE CHIFFRES AU HAUT DES FEUILLETS OU DES PAGES
ET CELUI DES SIGNATURES ET DES RÉCLAMES AU BAS.
L'usage des chiffres, signatures et réclames, bien
qu'étant d'une date antérieure à la découverte de l'im-
primerie, ne paraît avoir été employé dans les impres-
sions qu'à partir de 1 470.
7 I.v SOLIDITÉ ET L'ÉPAISSEUR DU PAPIER.
Il ne faut pas trop s'attacher au caractère du papier;
on le faisait aussi Bolide au xvie siècle que dans les
dernières années du \\ . Les marques d'eau peuvent
servira déterminer le lieu d'impression, quelquefois le
nom de l'imprimeur.
i. M UfQUE DO nom D'iMPRIMBI R
l»i NOM DE LA MLLE ET DE LA DATE.
ci esl un des signes les plus importants pour déter-
miner les incunables. Les m;in|iirsd'imprimcurniérilenl
qu'on s'y arrête; souvent, ce simple élément, à défaut
164 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
de tout autre, sert à définir un livre*. Certaines de ces
marques sont admirablement composées; leur dessin et
leur conception sont d'un goût admirable. Parmi les
plus remarquables nous signalerons celles de :
Jehan Herouf, imprimeur à Paris, 1514-1525.
Boucard, imprimeur à Paris, 1496-1551.
Josse Bade, libraire-imprimeur à Paris, 1501-1555.
Berth. Rembolt, imprimeur à Paris, 1491-1518,
ainsi que celles des Aide, des Estienne, des Colline,
Vascosan, Wechel, etc., etc.
Les livres imprimés par Gutenberg, ou qui lui ont été
attribués, ont fait l'objet d'un travail très documenté
publié par le Bulletin de la Chambre des imprimeurs
typographes. Nous le reproduisons en entier, les rensei-
gnements qu'il fournit devant intéresser nos lecteurs.
« Gutenberg ne s'étant jamais nommé dans ses pro-
ductions typographiques, et la majeure partie de
celles-ci n'étant pas datée, il est naturel que les biblio-
graphes ne soient pas tous d'accord sur celles qu'il
faudrait lui attribuer. Cependant, sauf la fameuse Bible
de 36 lignes, aucun ouvrage considérable n'était le
sujet de contestations sérieuses. Mais A. Bernard a
essayé de renverser toutes les notions que l'on avait
sur ce sujet. Il refuse à Gutenberg toutes les impres-
sions exécutées avec ses caractères les plus anciens de
tous, ceux de la Bible de 56 lignes; il lui dénie môme
* Deux libraires érudits, M. L.-C SilvestreetM. Paul Delalain,
ont publia des documents <lu plus haut intérêt sur les marques
des imprimeurs el des libraires. (Cf. Chapitre dixième.)
A UX BIBLIOPHILE. — CHAPITRE CINQUIÈME. 165
le Catholicon de 1460 (Voir fig. 156). Selon lui, dès les
premiers débuts de l'imprimerie à Mayence, trois ou
quatre ateliers s'établirent dans cette ville. Chaque
espèce de caractère est attribuée par lui à un imprimeur
différent, et parmi ces typographes, il est tenté de
placer le fameux Jean, le prétendu voleur de Coster.
« Le système de M. Bernard ne semble pas, du moins,
avoir été appelé à faire fortune ; il ne repose sur aucune
base solide, mais bien sur des conjectures qui ne sont
pas même plausibles. Il est à regretter que A. Bernard
ne se soit pas cru lié par la promesse faite par lui en
ces termes dans l'avant-propos de son grand ouvrage :
« Mon livre est purement historique. » Ce livre, dans
lequel se trouvent des parties réellement fort estima-
bles, y eût beaucoup gagné.
« Il est inutile de parler ici de plusieurs livres sans
nom d'imprimeur et sans date que l'on attribuait à
Gutenberg, à une époque où l'étude des incunables
était elle-même encore au berceau. Il ne peut être
question non plus des Confession/ (lia, dont on a tant
parlé, ni du Catholicon, gravé sur bois, dont l'abbé
Trithème fait mention. De plusieurs petites impressions
de Gutenberg, on ne connaît qu'un seul exemplaire,
ou de simples fragments. Il en est sans doute aussi
plusieurs de ce genre qui ont disparu complètement.
« Voici d'abord la liste des impressions que l'on peut
attribuer à Gutenberg avec presque certitude :
" I. Plusieurs éditions <lu Donat, imprimées avec le
caractère qui servi! plus tard à la Bible de 36 lignes <-i
qui peuvent remontera l'année 1450. Quelques Biblio-
thèques en conservenl des fragments. Il existe aussi
166 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
des Donats exécutés avec des caractères de la Bible
de 42 lignes, que Gutenberg peut avoir imprimés.
« II. Les Lettres d'Indulgence, de 1454 et 1455, de
50 et 51 lignes. Dans l'une de ces compositions, celle
de 51 lignes, on voit paraître la grosse gothique de la
Bible de 56 lignes (Voir fîg. 126 et 127). Dans l'autre, de
50 lignes, se trouve le caractère de la Bible de 42 lignes
(Voir fig. 128). Les caractères petits et cursifs, employés
dans ces Lettres, ne reparaissent plus nulle part. Sou-
vent l'on s'est demandé ce que ces caractères peuvent
être devenus. Voici une conjecture des plus plausibles :
La fabrication et la distribution des Lettres d'Indulgence
devaient être sévèrement surveillées et contrôlées pour
empêcher que l'argent à en provenir ne fût détourné
du but pieux auquel il était destiné. Dès lors, qu'y
aurait-il d'étonnant que ceux qui furent chargés de
cette surveillance eussent exigé des imprimeurs des
caractères spéciaux et la destruction, à faire sous leurs
yeux, des petits caractères, lettres et poinçons, dès
que le nombre commandé d'exemplaires eut été tiré?
« Si l'on acceplait cette supposition, elle explique-
rait à la fois, et la disparition des petits caractères
employés, et les éditions si différentes de ces Lettres
d Indulgence, exécutées presque simultanément.
« III. Appel de lu chrétienté contre les Turcs (en
allemand), in-4° de 6 ff., exécuté également avec les
caractères de la Bible de 56 lignes. C'est une espèce
d'almanach pour l'année 1455 (qui doit avoir paru, par
conséquent, vers la fin de 1454) en rimes allemandes,
et le plus ancien livre imprimé en cette langue.
« On ne connaît qu'un seul exemplaire de ce livret
r rviCyp» ttufci 'w:ïiut spcUicVcMia )£&tS5i rmeis vpi bofc&.Zhi\Kfôs* £>AMccnoîgrati»o>«fiii omibjXPi/iScfibrVbidba
i-'Wnitt-f ipôs p olBGom-m faguis ô-m n:f ibû ïpi pic erfpn&d qui infra tnciuu a p:imaoicOOaïta>ui< aîït CO*cciuwcn>tOiè'U>
. . i&tatboiKc/àcj i Regm p^icti Scfaculutib; fuiimagis-oel min'pwut ijv«'>oic<bvr2!cicijriK.p:oci"uit>i>>€rnjJîi)âX>{a>
ÉS«^êcv«9*fa»"i ** Confcflojcs fèorici Iceulaics'^ocl ftcgiUws pn iplôscligcnof sfcfliompî coi; oi«5io«.j> ?nii ni*«ri££tei
■lin f tftun liîfBiTniirtffl atq; X-Iictis quânïcuq; gtauits p^na^Oïc/ tâtû ocbuâabftludoiic impcoac •* ftaiitâtîfjRtfa^
Etuïgflf Açcn>"fi i5 buîlitcr pctic:it ipôVaquibulcûqj cvc'icatioiiu fulpcnlioitû iVttciMcti aliilq; (bitctiiscttuuft-»pciii«i'cdcftn;
■ëo4*3u:e"*tactab b*îc ymulgaris quib? foikn innoMti otiltût abfolucic . Iniûcuy ttioSo culpc printâta talufan -*d alii* qjisf
-îç3iiïfuJ5i'rti>iuïgirnîa JrciT^co pénitents icoivvfli*.vcl fi foifan pjoptct amiflioncm Icquclc jfiVcTinanpcttcTmcfigitrîeî'
e^feéftf!>^i>j;>kn(rmiâv"™pcn"2;fa0:" plcanârcmiJlîinxiimcInODtcaa
fcfla,wèiiï jx.cjIo ipi» aûe* 3pt>ca xcèscSalcâ't.SuiiffACtoc g cosfcût fi flrpuitcnm aut j> coi} bc:cc\-s fi tunctzô'fîcàitt Sbla
ÎLqfpoJi ptoukû 3c«!i»m-^"t)inï anû fingufis fouis fcni»'V>'cl quaSâulin Sic iauuét.IegitK> tmpcoipirw ce»-fcfic fecpto Rcçuilan
eifcîuutïa.pnij iniifctOoo» ud alias non ob(tan.6t ipîsimpcoitis in ïncto ano uclcm* para <bmo fcqucuti ucl/i'NLS'quatn
, IMTJiO !"'! iriuii.-.buM.Gt fi Paliquc ânoiTtoel coi; paètc «MM icivmu cômooe aoimplctc ncquiucnnt CcmfcllôcAS laclceao
f:t aKa-îïiàtaxpot.-rit canons opca cpie ipifaccc ctuï tcncâfDûmooo tn e% MiJcntia r<iflîciu« bm-'i qiccO eibftt pccotacnon
;,"jcfumànt alioqui" èneta pMrJlntpin AS ptoianâ tanifTuJnfui mom» cuticuL' a tcrmjjw que uè- pcfa<* ?fiJ><nnVDt fBttgT
-.Mutt» iwili? fim robccrt ucl mcmcHét qina%cuo;iif J\c«u» 0<î V*« Ç>)jG>qA %> >.*\» .»■»»«♦■>»■»■*« v «y»*»-»»».'
^irou Svcaî wîultum Se f.vuîutibu» fui* pic c»gai »r\, .mérita butufinboi ïn^ulgenrii* gcuScx oebet lrr\>oi»4t)Ç fefamo
«nJdi&içiJluoi ailjoe'oîïinanirn p;cf^rib}lutc:i»tv^mcmialib)cftaij.,Oî^«nOaJUii) w.ve.>rsi(»"-j".M»ajino 5iû CDocçhn)
if «ràa plrtiiCùmE abf Qlutiants irKmîflmmB în mia
L'^.^M iClTij ÎIIT tU I 11 ^J\i m } t)cru4 jtp^ B far(cti(TiTrâ"rt piinimâiHiâ', f c"ablôt>/af €f aûcfc ipi? bcatoifijt.^ffS r» panB
.te iptici micbi srmfia et «ibj'?ccfia €gotc abfeluc ab cnntu pc6» nu* strats sfcfTi* ^ oblms énâ ab omibj cafl
b;dtq^tefccbl quStûcûqigwmbjSKSi aprKcrc^îuan&rtccnc^aqwbBfcûqjcjiccKatK'hm fufpcnfionctlntcjî'icD
- -, t prm« tcÂiaftioi a jute ■vcl ab boîe pmulqaùi fi qua» inourifii SanSo tibi plâflima o«n pcfin^tuoi; inairi •
CCnuâ'3 c'cjnùlioiu 3uquâu»cLm£j(aiicu-maUi«ccdic in bac gtc fe c\;cnJût.}n iwrauu patrie * filuct fpuitus fanai ^jncn .
fjù\ _îfoaiuplmaa£ccttîiifionîsminiRriôMwla
^^ J ' .CTTiTfUT IUI Ut Onfnoitc: uttirpu G50 te abtôluoa^ omibî pcfTî.frii» 3«!ti« 5^5 ■? c-bfitiç rcffifuoiîo te Vnita .
~ j fuNii.ii iâcTatiXJia» Ccrîij Rcrrnt(C)i>jMbT-poiaipu:gatoriiquasp!optcr cul pa* et offoifaiinciuriftiSaiirvtibi ploiatuim
rfîayrfJlijwriî Tcmi(?).ni~i3niTUfltû cloues (û mj&ccîii ui Ijoc parte le octtniût .lu noie prU et filn ci fpûs fanca amo» .
Fig. 126. — Lettre d'Indulgence de l'édition dite de 51 lignes
imprimée à Mayence dans le courant de liai.
mmtfte pmilinus
rfonna plntîTfunt abfolutîonfe et rmritfianfe în mm
Mitaaturtuitf
tfomici plmiutt rttîîtffiûnis in ramns amtuto
^ifoxaturtuuf
res de la Bible de 56 lignes employés dans la Lettre
cTIndulgmce de l'année U5i, édition de 31 lignes.
vJniurrfia pnulîmra
ÇT\ if omia plr nîffimr nbfolunonîo r t remîffionïa îa uîta
\0>4tffrraturtuiK
Ç(\ï If omia plrnanr rrmiffionio m mouio arnrulo
3yx«rrrfarurtun:
1 ; " Caractère» de la Bible de U lignei employés dam la Lettre
,l'< I de l'année 1455, édition de 30 llgni
\\\ Mfr -% % w
m
nftoftmfanemiïieouantuifpnifna-:- njiUcfmio crcc°
Fig. l"2(.i. — Fac-similé réduil «le l'image de saint Christopl
avec souscription datée de 1 l:T> (inillesimo cccc0 xx° tertio).
{Cabinet des têtampeê de la Bibliothèque nationale.)
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE CINQUIÈME. 169
curieux : il est conservé à la Bibliothèque Royale
de Munich.
« IV. La Bible latine, si connue, de 42 lignes en
2 volumes in-folio. Elle était imprimée en 1456, comme
le prouve la souscription manuscrite de Henri Albech,
dit Cremer, vicaire de l'église de Saint-Étienne de
Mayence, qui se trouve dans l'exemplaire conservé à la
Bibliothèque nationale de Paris (V. au bas de la fig*. 149).
« V. Le Calendrier de 1457, imprimé avec le caractère
de la Bible de 56 lignes. Le seul fragment connu se
trouve à la Bibliothèque nationale de Paris.
« VI. La Bible latine de 56 lignes, ordinairement reliée
en 5 vol. in-folio, souvent, mais erronément attribuée à
Pfister de Bamberg. ^i^£~-^sm~z *.
M. A. Firmin-Didot et ipmînîb; bonc uoiûtatîa.
d'autres bibliographes Fig. 130. - Caractères de la deuxième
pensent que cette bible nible de Ma>ence-
parut avant celle de 42 lignes. Mais ces deux éditions
volumineuses n'auraient pu être achevées en si peu d'an-
. de I 150a I 156, et cela dans un atelier d'imprimerie
nouvellement monté. Le savant M. J.-Ch. Brunet, dans
sa dernière édition de -on Manuel, admet comme très
probable que cette bible a été imprimée à Mayence.
« VIL Summa quse vocatur Catiiolicon, édita a fratre
Johanne deJanua ordinièfr. prsedicatorum. Mogunli.r.
I MM), in-folio (Voir fig. 136).
« Km dépit des assertions contraires de A. Bernard,
la majeure partie des bibliographes continueront à
attribuer cette édition à Gutenberg. La souscription
seule, si remarquable, de ce livre, ne permet guère de
i corder qu'au digne inventeur de la typographie.
h 22
170 CONNAISSANCES NECESSAIRES
Les trois impressions qui suivent sont exécutées avec
les mêmes caractères :
« VIII. Une Lettre d'Indulgence de 1461. Elle fut
accordée par le pape Pie II, pour la réparation de
l'église de Nuhusen (Neuhausen). Un fragment unique
faisait partie de la bibliothèque du comte Razomowski,
à Moscou. On ne sait ce qu'il est devenu, mais il est
probablement resté en Russie.
« IX. Thomas de Aquino. Summa de articulis fidei,
in-4° de 12 feuillets de oO lignes.
« X. Matfiœi de Cracovia. Tracta tus racionis et con-
scienciœ, in-4°, de 22 ff. de 7)0 lignes. Un exemplaire
conservé à la Bibliothèque nationale de Paris offre une
souscription manuscrite très intéressante, dans laquelle
il est question de Henri Keffer de Mayence. Celui-ci
était ouvrier de Gutenberg, à qui il était demeuré
fidèle après sa séparation de Fust, et qui, après la
mort de son maître, alla s'établir comme typographe à
Nuremberg.
« En 1465, l'électeurde Mayence, Adolphe II de Nassau,
accorda à Gutenberg, par un diplôme qui nous a été
heureusement conservé, le titre de gentilhomme de sa
cour, avec tous les avantages attachés à cet emploi.
Gutenberg dut alors suivre ce prince, qui résidait
habituellement à Elfeld, petite ville située sur le Rhin,
à quelques lieues en aval de Mayence. Ne voulant pas
se séparer de son imprimerie, acquise aux frais du
docteur Homery, syndic de Mayence, et probablement
hypothéquée à celui-ci, il obtint la permission de la
transporter à Elfeld. Gutenberg, déjà fort avancé en âge,
ne pratiqua plus alors lui-même; il en était d'ailleurs
cû tacerafi îocéiûi toron Bricaptfo cûîod9ûmC£ufcï
fis t fais fit t fuit îplt cûœdi fira9 f futfotf Gtkf fotfc
tteGcr tuecît lâritoprtcfptrôrû' ïot^cfdfMfc téeur
fuîCCes eêtf foîffc îpictû lomeëiîtfC fitltïattftêciorfijte
feriseÉatf fUÎOct fuio rûîortfcro ( tuèrjfïsf ftiistftf ftt
tft uplt tû ïorri £îm9f fiuîm? titra f fitcitis ait uf fittfft
Infiitîtô mo fn nuîsïpfois m pmùptito îpfcotoceC
ptlto pfco upttçr pftoïotlïi ce f ftnff t furo lo rlû îw E>uo
ptttipîa ftiût a ûbo paffio ptirû otîortë fiitue uttorëù?
I _. 131.
i£go legîalcgit *plf legiro? itgjtio Itgût pritu ip
jco legebâ legebaa legebat aplr legtbautffegeba
tis iegtbât 15 tito pfcct legi legjffi legit *plr itgîra? legif
tîs legetût itf légère ptita pucppfiQ letjtcâ legttas ïtgt
rat iplr iegtant9 iegéatis legetât ifutilo legara legesle
gtt *plr legetaus legme legmt Impariuo raûïate'pDe
pfeuti au Cecunùâ itctaâpfanamlcgtltgat *plf lega*
mus legîte legant tf utura legito tu legita îlle aplr Itga
muslegitate legantauf leguntQte£)ptatiuamQ&a te
'te. 1:
pore pn ti i ptâta îpfca ut legerem légères legetet etplr
uf legeramis legeceti3legecmt pretîm pftb *ptTcppfîa
uf legtffem legîtfee IcgiCCet *plf uf legtff émus ItgitTetia
legiïïent tfatûo uf lemilegas légat *plf ut legamus le
gatîalegant iTantûmnamotcpepûntû legara legas
légat *plr cû legara? legans legant peetfta ipfFa tû le
i [33.
gcif Icgeree legatr uplf ai legatmus legttcne Icgttmt
pcetfto pffo ai legeam legeas legeat *plr cû legtnm?
legcrmslecrcunt prêtent a plurqmpfectocuni legiflera
134.
I l - M '.i.M'i - . i i s CKH FIGURES HE TROUVENT A! VERSO.
LEGENDES DES FIGURES OUI SE TROUVENT AU RECTO.
Fig. loi. — Types fondus en plomb. Leur surface est écrasée
par le tirage.
Leurs arêtes sont usées par le frottement.
Fig. 132. — Mêmes types ayant moins d'usage.
Ils sont moins écrasés, moins usés.
Fig. 133. — Mêmes types avant d'avoir été fatigués.
Fig. 13L — Types provenant des mêmes poinçons,
mais fondus en matière plus dure,
semblables à ceux de la première Bible de Mayence.
COMPARAISON DE CARACTÈRES PROVENANT D'UN MÊME POINÇON
SEMBLABLES A CEUX DE LA PREMIÈRE «• BIBLE » DE MAYENCE.
A UX BIBLIOPHILE. — CHAPITRE CINQUIÈME. 173
empêché par son emploi à la cour. Parmi ses élèves
se trouvaient deux de ses parents, les frères Henri et
Nicolas Bechtermùncze, qui avaient, de même que
beaucoup d'autres praticiens de Mayence, des biens
à Elfeld. Gutenberg leur confia son imprimerie ; mais
tant qu'il vécut, il est probable qu'il continua à la diriger.
« Cette imprimerie produisit, du vivant de l'inventeur,
l'ouvrage suivant :
« Vocabularium latino-teutonicum (ex quo), AltaviUa
per Hertricum Bechtermiincze et fratrem ejusdem Nico-
faum, etc., die Leonardis confessons, quarto, die mensis
novembris, 1467, pet. in-4°, de 165 feuillets.
« Ce dictionnaire est un extrait du grand ouvrage, le
Catholicon de Jean de Balbis de Janua, imprimé par
Gutenberg, à Mayence, en 1460. On l'a nommé Voca-
bularium ex quo, parce qu'il commence par ces deux
mots. Henri Bechtermiincze étant mort pendant l'im-
pression, celle-ci fut achevée par Nicolas son frère et
par Wigand Spiess. L'unique et magnifique exemplaire
de ce livre intéressant est conservé à la Bibliothèque
nationale de Paris. Il a été acquis, en 1788, par M. Van
Praet, avec douze autres incunables, du baron de
Hûbsch, amateur ,i Cologne, pour la somme modique
de 720 livres. Wigand Spiess d'Ortenberg, autre prati-
cien à Mayence, est nommé dans la souscription comme
il coopéré ;i L'impression. Celui-ci avait pour femme
Anne de Bruxelles. Nicolas Bechtermùncze, .-i|>rès le
mort de Gutenberg, réimprima ce même livre «-n 1469,
1472 et I «77. L'édition de l W9 est exécutée avec le
même caractère, el dans le même format que celle
• le i ]ff] . lea deux autres onl on caractère très semblable
174 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
pour la forme, mais beaucoup plus fort. En 1468, après
le décès de Gutenberg, Conrad Homery se fit restituer
par l'électeur Adolphe le matériel de son imprimerie,
en s'engageant à le vendre à un bourgeois de Mayencc,
de préférence à tout autre, à prix égal. Il le céda sans
doute à Nicolas Bechtermuncze qui en était déjà déten-
teur. M. Bernard nie tout cela. Son principal argument
est « que Bechtermuncze était établi à Elfeld, et que
dans l'acte déjà invoqué on voit qu'il avait été prescrit
à Homery de vendre cet atelier à un bourgeois de
Mayence ». Il omet d'ajouter : à prix égal. Nicolas peut
avoir offert plus qu'un bourgeois de Mayence ; mais il
n'est pas môme nécessaire de faire cette supposition,
puisqu'il est prouvé que Nicolas Bechtermuncze était
citoyen de Mayence et propriétaire en cette ville. »
Qxoi feras t fcfutnç pnsuc f erês fttttu. tit latitr
Ifgrnrfmaplr fram frnm fentf fDftti* > îpftô têts
barfetebaris Ffetebârr frobaf*plr fmbrmferebam
f erebanf &xehto pfrô lût 2 fumf fui es r.ntrn e ft Ffiut
Wlrlatt&un2ftu;.ii2 eftis r&iifusûft fottûtttffuere
Fig. 15,'j. — Caractères d'un Donai conserve à la Bibliothèque nationale
cl attribué à Gutenberg.
Ak\(ïim\ prcfioîo oiius mifH ht&ntium tfrrçtu fi
une oi ferre. Qui c$ mîofôpc gttulie reu«Ur quoO
ûpicnhbue ctlaf . Wc liber tKpt^uo.atbolicon.
ofiiee marnMoni* annfe 00 ace lx /lima Vn ur
bt mafjmitinA nariome mdirs germAtwct.QnAm
Ofi dernenda ram atro mgsnif lumin*«&>no <$ §
twttu.ctttris terrait nariombuo prefrm.îllufVrarc
cç oisnartis «ft flon raîami.fHB.Aur ptrnia fufFr&
9o.f mira patronaç formai; cg «ontoioia^or
donc «t moculo.impnîfïue Atq? conftetuc cft»
îoi^c tibi ftrkt* pator nata cfl flamme facro.îau*
ce hotio* ono trino rribuami «r uno €cdafit Uti
» llbro boc atbotior plan» Qui Uuoat5JPî*a---cs?
tomjpr non B»qu« manam ( 3té0, <3 ftTJÎPî*^
Fig. 130. — Souscription du Catholicon, imprimé par Gutenbergl?) en 1160.
DES SOUSCRIPTIONS ET DE LA DATE
Dans la composition d'un livre, pendant un espace
de trente ans après 1 invention de l'imprimerie, le titre
de l'ouvrage n'était pas imprimé séparément. Ce titre,
souvent complété par l'adresse bibliographique, com-
prenait le nom de lieu d'impression et le nom de
l'imprimeur : la date d'impression, ce qu'on appelle
souscription (écril dessous) ou Coloplion, se trouvait
généralement indiqué à la fin du dernier feuillet
imprimé. Les souscriptions se rencontrent dans les
manuscrits, avant et après l'invention de l'imprimerie;
176 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
nous en donnons deux exemples : A la fin du Livre
historial des faits de feu messire Bertrand du Guesclin.
manuscrit du XIVe siècle (1387), exécuté en gros
caractères gothiques, on lit ce qui suit :
en vng temps qui a yuer nom
ou chastcl royal de Vernon
qui ist aux champs et a la ville
fist iehannet destoutenville
au dit chastel lors capitaine
aussi de vernomel sur saine
et du roi escuier de corps
mectre en prose vne men recors
ce liure cy extraict de rime
complet en mars dix et neufuieme
qui de lan la date ne sect
mil ccc. quatre vins et sept.
Un magnifique manuscrit du commencement du
xv siècle: Les Remèdes de Vune et de Vautre fortune;
traduction par un auteur anonyme du De Remediis
utriusque fortunœ de Pétrarque, et qui fait partie des
manuscrits français de la Bibliothèque nationale, est
l'exemplaire même qui fut offert par le traducteur à
Louis XII, auquel il est dédié.
Ce manuscrit est décoré de miniatures, parmi les-
quelles on remarque tout d'abord la première, con-
sacrée à représenter l'offrande du livre; les portraits
<lu prince et du traducteur s'y trouvent, et l'on a tout
lieu de supposer qu'ils sont exacts; mais la plus remar-
quable, sans contredit, de toutes ces peintures, est
celle dont on a extrait les figures qui ornent la planche
que nous reproduisons et dans laquelle on reconnaît
Anne de Bretagne, la petite Claude et Louis XII. La
translation de l'ouvrage de Pétrarque fui exécutée
(£Ui mops be may le Joiwlixufmc.
Jliillc cm cf cctv> et le txoxfîcpnc.
ApLit acheuee et joaxfmctc .
efefte t m nft an on . tft fa tetz .
-iDeicns ToucnUt bomie VUle-
dtotts tt/àns Jôtf die */i«« .
i 137. — Souscription d'un manuscrit exécuté à Rouen en 1503.
•_' »
ta feqw 3 Jgrt* cdiamur'ltt'r^ cm eft» qtlom tcpuu g le*
coîdiâ abicm'tûc fcemû JUud reuocarc»quom p«r toolotê
tiicb-l Ht amptuis Vocatitx redituru» (tonctufio*
(<Eo t£(tur que opfama cOc rcbar'gtJm «une \©s
idmomûïptim omnî vitXL^potc admoncb'%03
autsC^uom tria fin ttttoztop gênera) vtinâ ne vos et (tt
rflticSpftcàfrqà mfanabïïe &t\iurtàmcritx cgrotxtieî
vt pfcrûpfblct co:p?îc egfrotarc )Pâ M qui parua \>ali£
ftidnic atigutiijtfipt ^fia'fcûntur ad medicos» 42«itert>
£muï Mi m a: fco prcmûtur'ad fc'cuintitté acccrfuVXt bî
qui m atram bile" mfonabiliter trafticcH fuffne Ycrrierws
quidcmcdiœBrcapmt.KS^snôpacamim.rJÛcre^a
cofilia arpBr.Manff 8^
Ma^nus taniîus&^cfat-ûw^fo^bift^tcîoîû^ac
^b^ofophor? legrendis lîbris Mog-ûdcmipv-GnTuGî'ct^
/Haranû brenmn£ar.u( quo Catii tue meelJîjracur^ru*
brins dtulifcp mterftm<ttus. jfcUa'tçr finie» <\ï\no l\
Fig. 138. — Exemple de souscription à laquelle une date manuscrite
a été ajoutée.
Opvsculu magni Basilij ad iuuenes.
Mogunt, Fust el Schoiffer (1457-1459), imprimé avec les types
du Psautier de 1457.
Les caractères ont le type du Durandi Bationale Div.off. de 1459. (V. fig. 112.)
A la fin, le rubricateur a ajouté la date « Anno Ix ».
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE SIXIÈME. 179
à Rouen, en 1505, ainsi qu'on peut l'induire du sens
de ces vers, qui sont extraits du manuscrit :
Eu moys de may le Jour sixiesme,
Mille cinq cens et le troisiesme,
Fut acheuée et parfaicte
Ceste translation. Et faicte
Dedens Rouen la bonne ville.
A tous lisans soit elle utile.
Dans les œuvres xylographiques, il n'y a ni date ni
nom de graveur; les légendes placées au bas des gra-
vures, ou sortant de la bouche des personnages dans
une volute ou un rouleau, ne contiennent aucun
renseignement à ce sujet.
La souscription sur le dernier feuillet était bien
incomplète au début; tantôt on y lit le nom de l'impri-
meur seul, tantôt la date et le nom de la ville, quelque
fois aussi le rubricateur y ajoutait soit une date
(Voir fig. 158), soit une invocation pieuse.
Nous avons dit que les premiers imprimeurs n'avaient
en vue que d'imiter le plus exactement possible les
manuscrits recherchés et dont la copie était longue
et dispendieuse. Tous leurs efforts portaient à la
reproduction du texte avec les caractères identiques
du manuscrit et dans la môme disposition que celui-ci.
Dans les souscriptions complètes, on doit trouver :
I le nom de l'imprimeur; 2° le nom de la ville où le
livre a été imprimé; ?>■ la date de l'achèvement de l'im-
pression. Quelquefois la marque de l'imprimeur se
trouve; (huis le blanc de fin de page.
Le colophon était souvent en vers; des quatrains ou
sixains touraéfl axer habileté ou conçus dans une
forme cryptographique en rendaient la lecture difficile.
180 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
Certaines de ces souscriptions, le plus grand nombre,
pourrions-nous ajouter, prêtent à des sens divers et
offrent souvent des difficultés de déchiffrement réelles.
Voici à titre de curiosité, quelques colophons parmi
les plus remarquables :
A lhôneur et à la louëge de nostre seigneur
hiesucrist (sic) & de sa très digne mère et de toute la
court celestielle de paradis a este fait cestuy
liure appelle lhomme pécheur nagueres ioue
en la ville de tours Et imprime à paris Par
Maistre pierre le dru imprimeur demourant
en la rue des maturins a l'enseigne du cornet
Lan Mil ciuq (sic) ces & huyt le. IX. iour de iuing.
Qu^m modo tam rarum cupiens riex lector haber & :
Quiq; etiam fractus pêne legendus eram :
Reshtuit Venetis me nuper Spira Ioannes :
Exscripsitq; libros ère notante meos.
Fessa manus quondam moneo : Calamusq; quiescat.
Nanq; labor studio cessit : & ingenio.
MCCCCLXVIIII
(A la fin d'un Pline imprimé par Jean de Spire en 1469.)
Bart. Cremensis et J. Colhof, à Venise.
Ouem legis : impressus dum stabit in œre caracter.
Dum non longua dies vel fera fata prement
Candida perpétua? non deerit fama Basiliae
Phidiacum hinc superat Lehonhardus ebur
Cedite calcographi, millesima vestra figura est
Archetypas fiugit solus at iste notas,
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE SIXIÈME. 181
« Stet liber hic, donec fluctus formica marinos
Ebibat et totum testudo perambulet orbem. »
(Pragmatique sanction, avec Commentaire de Guy Guinier,
imprimé par André Bocard. à Paris, en 1507.)
Dans le colophon suivant se trouve, en même temps
que le nom de l'imprimeur, celui des correcteurs :
« Sixtus hoc impressit : sed bis tamen ante revisi,
Egregius doctor Petrus Oliverius
At tu quisquis émis, lector studiose, libellum
Lsetus emas, mendis nam caret istud opus. »
(Super constitutionibus Siciliae, Commentaires d'André de Ysernia,
Naples, 1472.)
Ant. Zarot à Milan, vers 1477.
Antonii patria, Parmensis gente Zarotus
Primus, missales imprimis arte libros
Nemo repretorum, nimius se jactet in arte
Addere plus tantum quam pepisse valet, etc.
Dans un ouvrage de Gratian Dupont, imprimé à Tou-
louse, en 1534 : les Controverses des sexes masculin et
inin, se remarque une souscription singulière :
Dedans Tholose : imprime entièrement
Est-il ce liure : sachez nouuellement
Par maistre Jacques : Colonius surnomme
Rfafetre imprimeur; libraire bien famé,
Lequel se tient : et demeure deuanl
Les Saturnines : Nonaina dévot conuent,
Lan mil CCCCC trente et quatre a bon compte
bu mojfl Januier XXX, sans inescompte
182 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
A l'origine de l'imprimerie, la souscription com-
mençait par la formule que chaque imprimeur avait
adoptée*; elle était en vers ou en prose : on en trouve
un nombre égal des unes et des autres. La souscription
était presque toujours écrite dans la môme langue que
l'ouvrage lui-môme. Cependant il existe des exceptions
dans les ouvrages en grec, en latin et en hébreu.
Sur beaucoup de livres du xve siècle on trouve des
souscriptions manuscrites, ce qui ne doit pas peu
contribuer à jeter de la défiance sur certaines dates;
il a été aussi reconnu que les souscriptions impri-
mées n'étaient pas exemptes de fraudes.
Depuis les premiers temps de l'imprimerie, on a tou-
jours eu l'habitude de marquer d'une date les ouvrages
que l'on imprime, pour bien établir l'époque où ils
avaient été publiés. Les anciens imprimeurs avaient
plusieurs façons, dont quelques-unes fort étranges, de
dater leurs éditions. Quelques typographes se servaient
des chiffres romains, d'autres des chiffres arabes,
d'autres enfin imprimaient le millésime en toutes lettres,
ou entremôlaient les lettres et les chiffres. On ignore
quel est l'inventeur des chiffres; il est présumable que
* Cette formule, à quelques modifications près, était toujours
la même :
J. Fust et P. Schoiffer terminaient ainsi :
Prœsens hoc opus: artificiosa adinven \\ tione imprimendi, seu
caracterisandi || absqae calami exaratione incivitate\\Mogun
tinà sic effîgiatum et ad Elise \\ biam.
Jean de Spire à Venise :
Primus in Adriaca, formis impressit œneis \\ Urbe libros,
Spira genitus de stirpe Joannes \\ In reliquis si quanta
vides, etc.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE SIXIÈME. 183
l'on commença à compter sur ses doigts, puis avec des
petits cailloux, d'où sont venus les termes de calcul,
calculer; ensuite on donna aux lettres de l'alphabet une
valeur de convention : c'est ainsi que les Grecs, les
Romains et les Étrusques agirent. Quant aux chiffres
C©£ tyiïm petes of u> tpi? gfaaa ®pituio \mo)
$tex d?
petiaotis
i* tcquef*
fcs ttjat
feencon;
frjnc&tntfrlplppafer
Wftet ♦ us bgtpuetf) ta
(pe^m-gafe auercwe
offoljçeamakteasof
'tfcfplpgtffcs oftfcip?
IpgfcoftJKteasfcfygm
CélC of fy?s gtaté fljalje
cnfcpgne anD fccfc vie .
j^nD^ettjalfoEefprtte
JYbl)£ri* bn tfc ptf tes of
_ u> lui? g^oft 4E Wkt
tDfcrfcw fljpg te callpD pefas «anù tofrrfta t£p fc callpD of
rfr iplp gtpoCL TCftcc ïbtrr&tr tt?p b CêuCn pcftee of t^ tplp
i g. 139. Exemple de pagination en chiffres, romains
extrait du Royal Book, Imprimé par Caxlon en 1484.
arabes, on ne connaît ni leur origine, ni l'époque
précise de leur introduction. Nous parlons seulement
ici des chiffres romains ei arabes. A l'origine de
les anciens ei les Romains comptaient les
ann< clous, ei la manière de les attacher
184 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
devint par la suite une cérémonie religieuse à Rome;
mais l'écriture étant devenue plus commune, les lettres
I, V, X, L, G, D et M furent les seuls caractères qu'ils
destinèrent à marquer les nombres, au lieu que dans
les autres langues orientales, toutes les lettres étaient
numérales. Ces sept lettres combinées dans leur plus
forte valeur, donnent, en les plaçant ainsi DCLXVIM,
six cent soixante-six mille. Les Romains ajoutèrent une
petite barre posée horizontalement sur quelqu'un de
leurs chiffres, pour en augmenter mille fois la valeur;
ainsi une petite ligne sur I valait un mille, sur X valait
dix mille, etc. Les chiffres romains ont été d'un usage
courant dans les éditions du xve siècle, soit pour nu-
méroter les pages en haut du recto ou à la marge,
soit pour marquer l'an, le mois, le jour où elles ont été
achevées. On croit que le numéro des pages a paru
pour la première fois en 1469, dans l'édition de Tacite,
faite à Venise par Jean de Spire.
Les chiffres arabes étaient connus en Europe avant
le milieu du xmc siècle; d'abord on n'en fit usage que
dans les livres de mathématiques, d'astronomie, d'arith-
métique et de géométrie; ensuite on s'en servit pour les
chroniques, les calendriers et les dates des manuscrits
seulement.
Ils ne furent jamais admis dans les diplômes ou
chartes avant le xvic siècle et ne parurent sur les
monnaies qu'après la mise en vigueur de l'ordonnance
de Henri II, en 1549.
La figure de ces chiffres n'était pas encore uniforme
en 1554, bien que depuis 1500 l'usage s'en soit répandu
en France, encore les entremêlait-on souvent de chiffres
ticnhgc^jfflcrromm tstmimflflgL
^olunnmbug contacta* pzotntjfa;
tfwl^mftmbug (otoze mqcntig
fcdpto de ronscfa Colonie ff>r me
fltrnotbu thn borne bUictetitiffime
ttnpceiïa^mm fub ûnmg&mtim»
jR2'CCCc«iyjct)ti« bte t?ltfmo mcttftg
tnotj* dequocafto motte hijojie
Jaïïô
jâûgg: 3[o2iaccr feraloaïïm fccultt
men».'»
1 140. — Signatare d'Arnold Tbei Hoernen. Ifayence 1477).
" 24
^ttfittmwff
feulé * tmttabfecapfemtneo Ictttto enuopees De par 0!mtu
el aôotgeefarteurDu noble âop Depomnijol en ttfleOe fiunrt
mlfliid pire ît te grôDtcanarie a fon antp fefjjneur pterebea
aoi^tmnblemftDetcrr^^cfhimon/etl^mmirUlatr^
^o(^quti(bnta2menue0enlaDtopOe^tenâultte0plâce$
lacmnrcrtcfomr fe.^îourDcjrfobteenlmîmUle^^.OT
«CtencocreDaulftefi tronbfcmenefce trajet auteeo $ofe$
meruetlleufee rjup font aftitcmtee au âopaubne Dr grataœ
en aSnrque/* en barbane.trâdate De potfW0alo&
Fig. lil. - Exemple de titre avec dale singulière, Mille. V. C. et XXIJ (1522).
A UX BIBLIOPHILE. — CHAPITRE SIXIÈME. 187
romains : on prétend même que ce n'est que depuis le
règne de Henri III que l'on commença à se servir,
en écrivant, de ces chiffres arabes. Les Russes ne
s'en servent que depuis les voyages du tsar Pierre le
Grand, au commencement du xvme siècle; ils avaient
été introduits en Angleterre vers le milieu du xme,
en 12:25, et en Italie vers la même époque. L'Alle-
magne ne s'en servit qu'au commencement du xive siè-
cle, vers 1506; mais en général la figure de ces chiffres
n'est devenue uniforme que depuis 1551. Ainsi que
nous l'avons dit précédemment, ou en rencontre dans
les imprimés du xve siècle, qui servent pour marquer
les dates, soit dans les souscriptions, soit dans la
première lettre grise de l'ouvrage; mais ils sont rares.
TABLE DES CHIFFRES ROMAINS DE UN A CENT MILLE
I APPORTÉS AUX CHIFFRES ARABES
1 1
n 2
m 3
mi OU IV i
v 5
vi 6
vu 7
VIII
VIIII ou IX 9
10
D I!
Ml 12
xiii 15
xini ou xiv 1 i
xv 15
xvi 16
x\n 17
xvjii 18
xviiii ou xix 19
\\ 20
\\. 21
wii 22
wiii 23
x x 1 1 1 1 OU XXIV 2 i
188
XXV.
CONNAISSANCES NECESSAIRES
. . 25
2G
27
28
29
50
51
32
FTP»
00
XXVI
XXVII
XXVIII
XXIX
XXX
XXXI
XXXII
XXXIII
xxxiv 54
XXXV 55
xxxvi 56
xxxvn 57
xxxvm 58
xxxix 59
XL ou xxxx 40
XLI 41
xlii 42
xliii 45
xliv 44
xlv 45
xl vi 40
xlvii 47
xlviii 48
xlix 49
l 50
li 51
lu 52
lui 55
LIV.
LV.
54
56
57
58
59
60
61
62
65
64
65
66
67
68
69
70
71
lxxii 72
l xxiii 75
lxxiv 74
lxxv 75
lxxvi 76
lxxvii . 77
lxxviii 78
lxxix 79
lxxx 80
lxxxi 81
lxxxii 82
lxxxiii 85
lxxxiv 84
i.xxxv 85
lxxxvi 86
LVI . .
LVII .
LVIII .
LIX. .
LX. .
LXI.
LXII .
LXIII.
LXIV .
LXV.
LXVI .
LXVII.
LXVIII.
I.XIX.
LXX.
LXXI.
xc
XCI
XCII
XCIII
XCIV ,.
XCY
XCVI
XCVII
XCVIII
XCIX
c
CL
ce
CCL
ecc
CCCL
CCCC OU CD. . .
CCCCL
DOUD , • • .
I'»l. OU I)F. . . .
IOC OU DC . . . .
I > <L OU DGL • •
OU DCC. • •
i on i" i cl .
EOCCC "H D i
OU i" l
OU i" CGC.
A UN BIBLIOPHILE. —
lxxxvii 87
lxxxviii 88
lxxxix 89
90
91
92
95
94
95
96
97
98
99
100
150
200
250
300
350
400
450
500
550
600
650
T. m
750
600
650
'..ou
m «ou m, 1000
CHAPITRE SIXIEME. 189
MM OU CIO CIO OU c» oo 2000
MMM OU CIO CIO CIO
OU oo oo oc ... 3000
MMMM OU CIO CIO CIO
CIO OU oo oo oo oo 4000
MMMMM OU 100 OU
v oo 5000
ioo oo ou vi oo . . 6000
IOO oo oo ou VII oo . 7000
IOO oo oo oo OU VIII oo 8000
IOO oo oo oo oo OU IX oo
ou oo ccioo . . . 9000
CCIOO OU OMC OU IMI
OU X oo OU XM . . 10000
cciocccioo ou xx oo 20000
CCIOOCCIOOCCIOO ou
xxx oo 50000
CCIOOIOOO OU CCIOO
CCIOOCCIOOCCIOO ou
xxxx oo 40000
iooo ou l oo . . . . 50000
ioooccioo ou lx oo . 60000
IOOOCCIOOCCIOO ou
lxxoo 70000
ioooccioocciooccioo
ou lxxx oo. . . . 80000
CCIOOCCCIOOO OU IOOO
CCIOOCCK)0( 'IOO
I I IOO OU F.XWX oo
OU x<: ao . . . . 90000
' ■ ou cm ou i x 100000
190
CONNAISSANCES NECESSAIRES
Après le nombre cent mille, on a employé les adverbes
marqués dans la table ci-dessous, pour multiplier les
supputations jusqu'à l'infini.
TABLE
Des nombres ordinaux Des
latins.
Primus 1 .
Secundus 2.
Tertius 5.
Quartus 4.
Quintus 5.
Sextus 6.
Septimus 7.
Octavus 8.
Nonus 9 .
Décimas 10.
Undecimus 11.
Duodecimus .... 12.
Decimus-tertius ... 15.
Decimus- quartus . . I ».
Decimus- quintus . . 15.
Decimus-sextus ... 16.
Decimus-septimus . . 47.
Decimus-octavus. . . 18.
Decimus-nonus ... 19.
Vigesimus vel viccsi-
mus 20.
Trigesimus vel trice-
simus 50.
Quadragesimus . . . 40.
adverbes des nombres
latins.
Semel .
Bis.
Ter.
Quater.
Quinquies.
Sexies.
Septies.
Octies.
Novies .
Decies.
Undecies.
Duodecies.
Tredecies.
Quaterdecies.
Quindecies.
Sedecies.}
Decies-septies.
Decies-octies.
Decies-novies.
Vigecies vel vicies.
Trigecies veltricies.
Quadragies.
DELLA NVOVA
DISCIPLINA
&
VERA ARTE MILITARE
DEL
B R A N C A T I
L I B R I VIII.
O
NYquali oltre la piena informatione di cal arre, con breuircgolc, per commodità de*
Soldati ; fecondo i prccerti di C E S A R E -, chiaramente G dimoftra , con
quanta facilita , & poca fpefa, pofla ogoi Prencipc difenderfî,
combattcndo in campagna con le foie fue forze da
quai fivogliapotentifsimoefTercito.
Con la maniera facile d'affalire, Çfvincere con le proprie mïlitie
tutte le naiiom
CON PRIVILEGI.
IN VENETIA, CD DXXCV
Prcflo Aldo.
i :. Exemple de titre arec date sioguliè . <:d D. XXCV. (1585).
Fig. 1 i3. — Exemple de litre avec date singulière. M. VI . IX. (1609.)
A UN BIBLIOPHILE. —
Quinquagesimus .
. 50.
Sexagesimus . . .
. 60.
Septuagesimus . .
. 70.
Octogesimus . . .
. 80,
Nonagesimus . . .
. 90.
Centesimus . . . .
100.
Ducentesimus vel d
u-
200.
Trecentesimusvel tr
e-
cesimus
500.
Quadringentesunus
vel quadringesimu
s,
400.
Millesimus ....
. 1000.
Bis millesimus . .
. 2000.
Decies millesimus .
10,000.
Vicies millesimus,
etc
20,000.
CHAPITRE SIXIÈME. 193
Quinquagies.
Sexagies .
Septuagies.
Octogies.
Nonagies.
Centies.
Ducenties.
Trecenties.
Quadringenties,etc .
Mil lies.
Bis millies.
Decies millies.
Vicies millies, etc
La connaissance des chiffres romains n'étant pas
seule nécessaire pour se prononcer avec certitude sur
certaines dates, et les personnes les plus versées dans
cette connaissance étant quelquefois embarrassées et
forcées d'examiner avec attention la position de ces
signe- avant de -<• prononcer, nous avons cru devoir
donner une Table des <-h;/f,-es romains et y joindre
des exemples qui mettront à même de- connaître les
diverses combinaisons employées par les imprimeurs
pour augmenter et modifier la valeur de <-<;s signes
oumériques. On a mi par '•••u<- table (pages 181 à 180),
que 1'- chiffre moindre, lorsqu'il précède un chiffre plus
194 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
fort en diminue la valeur de la même quantité dont il
l'augmenterait s'il se trouvait placé après.
Ainsi : V vaut 5, s'il est seul; il vaut 6 s'il est suivi
de I (VI = G), au lieu que si l'I le précède, il ne vaut
que4(ÎV = 4).
C'est comme si l'on disait : cinq moins un ; cinq
plus un. Il en est de môme de l'X précédé ou suivi de
I (IX vaut 9, tandis que XI vaut 11), de L précédé ou
suivi de X (XL vaut 40, tandis que LX vaut 00), du G
également précédé ou suivi de X (XC vaut 90, tandis
que CX vaut 110); et ainsi de suite pour toutes les
autres combinaisons de chiffres romains.
S'il est facile, d'après la connaissance de la valeur de
ces chiffres, de savoir quelle est la date ou la quantité
qu'on a voulu désigner, lorsque la marche ordinaire a
été suivie, il n'en est pas de môme pour certains ou-
vrages du xvc siècle et môme des siècles suivants, prin-
cipalement parmi ceux imprimés en Hollande, dans
lesquels la méthode ordinaire a été intervertie, et dont
les dates demandent un examen attentif.
Nous allons reproduire quelques-unes de ces dates,
choisies parmi les plus singulières ou les plus difficiles
à deviner :
VIIII ou IX 9
XXXX ou XL 40
XXG ou LXXX. 80
XG ou LXXXX 90
GGCC ou CD 400
D ou 10 500
DC 600
DCGCC ou CM 900
i • mple de titre trec date lingnlière. ». loc. ni. (1618.)
DISCOURS
DE LA METHODE
Pour bien conduire fa raifon,6c chercher
la vérité dans les fciences,
r l u s
L A DIOPTR1QVL
LES MET EOREi
ET
LA GEOMETRIE.
Qui font des ejfais de ecte Méthode.
A L E Y D E
De l'Imprimerie delAN Maire.
cId I 3 C XXXVII.
Auec Tnuilcgc.
Fig. 1 1*>. — Exemple de titre avec date singulière, clo Id c xxxvii. (1i>"7.)
Première édition du plus célèbre ouvrage de René Descartes.
A UX BIBLIOPHILE. — CHAPITRE SIXIÈME. 197
Mcccclxjij 1465
MccccLxxz 1472
Mccccj-z 1472
Mcccc.II et LXX 1472
Mccccxxc 1480
MCCCCinjXXVIII 1488
Miiiic iiii x Vlij 1488
MCD XCV 1495
M. VD 1495
MiiijD 1496
MjjjD 1497
MIII.D 1497
MCCCCXCviii 1498
MID 1499
McdXciX 1499
MccccID 1499
lICCCCXCViiij 1499
MCDXCIX 1499
M ccc îCi 1500
MI) 1500
MCDCI1 1502
Mille. V. C. <&. XXij (Voir Fig. 141). 1522
MIOL ou MDL 1550
MI). VIL 1554
* DLXV1 1566
x DLXX 1570
CIO IOL \\vi 1576
cbfoLXXX L580
CIO 10 XXC 1580
Cl » 10 XXC1 1581
^ DXXCI1 1582
198 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
MCCCCCLXXXIII 1583
CIO D. XXCV (VoirFig. 142). 1585
cio io xxcvl 1586
oo D XXCIIX 1588
CIO 10 XX CIIX 1588
M. VIe IX (VoirFig. 143). 1009
oo. IOC.XII (Voir Fig. 144). 1612
CIO 10 C XXXVII (VoirFig. 145). 1637
CIOIOCCL. — CIODCCL 1750
CIO.IOCCIXGI 1791
CIOIOCCC 1800
MDCCC 1800
clo.Io ecc 1800
Le premier livre paru avec une date certaine est le
Psalmorum de 1457; la première Bible datée est de
1 462 ; le premier volume classique est le Cicero, De
OfficiiSj \\6h; trois ouvrages imprimés à Mayence.
Il n'est pas sans exemple que la date placée sur le
titre ou sur le frontispice diffère de celle qui est à la
souscription, et il advient quelquefois que des feuillets
appartiennent à un même ouvrage, et portent des
dates différentes, ce qui peut faire supposer l'existence
de deux éditions.
C'est ainsi que dans l'édition des Œuvres de Cicérort,
publiée par les Junte, le premier volume porte la date
de 1537. le deuxième celle de 1554, et le troisième
celle de 1556. Il est à supposer que le premier volume
n'a été publié qu'après les deux autres ou que le
omuwfcumnoftr
°<\j»>
f=x
r t t
j^ntateticmil
rjuîamîrabiii
bttfibiteitera
taudumcai9
falutarr fuunun confpr
mtiufttoamfuam,51f
urotDieûifrcnjmtatlsf
; jttrut ontnro tcrmïm
noftrLjrubJlaîctomfo
tare et mdtatr ft pfallttr,
« m rptljata m tptbara rt v
F\%. i i*>. Pragmeol du premier Piafenonifn
imprimé ;• Mayence, en 1467, par Futl e( Schoiffèr.
CR
P
f *ds*"$f*rïï=*==t
Tlmitf raiirmuis tnmtuo,
g[rrrnf rrrû'înpmo flottur-
Xultate in
fttinûtto:rr
[ ôfitrmtD
jrfaltmo Dm
or
_ antatearafimnoitu:
frracôf Qmamtû cùbû
tnftte^ ihgttmtlfùiam
Dniplenarfhra,lJ[ecbo
ftfptrituoztsriusonuB
greffas finit in wr aijua
Fïg. 1 i7. — Fragment du deuxième Psalmorum
imprimé à Mayence en 1159, par Fust et Schoiffer.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE SIXIÈME. 201
chiffre 1557 est erroné. Certaines éditions offrent des
dates inintelligibles; en voici un exemple :
Vegetius et alii, De re militari, impressum Venetiis
per Joannem de Tridino, alias Tancinus. Anno Domini
M. CCCC. IC. VIIIIL Die XX Aprilis. Régnante illustris-
simo Do. Augustino Barbadico.
La même date, précisément en autant de mots et de
lettres, se trouve à la fin d'un Valerius Probus, De litteris
Romanorum. Maittaire explique ces chiffres par 1509,
mais ce n'est pas exact, car le doge Barbadigo a régné
de 1496 à 1501. Ne faut-il pas lire M. CCCC. XC.VIIIII,
un I ayant pris la place d'un X ? Cette double faute
serait d'autant moins surprenante que Jean de Cereto
de Tridino, qui se faisait appeler Tancinus, était un
imprimeur très inexact, s'il faut en croire les plaintes
de Mancinellus qui, à la fin de ses Opuscules (Rome,
1505, in-4), qualifie de très corrompues et d'indignes de
foi les éditions données par ce typographe.
Le Missale secundum usurn venerabilU abbatie sancti
Raphaelis, in-folio, un des- plus anciens livres que
Ton connaisse comme ayant été imprimé à Valence, en
Dauphiné, renferme au verso du l'r folio une légende
en 26 vers latins, parfois peu intelligibles, qui fait con-
nattre la date et le lieu de l'impression, les noms des
«'■diteurs ef de I imprimeur et qui donne los détails
sur la distribution de L'ouvrage.
La date esl formulée ainsi : M.I). Vqz ter 1, ce qui
doit <<• traduire par mil cinq cent cinq h trois fois
un. 1508. I ii bibliophile, M. Jules OUivier, a donné
détails sur ce missel h transcrit Les 26 vers dont
non- parlons. Us sonl remplis d'abréviations; Les
n
202 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
lettres majuscules y sont prodiguées sans méthode et
contrairement aux règles orthographiques*.
Parfois, des dates ont été énoncées d'une façon
inexacte par suite de la négligence d'un typographe.
Nous indiquerons comme offrant cette particularité les
Sermones aurei de sanctis, Patris Leonardi de Utino,
i 416, date de la réunion de ces sermons et non de leur
impression dans un volume in-folio, absqxie nota, où
2S i&eat % pulfet lafctua fcccfrtua etaa
finis
jrmp:cfltim cat>omi pcr majfftrosjfacobum,
twranbas et £a;tt>tû qui icuc anno &omuu
2mllef»nio quatmngenteftmo octogdim»
mente Junio Oie vero fetta eiufocm mentit
Fig. 1 18. — Souscription du Horatii epistolarum, imprimé à Caen, 1 480.
l'on reconnaît les caractères de l'imprimeur J.Veldener,
qui travaillait à Cologne vers 1474. Cette môme date
est aussi à la fin d'autres éditions qui portent au fron-
tispice celle de 1475, de 1474, etc.
L'Expositio in symbolum Apostolorum, imprimée à
Oxford, est datée de MCCCCLXVIII (1468, au lieu de
1478). Divers motifs, qu'il serait trop long de signaler
* CL Bulletin du Bibliophile et du Bibliothécaire, lw série, n° 16.
EXEMPLES DE DATE
Biblia latina (présumée de U56). Edition dite Bible Mazanne, parce
que le premier exemplaire connu a été découvert dans la
Bibliothèque du cardinal Mazarin.
Oatccûra trmpmto * tdototiauîia
tccûttuœîtte et oîîrano^yauîïatc
m m MîtbaUa trcncfonânte : lauta
tt tùnrtelta tnbrtawnùî : oÏb fpmt?
lau&ct &ùm.JUCalMki]â- — -^
Se CtrcH-Rmc fzmt ymiebûAxe
feu r iilmcata tt\\$m p fatmtnmt
*lbrjj dme Renier âmw fcttt ttjW
un frfto iSa*tT)ûlotuo apli - <-^_
MtGftv i(Tnnnn«t\rf L(t*md !cpt\^ificru6 «p-Ai ijtnnniirç <£cwer *ir»nu «frC-/"»« ro/fcnn»-»
] fanai 3k^h«\^ o^4rn\i«tTT)î)['nS «mioîiH ov^'ttW^iuvh-itwjViiKpn^^iiiininaq^înioftvtj»
Fi£.'. 149. — Dam le premier volume, le milléeime esl écril en chiffres
româini m * . ^ « < i % i el dam le second en toute» lettrei
Uesimoçuadri i oquitufuagetimotexto).
Souscription ri ir l'exemplaire qui m trouve •< le
Bibliothèque nationale.
i:\i:.m!m. es iif: date
impmcr^di feu caraclerijand\»ablcp ralauri
exaracôrvrn duxtateA\og\uitî) lie effigtatii*
<iad eufetnà ten^ufhne^r^Jofre^fuft ciuc
ex £etrû fcboiffber & g-crnfbeymclencû x>û
otcf eiufdemft cortfuTnatuvAmwfc™ Q)-
cccc lxîi]nvig-ihaalTuTTipa3isv\rg.maTie-
Fig. 150. — Signature de la Bible imprimée par J. Fust et P. Schoiffer,
en 146%
PREMIÈRE ÉDITION
£nsboeopuïculu$fim'ttïae copient et ad
eufcbiaj în mduftnc m aiutatc (paguntt)
pc/Jobanné fiift aucet (Setrû fcboifflxr te
gerafbepm clencii toion^ ciufdc3 cfl- confus
matii.Ânno incarnacoiô tonicc* AV»cccc»lxtî-
Hnvigilia aflumpcôis gfofevirgTiîis mane.
Fig. 151.— Signature de la Bible, imprimée par J. Fust et P. Schoiffer,
en 1462.
SECONDE ÉDITION.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE SIXIÈME. 205
ici, donnent tout lieu de conjecturer que le chiffre X a
été omis dans la souscription. Le Décor Puellarum, que
nous avons mentionné précédemment au chapitre troi-
sième, livre de morale qui est en italien malgré son
titre latin, a été imprimé à Venise par Nicolas Jenson
avec la date de 1461, in-4°. Nous pensons qu'il faut
lire 1471*, cependant plusieurs bibliographes ont cru
pouvoir en conclure que, dès l'an 1461, l'art typogra-
phique était en usage à Venise.
La première édition du traité de L. B. Alberti : De re
aedifîcatoria, parut à Florence en 1485, in-folio, mais, par
suite dune omission, la souscription porte seulement :
Milesimo octuagesimo quinto.
Un ouvrage de J. Ph. de Liguamine : Inclyti Ferdi-
nandi régis Vita et laudes, est daté de MCCCCLXII,
Pont. Max. Sixti quarti, anno ejas primo; ce pontife ne
fut élu que le 9 août 1471 : ce qui démontre qu'un X a
été oublié dans la date, MCCCCLXXII, et qu'elle est
de l'an 1 172.
Lue faute singulière est dans la date du Libro de la
Nativitate, Vita e Morte de Alessandro Magno, Venetia,
del 15001 sic) permaestro Baptista Sessa.
Le titre particulier de cinq comédies de Pierre
Larivey, imprimées à Rouen, en 1611, porte la date
de 16011. Le Philonium, ouvrage de médecine de
Valesius de Tarenle imprimé à Lyon chez Jean Clcyn
porte la date : anno milleêimo quadringentesimo primo
decimo octavo kal. decembris. Quelques écrivains <mi
• Sardini, dans le livre -i curieux qu'il a consacrée Jenson
BOUfl le titre : i • ipi délia francese td italiana ii/">
graflatow6i i • coloo Jen on Lucques, 1796-1798,
i prouvé que le Décor Puellarum était de ii"i et non <l«' 1461.
206 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
ont conclu que l'invention de la typographie était plus
ancienne d'un demi-siècle qu'on ne le croit communé-
ment; mais il est évident qu'il y a ici une simple erreur
de date ; et qu'au lieu de MOI, il faut lire 1501; plu-
sieurs bibliographes ont pensé qu'il était plus rationnel
d'assigner la date de 1 10 1 à la publication du Philonium.
Il existe quelques éditions dont les dates ont été
falsifiées à dessein, soit pour les faire passer comme
des volumes jusqu'alors ignorés des bibliographes et
ayant, en raison de cette circonstance, une haute valeur;
soit pour les faire admettre comme appartenant à des
éditions plus anciennes et plus précieuses. Des volumes
imprimés par les Aide et par les Elzévier ont été parfois
l'objet de ces erreurs*.
Prosper Marchand, dans son Histoire de Vorig rue et
des premiers progrès de V imprimerie, dit avoir examiné
un exemplaire de la Somme de saint Thomas de 1471,
sur la souscription duquel on avait adroitement
gratté les premières lettres du mot septuagesimo, et sub-
stitué quinquagesimo , pour faire croire que c'était
une édition inconnue de 1451. Schelhorn, dans son
Amœnit. litterar., indique un exemplaire du Cicéron,
De Of/ïciis, 1465, dont la date avait été altérée; on
avait habilement changé le xv en xi**. Le caprice des
* Cf. Ohlandi : Origine délia stampa, § 7 : La Malizia o l'Intéresse
degli huomini vi abbiano fatto aggiungere a mano, con la penna,
cerli millessimi (t]>ocrifi. nei <juali la stampa non era pur anro
8tata sognata.
** Renouard, dans son Catalogue d'un amateur, IV, 92, signale
un César, édition aldine de 1518 formée des éditions de 1M3 et
de 1519, et que le libraire Molini, de Florence, lui vendit comme
un volume d'une édition presque inconnue. « Il me l'avait
garanti comme une insigne rareté: je l'ai longtemps considéré
comme tel et peut-être le croyait-il aussi lui-même. »
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE SIXIÈME. 207
auteurs ou des libraires a parfois donné à des ou-
vrages pour la plupart facétieux ou bizarres des dates
inventées à plaisir. M. Gustave Brunet, l'érudit biblio-
graphe, s'est attaché à en réunir quelques exemples;
c'est un chapitre qui nous semble avoir été oublié dans
l'histoire des Singularités typographiques.
Abdeker ou l'art de conserver la beauté (par Le
Camus), l'an de l'hégire 1168 (Paris, 1748). — Almanach
des honnêtes gens (par Sylvain Maréchal), l'an premier
du règne de la Raison (1708). — L'Adoption ou la
Maçonnerie des femmes, en trois grades. A la Fidélité,
chez le Silence (La Haye, P. Gosse) 100070075. —
L'Assiatique (sic) tolérant, ouvrage traduit de l'arabe
(composé par Crébillon fils), l'an 24 du traducteur
( 17i8). — Asiniana ou Recueil de naïvetés et aneries, à
Montmartre, l'an d'Arcadie (Lille, vers 1802). — Calen-
drier des fous (par Coquelet), à Stultomanie, l'an depuis
qu'il y a des fous (Paris, 1757). — Catéchisme des
francs-maçons par Gabanon (Travenol), Jérusalem,
l'an 1 \\\ depuis le déluge (Limoges, 1740). — Chansons
mises au jour par un une onyin (Collé), Paris et Ispahan,
VXL.CCD.M. (1765). — Chute de la médecine et de
la chirurgie par le bonze Luc Esiab (par Caron), à
Emeluogna Angoulême écrit au rebours) l'an du
monde 00000000. — Essai sur Martial (par Anl.
Péricaud . l'an de Rome 2569 (Lyon, 1816). — Estrennes
,-'i la noblesse par Dulaure, Londres) l'an troisième de
la liberté Pari 1791). — Plat (le) de carnaval, ou les
Beignets apprêtés par Guillaume Bonnepâte (par
Caron à Bonne-huile, l'an dix-huit-cent*d'œufs (1802).
— Œuvres du sieur Hadoux, Criticopolis, l'an des
208 CONNAISSANCES NECESSAIRES
Muses 1 0 i 0 1 (1785) *. — Le coq-à-l'âne ou Eloge
de Martin Zèbre, Asnières, 100070060 (1760). —
Procédures curieuses de l'inquisition de Portugal contre
les francs-maçons, à la Vallée de Josaphat, l'an 2805 du
Temple de Salomon. — L'Astucieuse pythonisse ou
la Fourbe magicienne, petite comédie (par Dutrésor), à
Diabolicolis, l'an de l'hégire 1182 (Caen, 1804). —
Recueil général des caquets de l'accouchée, imprimé
au temps de ne se plus fâcher (Paris, 1625). — Les
comédiens, comédie en un acte représentée à Paris, le
5 janvier 2 140. Paris, MMCCCCXL (1777). —La seconda
Gêna, novelle (di A. F. Grazzini, delto il Lasca), in
Stambul, dell' Egira 122 (Florence, 1743). — Stanze del
poeta Sciarra Florentino(Pietro Strozzi), sopre la rabbia
di Macone, Constantinopoli, 1550 (Pariyu 1809). — Il
Zibaldone, poemetto burlesco (di Batacchi), l'anno che
si spera il piu felice (Parigi, 1805). — Le livre à la
mode (par Caraccioli), en Europe, chez les libraires
100070060**. — Le livre des quatre couleurs (par
Caraccioli), aux quatre éléments, de l'imprimerie des
quatre saisons, 4444. — Dialogue intéressant entre le
Maire, le Procureur syndic d'une province, le Curé, un
Bourgeois, etc., En France, de l'imprimerie des Amis
de la Vérité, l'an deux du désordre et de l'anarchie.
— L'intérieur du Directoire, vaudeville, an VIII du
Repentir (1799). — La Targétade, parodie d'Athalie
(par Des Fontenelles), l'an second de la liberté de la
Ces œuvres se composent de pièces de théâtre et de
poésies 1res mal écrites; Cf. Catalogue de la bibliothèque drama-
tique de Soleinne, n. 2296.
** Il en existe une autre édition, à Verte feuille, de l'im-
primerie du Printemps, l'année nouvelle.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE SIXIEME. 209
presse. — Changement de décorations ou Vue perspec-
tive de l'Assemblée nationale, au Champ-de-Mars, l'an
deux des horreurs populaires. — Tout coule ou la
Galimafrée nationale, Versailles, an deux de l'inquisition
clementino-jacobite. — Art de désopiler la rate (par
Panckoucke), Venise, 178875 (en France, 1785). — Les
vieilles Lanternes, allégorie, Pneumatopolis 5871,
(Pans, 1785).
Quelquefois on a intercalé des zéros : 100070052 pour
1732. Dans un catalogue, nous avons trouvé indiquée
une brochure datée Van de la destruction du Colosse de
Rhodes, 9999.
En fait de dates fictives, il convient de signaler ici
une fantaisie d'Alfîeri; nous ne croyons pas qu'on en
trouvât d'autres exemples. Ce poète célèbre et bizarre
fit imprimer à Kehl, dans l'atelier qu'avait établi Beau-
marchais, trois ouvrages qui furent exécutés en 1789,
mais auxquels il voulut donner des dates anticipées ; voici
les titres de ces trois volumes et l'indication des années
qu'il fit mettre en chiffres romains sur les frontispices :
Del principe e délie lettere, MDCCCXY.
L'Etruria vindicata, MDCCC.
Délia Tirannide, MDCCCIX.
Noua terminerons en mentionnant, d'après les notes
de Gabriel Peignot, quelques dates bizarres, singulières
«t énigmatiques, qui se rencontrent dans les souscrip-
tion- d'anciens ouvrages et ailleurs. L'explication de
ces <l;ii<-^ pouvanl être de quelque nlilil<;, nous les
tenterons avec La clef de l'énigme de chacune d'elles.
1 Gramaticse methodus rhythmica^ in fol. de II feuil-
lets; ce volume rare porte sa date, le li<-u d'impression
210 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
et le nom d'imprimeur dans les quatre vers suivants,
placés à la fin du volume :
Aclis terdeni iubilaminis octo bis annis.
Moguncia reni me condit et imprimit amnis.
Ilinc nazareni sonet oda per ora Johannis
Nanque sereni luminus est scaturigo permis (Perennis).
Il n'est pas facile de trouver dans ce. quatrain, une
date précise, le nom de la ville, celui de l'imprimeur.
Cependant, en y réfléchissant, on peut voir que
dans le premier vers, seize ans du trentième jubilé
étaient accomplis, quand on a imprimé ce livre.
Or, chaque jubilé étant de cinquante ans, vingt-neuf
jubilés font bien quatorze cent cinquante; ajoutons à ce
nombre les seize ans, nous aurons quatorze cent
soixante-six, date cherchée.
Le second vers nous apprend que l'impression a eu
lieu à Mayence, sur le Rhin; et les deux derniers
indiquent que Jean (Fust) a publié cet ouvrage en vers
sous l'invocation de J.-C, source éternelle d'une
pure lumière. Ainsi, cette grammaire a été imprimée
à Mayence, par J. Fust, en 1406.
L'exemplaire de ce livret in-folio de 2L2 pages, qui
existait dans la bibliothèque du cardinal de Brienne,
a été adjugé, lors de la vente de cette bibliothèque,
pour la somme de 3,300 livres; il a été acheté pour la
Bibliothèque nationale*.
2° Le doctrinal du temps présent, compilé par maistre
Pierre Michaut, secrétaire du très puissant duc Charles
* Cf. Index librorum ab inventa typographia, etc. Ilunc disposuit
F. X. Laire. Senonis, 1791, 2 vol. in-8°, t. I*r; p. 62, n° 1.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE SIXIÈME. 211
de Bourgogne, etc., petit in-fol. de 108 feuillets. Le
Doctrinal du temps, imprimé à Bruges par Colard
Mansion, en 1466, avec cette inscription sur le dernier :
Vn trépied et quatre eroissans
Par syx croix auec syx nains faire
Vous feront estre congnoissans
Sans faillir de mon miliaire.
Cy fine le Doctrinal du temps,
Imprimé à Bruges, par Colard Mansion.
Nous allons trouver dans ce quatrain la môme date
que celle qui est mentionnée dans la notice précédente,
c'est-à-dire 1466; mais cette date n'est point celle de
l'impression de l'ouvrage, c'est celle de l'année où la
rédaction en a été achevée par l'auteur. L'explication
de ce quatrain est toute simple. Le trépied signifie un
M; les quatre eroissans, quatre C; les six croix, sixX,
et les six nains, six I; réunissez toutes ces lettres
numérales selon les nombres prescrits, vous aurez
MCCCCXXXXXXIIIIII, ou 1466.
5 Le livre de Matholus,
Oui dous monstre sans varier
Les Iti'-n- et nussi les vertus
Oui vieignenl pour soi marier,
i i i tous t.iici/ considérer,
Il dit que l'homme n'esl pas Baigc
se tourne remarier
Quand prins a esté au passaige.
Traduit du latin par Jehan Lefebvre de Therouane.
A Paris, Anthoine Verard, in-fol. goth. de 67 feuillets,
figures. La date de l'impression de cette édition
212 CONNAISSANCES NECESSAIRES
d'un poème singulier se trouve exprimée dans les vers
suivants, imprimés sur le dernier feuillet :
Pour l'an que je fus mis en sens,
Retenez M et cinq cens;
Je uous pris ostez en huyt,
Mettez octobre le tiers iour
Et prenez plaisir et seiour
Tout ainsy comme il sensuyt.
Explicit.
Rien de plus facile que l'explication de ce quatrain,
qui nous apprend que l'impression du Matheolus a été
terminée le 5 octobre 1492.
4° La première partie d'un recueil très rare, dont le
titre commence ainsi :
Sensieult une œuvre nouuelle, contenant plusieurs
materes et premiers : l'an des Sept-Dames, etc. Petit
in-4° goth., de 96 feuillets (pour cette première partie),
porte la souscription suivante, exprimant la date :
Trois et C. V. X. escriton,
Crois le bien sy aras nombre bon,
Tout motz retournez promptement,
Vous sarez l'an incontinent.
Retournez ainsi la partie numérale du premier vers,
X. V. C. et trois, vous aurez 1515, et non pas 1505,
comme le dit l'abbé Gouget*. Le lieu d'impression de
ce recueil est pareillement indiqué, d'une manière énig-
matique, au verso du dernier feuillet; c'est une gra-
vure en bois représentant un château, au haut duquel
sont un aigle, deux bannières aux armes de Bourgogne,
* Cf. Bibliothèque française, t. XI, p. 28 des additions et
corrections, au commencement du volume.
^tblia cû Conco:daîitii0
Oetems er^Roui tefamén
Sanctus Ikieroninws interpzes biblte
Simacbue iar<& iTbcodorïcn 'vcl fcptuaçinra:
3ddo aqnilûm.cr quo?û noia (ara ptfrcnr.
finoe pfr jb bcb:cio ad çrfcoe i txmde lattc-j
^ib(iannpau!f.fi2cr2Q?Df(;nafrc<ffl
£cn ffdtinrncbio.mcnd'jqginrcrprcfoio
lôiblia abbetocoforueUarinafluif.
jConr i^ir bmc rrfepi p rot mô ft'cula ifofumî
(Dicronf mû .et cunctoo laud< p;e» rc virée*
■ I i temple d'une BibU dont le lieu d'impression el la date sont
Voir an verso flg. 153 >t les figures 1X5 et ÎW
finit iSiblia cfi cocozdStijs vc
taie % riqui teftamcrf. 3rgcnr(
ne f pffu 3ftno Pru£j>.cccc.rcvu«
Fig. 153. — Achevé d'imprimer de la Z?t'6te dont le titre est reproduit
au verso. (Voir fig. 152.)
Voir aussi les figures 125 et 125'.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE SIXIÈME. 215
et deux autres avec chacune une main, ce qui blasonne
les armoiries de la ville d'Anvers et dénote que dans
cette ville était le domicile de l'imprimeur. On présume
que cet imprimeur est Gérard de Leeu, qui imprimait à
Anvers vers la fin du xve siècle, ou bien son successeur;
mais quel qu'il soit, l'auteur n'était pas content de lui,
car, à la fin du volume, est un errata raisonné de
21 feuillets, annoncé ainsi sur le grand titre : et tout en
la fin seront mises aulcunes corrections des faultes des
impresseurs par ordre, car lecteur ne veut souffrir quon
die qu'il aye fait le Hure ainsy qu'il est impressé chés
eux, dont pora corrigier son Hure, sil lui plaist.
Ce volume, in-4° goth., est divisé en trois parties,
dont nous ne citerons que la première, parce qu'elle
est la seule qui ait rapport à notre travail; la seconde
a 108 feuillets: la troisième, 12, et l'errata, 21.
5° Voici enfin une date exprimée singulièrement;
quoiqu'elle ne tienne pas à un livre, sa bizarrerie nous
la fait mentionner ici :
Charles do Bovelles, chanoine de Saint-Quentin, au
xvie siècle, a ainsi marqué la date de la construction de
l'hôtel de ville de cette cité:
I)'un mouton et de cinq chevaux
Tout*'- Les testes prendrez,
j.i a icelles Bans nul- travaulz
I i queue «I un Uea\ joindrez,
i ■ m bout vous ajouterez
'I ous les quatre i>k«I- d'une chatte
Rassemblez h \ ous apprendrez
L'an de ma façon et ma dafc .
La tête 'lu mol mouton est la lettre M; Les têtes des
cinq chevaux donnenl cinq C : la queue du veau est
216 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
un U, qu'alors on écrivait V; et les quatre pattes d'une
chatte sont droites comme un I. Réunissant toutes ces
lettres numérales, vous aurez M.CCCCC.V.IIIL, qui
font exactement 1509, date de la construction de l'Hôtel
de Ville de Saint-Quentin. Toutes ces énigmes tiennent
à la chronographie, elles révèlent des dates précises,
et il est utile de pouvoir arriver à les comprendre.
La chronographie est la réunion de plusieurs mots
qui forment un sens, dans lesquels les lettres numé-
rales désignent la date d'un événement. Nous avons
dit plus haut que les lettres numérales ou chiffres
romains sont M, C, L, D, X, V et I : on les écrit
ordinairement dans les chronogrammes en caractères
plus gros que le reste du texte, et on classe les lettres
selon l'ordre du nombre qu'elles signifient; ainsi dans
ce vers phaleuque* :
stVLtVM est DlfflCILes habere nVgas.
On trouve VLVMDIICILV, qui, mis par ordre de
nombre, donne MDCLLVVVIII, c'est-à-dire: M mille,
D cinq cents, C cent, L cinquante, L cinquante, ce
qui fait cent pour les deux, V cinq, répété trois fois
qui fait quinze, I un, répété trois fois fait trois. On a
donc dans stultum est difficiles habere nugas, 1718.
Desaccords a fait des recherches sur les chronogram-
mes : on les a employés, dit-il, de deux manières : la
* Le vers phaleuque, en usage chez les Grecs et les Latins, est
composé, comme le saphique, de cinq pieds dont le spondée est
le premier, le dactyle le second, et les trois autres sont rédigés
comme dans celui-ci :
Xumquam divitias Deos rogavi.
- sortes de vers conviennent ordinairement à l'épigramme.
Phaleucus les inventa, et Catulle s'en est servi avec succès.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE SIXIEME. 217
première consistait à se servir simplement des lettres
numérales pour marquer l'année d'un événement, après
quoi chacun donnait à ces lettres le sens qu'il voulait,
comme dans l'interprétation de ce nombre MCCCGLX,
inscrit sur une table d'attente par Léon X, pour mar-
quer l'année de son pontificat*; la seconde est celle qui
est renfermée dans une sentence dont les lettres numé-
rales marquent une année. Desaccords ne fait remonter
les chronogrammes qu'aux derniers ducs de Bourgogne ;
mais dans l'église de Saint-Pierre à Aire, on lisait sur
un vitrail : bis septe M prœbendas, vbaLdVIne, dedisti;
ce qui marque l'année 1062. Le D n'était point encore
lettre numérale; il ne l'était point encore en 1465, ni
môme en 1485. Le mot chronogramme vient de
chronos qui signifie temps, et gramma, qui veut dire
caractère, c'est-à-dire caractère qui indique le temps.
La première fois que l'on s'est servi du mot chrono-
graphe employé dans ce sens, ce fut lors de l'élection
d'Etienne, roi de Pologne, en 1574. Avant cette époque
et même après, on appelait les chronogrammes ou
chronographes, vers numéraux ou numéraires. Il y a
une dissertation analytique sur les chronographes,
imprimée à Bruxelles en 1718. Le mot chronographe
pris adjectivement se donne à tout auteur qui a écrit
sur la chronologie : Eratosthèncs, Eusèbe, Syncelle,
sont d'anciens chronographes ; Scaliger, Petau, etc.
sont. <!«'< Bavants chronographes. Les titres et Les
adresses bibliographiques demandent à être vérifiés
* Muki CarcUnalet Caei Crearunl Cœcum Leonem Decimum ■.
interprétation peu flatteuse et que ni- méritai! point ce célèbre
pontife, 'i"iit i<: Dom est attaché à l'un des quatre beaux siècles
littéraires, n se lit donner la tiare en IM3, a L'âge de "><< ans.
.i 28
218 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
soigneusement ; la souscription placée à la fin des
ouvrages des xve et xvic siècles manque souvent, est
incomplète, ou il s'y est glissé des erreurs.
Enfin, lorsqu'il n'y a ni date, ni nom de ville ou
d'imprimeur au bas du titre ou en colophon, on doit
s'attacher d'abord à vérifier les caractères d'impression,
à les comparer avec des ouvrages de même genre ; il
faut encore examiner l'apparence du papier, le format
du livre, la reliure si elle est restée dans son état
primitif. De déductions en déductions, on peut arriver
à définir une date ou un nom d'imprimeur; mais il ne
faut jamais être affirmatif, les types, ainsi que nous en
avons déjà fait la remarque, ayant servi à tel impri-
meur, ont pu être revendus et servir à nouveau.
.FINIS.
Hiftonas.ueteres peregrinaqj gefta reuouio
Iufhnus.legeme:fum trogus ipfebreuis.
Me gallus ueneta Ienfon Nicolaus in utbe
Formauic:Mauro principe Chnftophoro.
IVSTINIHISTORICICLARISSIMIIN
TROGI POMPEII HISTORIAS LIBER
XLIIII. FELICITER EXPLICIT.
.M.CCCC LXX.
Fig. 154. — Signature de Nicolas Jenson. (Venise H70.)
Çfûs fotft krryrurgtc oc maiftrc Ëx&Xl bcfâctt&tephcc*
taparteyiwtiâaca bolôgnc Tact^ct compareront la oc
Imcaraikooeiîf cfhgncnr i z 7 6k4Sv*iour ot msfsaxc fhr le
tetot£&cmo?at>te borne maiftirTUcole p^noft ooetew ot mcdicïc
^tmp2imaat?ôparmaifbx£I>a^
Icjrw 4ottr 0 c itouemtec
Fig. 155. — Achevé d'imprimer d'un livre dont le titre
est reproduit fig. 156.
(Lyon. 1492, xvr jour de novembre.)
CHAPITRES DU TOME DEUXIEME
Pages.
Du format des livres anciens et modernes. — Les
livres les plus petits. — Les livres les plus grands.
— Les livres imprimés ou calligraphiés en carac-
tères microscopiques 1
Du collationnement des livres. — De la manière de
procéder à cette opération. — Ses difficultés. —
Ses résultats 91
Abréviations usitées en bibliographie, ainsi que
dans les manuscrits et les imprimés 115
Des signes distinctifs des anciennes éditions. ... 137
Des souscriptions et de la date 175
%a arurgïcoc mafftre
guillaume oe fait cet
i g 156 Exemple d'un litre de livre de la fin <lu tv siècle.
niri d< l'oarrage dont l'achevé d'imprimer est reproduit fig. 158
CE VOLUME A ETE ACHEVE D IMPRIMER A PARIS
PAR LES SOINS ET AUX FRAIS DE
EDOUARD ROUVEYRE, LIBRAIRE A PARIS
EN LA MAISON LAHURE (IMPRIMERIE GÉNÉRALE DE PARIS)
LE XXXe JOUR DE MARS
DE L'ANNÉE M.D.CCC.XCIX
CONNAISSANCES NÉCESSAIRES A UN BIBLIOPHILE
Accompagnées de 1600 figures
SOMMAIRE DES DIX VOLUMES
Premier volume : § 1, Origine du livre. — Les amateurs,
les bibliophiles, les bibliomanes. — Établissement d'une bibliothèque.
— Conservation et entrelien des livres Prix 6 francs.
Deuxième volume : § 2. Du format des livres. — Les livres
les plus petits. — Les livres les plus grands. — Les livres imprimés
ou calligraphiés en caractères microscopiques. — § 5. Du collation-
nement des livres. — De la manière de procéder à cette opération.
— Ses difficultés. — Ses résultats. — § A. Abréviations usitées en
bibliographie, ainsi que dans les manuscrits et les imprimés. —
§ 5. Signes distinctifs des anciennes éditions. — § 0. Des sous-
criptions et de la date Prix 6 francs.
Troisième volume : § 7. Du choix des livres. — De la lecture.
— De la connaissance des livres. — Leurs définitions. — Caractères
auxquels on distingue un livre rare, précieux ou curieux. — Ce qui
en fait le prix. — La chasse aux livres Prix 8 francs.
Quatrième volume : § 8. De la reliure ancienne et moderne.
— Petit musée de la reliure ancienne. — Du goût et des styles dans
la reliure Prix 12 francs.
Cinquième volume : § 9. De la gravure et de ses états. — De
l'illustration et de la décoration intérieure des livres. — Les éditions
d'art et les beaux livres modernes. — Des papiers, Chine, Japon,
vélin, vergé, etc Prix 6 francs.
Sixième volume : § 10. Les Reliures aux Chiffres et aux Armes.
— Les Ex-Libris. — § 11. Les Affiches, Cartes de visite, Invitations,
Menus, Diplômes, Cartes à jouer, etc Prix 12 francs.
Septième volume : § 12. Les Manuscrits et la Peinture
des livres Prix 10 francs.
Huitième volume : §15. Les ennemis du livre. — Moyens
de préserver les livres des insectes. — Destruction des livres et falsi-
fication des gravures. — Les voleurs et les équarrisseurs de livres.
— § 14. Altérations et fraudes. — Nettoyage et encollage des livres
et des gravures. — Du dédoublage des gravures. — Réparation des
manuscrits, des piqûres de vers, des déchirures et des cassures du
papier. — Restauration des estampes et des reliures. Prix 8 francs.
Neuvième et Dixième volumes : § 15. De la classification
systématique des livres, des autographes et des gravures. — Les
outils de l'amateur de livres. — § 16. Lexique des termes relatifs
à la Bibliographie, à l'Art typographique, etc., employés dans le cours
des Connaissances nécessaires à un Bibliophile, avec renvois aux tomes
et aux pages de cette publication. Prix des deux volumes : 12 francs.
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t.2
Rouveyre, Edouard
Connaissances nécessaires
a un biblio Lie 5. ea.
PLEASE DO NOT REMOVE
CARDS OR SLIPS FROM THIS POCKET
UNIVERSITY OF TORONTO LIBRARY